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samedi, 29 décembre 2007

Flic, chroniques de la police ordinaire : une plongée au sous-sol

Pendant cette semaine de vacances en altitude, à l'abri de la pollution des vallées (notamment celle de la Vallée des Rois en Egypte où se trouve actuellement un couple pipol), j'ai lu un livre poignant, un vrai livre du réel, un livre qui vous fait passer en quelques secondes de la joie à l'écoeurement, de l'énervement à la compassion... Ce livre a été écrit par Bénédicte Desforges, mère, femme, flic, lieutenant de police, et écrivain pour le coup. Elle connaît très bien le terrain (Paris, le 18eme, les banlieues...) et elle en parle extrêmement bien. 

 

 

Ce livre est un peu un journal de flic, l'auteur nous y raconte ce qu'elle vit, ce qu'elle voit, au quotidien. Elle nous montre ce que c'est qu'être flic au quotidien (les soirs, quand il fait nuit sous la pluie, les flics en patrouille vont souvent retrouver des amis de circonstances. Ils se font payer des coups par les barmen du quartier, ils sont invités dans la roulotte de forrains roumains, ils vont au cabaret retrouver les grandes figures de Pigalle), elle nous fait oublier nos vieux préjugés ("les flics sont tous des cons sadiques" par exemple),  elle nous met face à la misère sociale, elle nous plonge dans les caves des quartiers miséreux, dans les cabarets de Montmartre, dans les appartements vétustes des cités. Elle nous parle de ceux qu'elle cotoie chaque jour, les putes, les travelos, les clochards, les drogués, les petites gens, les délinquants désoeuvrés, avec qui elle sympathise souvent; les collègues (de vrais amis pour la plupart, des têtes de cons pour d'autres, des gens à la limite de la rupture pour les moins forts), les supérieurs (souvent carrièristes, toujours obnubilés par le chiffre et les PV), les politiques (qui parlent sans savoir ce qu'est le terrain, qui font une simple visite annuelle dans les commissariats pour l'image)...

Et ce voyage en profondeur (puisqu'il nous fait plonger dans la France d'en bas, voire même la France du sous-sol, et nous fait parfois remonter dans les quartiers bobos et chics de Paris) s'effectue avec simplicité, fluidité... 200 pages et une centaine d'anecdotes, invraisemblables pour la plupart.

Pour finir, et pour vous donner envie, je vous livre ici quelques anecdotes qui m'ont marqué.

-Dans "Les Fenêtres", l'auteur nous parle de ces parisiens qui s'offrent un saut dans le vide depuis la fenêtre de leur appartement, bien souvent parce qu'ils n'en peuvent plus, parfois parce qu'ils tombent bêtement... "Un autre dimanche de permanence, une femme a jeté sa fille de deux ans par la fenêtre et s'est jetée derrière elle. Neuf étages. La mère est morte, presque sur le coup. La petite, au bout de trois heures de tentatives de réanimation sur place. Intransportable. Je me rappelle. Ils ont enlevé les tuyaux de sa bouche, son nez, ses veines. Sa tête a roulé sur le côté. Poupée fracassée... Tout son sang est sorti par ses narines. On est allés dans l'appartement. Il était fermé de l'intérieur. Le couvert était mis pour deux et le yaourt de la petite fille n'était pas fini."

-Dans "Une affaire délicate", il s'agit d'un femme et de sa fille, sur le trottoir, en pleine nuit, à quelques pas de chez elles. Elles ont fui l'appartement familial. Le mari s'en est pris encore une fois à sa femme. Il la bat, il la trompe, il boit... Il travaille aussi à la télé. L'auteur nous dit qu'on le voit souvent, presque tous les jours, sur les plus grandes télés nationales. Voilà pourquoi cette affaire est délicate, il ne faut pas que ça se sache.

-Dans "Incendie dans la nuit", elle nous parle des incendies qui s'attaquent aux immeubles les plus vétustes de Paris, et prennent le peu qu'ont les habitants. "Une nuit, dernier étage, petite mansarde, un vieil homme est mort piégé par le feu. On entend gémir sur le toit. Le vieux chien dont un flanc est grillé avait réussi à sauver sa vie. En y repensant, je me dis qu'il était impossible qu'il saute aussi haut. Le vieil homme ne pouvait pas non plus. Mais il a hissé son chien par cette lucarne avant de s'abandonner au monstre rouge.

-Pour finir, voici l'intégralité de "Chevrotine" : "Le collègue descend de voiture, rentre précipitamment dans le commissariat, et va vomir en pleurant et rageant des mots inintelligibles. Il s'enferme dans les toilettes et sanglotte sans retenue. Il était en mission d'îlotage quand il a entendu un coup de feu. Il est monté à l'étage d'où provenait la détonation. Il a cassé la porte d'un coup de pied. Il est rentré dans une toute petite chambre aux murs couverts de sang. Un homme à genoux rechargeait à tâtons un fusil de chasse. Il n'avait plus de visage. La première décharge de chevrotine avait emporté sa mâchoire et son nez. Ses dents s'étaient plantées au plafond, et sa langue reposait sur la table de chevet. Il avait mis le canon du fusil sous son menton, mais avait manqué sa mort. Alors, il recommençait."

Ca pue la misère, la solitude, l'isolement, la pauvreté, la précarité, la violence, le malheur. C'est cru, c'est sale, c'est dégueulasse, c'est inhumain, c'est illisible, c'est indicible. C'est réel.  

Bref, achetez ce livre, d'autant qu'il vient de sortir en poche il y a quelques semaines seulement.

samedi, 22 décembre 2007

Low stock of scorn

(Traduction du titre : Stock de mépris faible)

Quelques jours d'air frais pour cette fin d'année ne feront pas de mal.

Car là, je sature un peu, je suis fatigué.

Fatigué par les pathétiques (car mises en scène) histoires de couple de Nicolas.

Fatigué par le matraquage médiatique des récents non-événements (Bruni, Manaudou, Miss France...). 

Fatigué par les graves attaques à notre laïcité de Nicolas, en visite chez Benoit.

Fatigué par l'inutile entourage de Nicolas dans chacun de ses voyages (eux-aussi inutiles, notamment le dernier au Vatican). 

Fatigué par les voyoucrates qui profitent du système (je parle de l'affaire des HLM de 200m2, je parle de MAM qui fait embaucher toute sa famille dans son cabinet, je parle de Nicolas qui conserve illégalement son salaire de ministre de l'Intérieur depuis 6 mois).

Fatigué par les sales réflexions de Nicolas (devant Benoit, il dénonce avec obscénité l'attirance de la société pour le "matériel", alors qu'il arbore avec fierté tous les signes extérieurs de richesse, yachts, Rolex, top model...).

La liste est encore longue, mais le courage me manque.

Chateaubriand disait : "Il faut être économe de son mépris en raison du grand nombre des nécessiteux." Sage précepte.  Deux siècles plus tard, les nécessiteux sont toujours aussi nombreux et j'ai du mal à gérer mes stocks (pourtant vastes) de mépris. Seule solution, mépriser en silence**, pendant au moins quelques jours. C'est ce que je vais faire.

Joyeux Noël à ceux qui se sentent concernés. 

 

* "Il n'est réplique si piquante que le mépris silencieux" Montaigne

 

mercredi, 19 décembre 2007

Bol d'air dans la presse étrangère

Comment avoir un regard lucide et dépassionné sur ce qui se passe chaque jour en France ? En lisant la presse étrangère!

C'est en tout cas ce qui me saute aux yeux après la visite de quelques sites web de journaux étrangers. Les articles relatifs à la France y sont d'une étonnante qualité. Rien à envier à nos journalistes français.

Pourquoi aller chercher ses infos chez les autres ?

Je ne sais pas vraiment, mais j'ai eu une envie soudaine d'aller voir ce que disait le New York Times ou El Pais de la France et des évènements récents.

Parce que côté presse française, on peut être déçu: les journaux de grande qualité manquent. Probablement trop engagés pour la plupart. Mais surtout trop consensuels : ce que je veux dire par consensuels, ce n'est pas qu'ils lèchent avec tendresse et adoration le pouvoir en place (pas tous en tout cas^^), mais plutôt que le choix de leurs sujets est consensuel.

Je m'explique : pour moi, un journal c'est : des actualités et des enquêtes.

De mon avis, la presse française informe dans l'instant, elle transmet l'actualité du jour. Certains journaux ont d'ailleurs du mal à faire la différence entre de l'information et du scoop (cas concret : la relation Bruni-Sarkozy, privée et pour l'instant informelle. Cette affaire ne mérite pas des pages et des pages dans nos journaux: il s'agit d'un scoop organisé, monté, répandu... Et malheureusement, la presse politique n'hésite pas à prendre des airs de magazine people, je pense notamment à L'Express et au Point).

Mais j'ai l'impression que notre presse s'investit de moins en moins dans le journalisme d'investigation, à savoir enquêter, aller chercher la vérité, avec les dents s'il le faut, que ce soit en France ou à l'étranger. Peu de journaux le font encore (on peut citer le Canard, Le Monde (via Le Monde diplo notamment), et peut-être Marianne qui dégotte parfois quelques jolis dossiers cachés).

Entre information et véritable enquête journalistique, de nombreux journaux optent de façon démesurée pour la première, et cela nuit certainement à la qualité de la presse et aux débouchés de celle-ci (en terme de débats, d'avancée des idées, de popularisation de certanes problématiques, enjeux, nationaux ou mondiaux...). 

Tout ça pour vous dire que je suis allé surfer chez des journaux étrangers et je n'ai pas été déçu :

- Le New York Times nous livre un article très intéressant sur le rap Marseillais, différent du rap Parisien (moins gangsta rap, moins "Nique la Police" diraient certains). Le journaliste américain n'hésite pas à parler des rappeurs marseillais qu'on connait tous ici (mais pourtant inconnus aux States) et va assez loin dans l'analyse de leur rap. Il s'agit donc là bien d'un journalisme d'investigation. Et ce qui me plaît le plus, c'est que cet article poussé du NYT fait voyager le lecteur (en France, à Marseille, mais j'aurais autant apprécié si ça avait été à Buenos Aires ou à Abidjan) et lui donne un aperçu d'une autre partie du monde. A ce niveau, on manque vraiment d'ouverture en France, aussi bien en politique (on regarde assez peu ce qui se fait à l'étranger) que dans les médias (je me souviens d'un responsable de TF1 qui disait, pour éviter la diffusion d'un reportage en Allemagne au JT de 20H : "on s'en fout des Allemands!"). 

- El Pais propose un article qui mêle informations et analyses sur Rachida Dati et son "image coquette". Le journaliste n'hésite pas à dire (traduction personnelle) : "Rachida Dati, qui sait qu'elle est pour le gouvernement le symbole de la diversité -ses parents sont argentins et marocains-, suit avec rigueur les consignes de l'Elysée. Il faut supprimer des tribunaux ? Alors qu'on les supprime! Il faut réduire les dépenses et faire descendre les fonctionnaires dans la rue ? Qu'on le fasse!" Autre attaque assez cinglante à l'égard de notre ministre : "De toute évidence, Rachida Dati n'est pas très populaire auprès des juristes mais pour elle, qui n'a pas de formation de Droit, cela importe peu. Elle est au service de son Président, et trouve même le temps de poser vêtue de Dior dans les hôtels de la Place Vendôme". C'est plutôt poussé comme article non ? 

La presse étrangère, selon toutes vraisemblances, semble plus ouverte que la notre. Elle n'hésite pas à publier des articles très précis sur la France, qu'il s'agisse d'actualité (Rachida Dati) ou de culture (le rap Marseillais). En France, certains patrons de presse pensent certainement, à tort à mon avis, qu'une presse française trop ouverte à l'international perdrait ses lecteurs, autocentrés et peu mondialistes.  

lundi, 17 décembre 2007

Toyotisme et produit sarkozyen

"Nicolas fait ceci", "Nicolas signe cela". "Nicolas vend ceci", "Nicolas déclare cela"...

Irritant flux tendu , flux d'informations brutes.

Et comme tout flux tendu, il ne s'arrête jamais.

Le duo complice qui nous gouverne tous (à savoir la belle alliance Sarkozy-lémédias) applique à l'information (politique) un des fondements du Toyotisme : les stocks coûtent chers (à stocker et à déstocker!) donc ne stockons plus. La production doit se retrouver dans les étalages en le moins de temps possible, donc en quelques secondes.

1/ Sarkozy, en bon automate compulsif, se charge de la production: il est le producteur. Il produit l'information comme le mécano produit le moteur des Toyotas. Comment ? En s'agitant, chaque jour un peu plus, sans jamais respecter le cahier des charges, les savoirs-faire, les règles, etc.

2/ Les médias s'occupent de la logistique: ils sont les vendeurs. Ils réceptionnent les marchandises fraîchement produites, l'enrobent dans des cartons pré-dessinés (ces cartons ne s'adaptent aucunement au produit, aucune différenciation dans le traitement des produits : tout ce qui arrive est choyé avec la même indulgence, ou inconscience), et expédient le tout aux consommateurs d'infos, les infophages, nous.

Flux tendu. Pas de sas d'attente avant l'expédition. Pas de stock. Donc pas d'inspection. Pas de contrôle de la qualité. Pas de jugement. Pas de comparaison.

Lémédias nous livrent chaque jour la production sarkozyenne (sarkozienne ?) brute.

Rares sont ceux qui s'aventurent dans les bureaux "Qualité" (le produit est-il viable ? efficace ? bien-fondé ?) et "Historique de la production" (le produit est-il bien nouveau ? inédit ? N'est-ce pas là un même produit que depuis 20 ans, dans un nouvel emballage ?).

Rares sont ceux qui, dans cette grande entreprise toyotiste aux engrenages bien huilés, prennent le temps de faire deux pas en arrière, pour tenter de juger avec un peu de recul ce qui défile sur les tapis roulants, ce qui garnit ensuite  les rayons des magasins à information (les journaux, JT, etc).

Du coup, on a chaque jour devant nous des étalages pleins d'informations, fraîches, inédites, et rien d'autre, pas de guide d'utilisation, pas de fiche technique. Pourtant...

Le produit sarkozyen est très facile à avaler (car simpliste et caricatural). 

Le produit sarkozyen est dangereux, pour ne pas dire toxique (il oppose les hommes, alimente les conflits, et adoubent les tyrans du monde). 

Le produit sarkozyen est addictif (lémédias se font d'excellents publicitaires quand il s'agit de créér un info-besoin, le matraquage médiatique en est la preuve).

 

Exemple type de ce modèle productif: 
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1/ Pendant plusieurs mois de campagne, Sarkozy produit des informations au sujet de sa vie intime avec Cécilia (le retour de Cécilia, Cécilia et Nicolas réunis, Cécilia belle sur le perron de l'Elysée...). Nicolas et Cécilia se séparent. Après quelques mois d'atroce douleur soutenue avec courage, Nicolas s'affiche de nouveau avec des femmes. Dernièrement Carla Bruni, à DisneyLand!

2/ Lémédias réceptionnent les informations et les mettent dans des jolis cartons (les Unes, les pages people...). Ils les expédient ensuite. L'offre du produit (le scoop pipolitique) suscite la demande grâce au matraquage publicitaire. Les buzz s'enchaînent. Les produits se vendent bien. Les infophages les avalent, dépendants qu'ils sont.

Et moi, je gerbe, devant tant d'obscénité (vulgarité, mégalomanie, narcissisme, manipulation, etc).

Produit, producteur et vendeur me dégoutent.

Le système quoi. 

mardi, 11 décembre 2007

Kadhafi comme en Lybie

Oui, le dictateur Mouammar Kadhafi doit se sentir presque comme chez lui, en Lybie, depuis son arrivée à Paris.

Il demande qu'une femme, et non Brice Hortefeux, l'accueille à sa descente d'avion : Michèle Alliot-Marie s'y colle, avec bonheur apparemment! (photo). 

Il demande qu'une tente lui soit installée dans les jardins de la capitale pour recevoir ses invités, c'est fait! Et la tente est même "chauffée", comme l'explique David Martinon. (Malheureusement, on n'a pas de photo de cette tente!)

Il demande que son "entourage" (400 personnes) le suive partout où il va: ce sont donc 100 voitures qui le suivront dans tous ses déplacements.

Il veut se rendre au Palais Bourbon : il ira bien (c'était ce matin!). 

Mais Kadhafi n'est pas complétement comme chez lui. Exemple : Il a demandé à s'exprimer à la tribune de l'Assemblée Nationale, probablement pour réaffirmer la légitimité des faibles à commettre des attentats terroristes. Eh bien non, il n'a pas eu le droit de parler devant nos chers députés.

D'ailleurs, s'il en avait eu l'autorisation, il n'aurait pu s'exprimer que devant quelques députés de droite. En effet, l'ensemble de la gauche (PS, PC, radicaux, Verts) ont boycotté la scéance de ce matin.

Le Vert Noel Mamère avait même l'intention de manifester ce matin devant l'Assemblée avec ses collègues.

Rama Yade déclarait aussi dans le Parisien que la France n'était pas "un paillasson", ni une simple "balance commerciale".

Peu de temps après, Bernard Kouchner, absent pour la durée de la visite de Kadhafi, déclarait soutenir Rama Yade dans ses critiques.

Bayrou trouve àa "indigne", Ségo "inacceptable"... 

Bref les réactions sont donc nombreuses, aussi bien sur le net (JM Apathie, radical chic, Versac, Sylvain Elies, Guy Birenbaum, Infocrate, Fontenelle, etc etc) que dans les hauts lieus de la République (de très nombreuses parlementaires de gauche, du centre, et même de l'UMP). 

J'aimerais juste un petit truc : un bon gros sondage sur l'avis des Français au sujet de cette visite. Allez CSA, IPSOS et autre OpinionWay, faites un effort!

Pour finir, voilà la vanne du jour, signée Nicolas Sarkozy.  C'était il y a moins d'un mois!

 

 

lundi, 10 décembre 2007

Que ça gronde!

Ca y est, on est lundi 10 Décembre!

Et aujourd'hui, le pays des Droits de l'Homme (le notre! si si, je vous jure!) accueille (chaleureusement, tapis rouge et champagne!) Mouammar Kadhafi.

Les réactions commencent à arriver, c'est pas grand chose, c'est normal, mais ça fait quand même du bien. 

La presse du 10 décembre, hostile à la visite de Kadhafi en France.
 
Dans le Parisien, Rama Yade balance un mot bien senti à propos de la politique étrangère française, qui se comporte depuis quelques mois comme un VRP, talentueux il est vrai. Rama Yade lâche : notre pays ne doit pas se résumer pas à « une balance commerciale ».
 
L'ami Ayrault, maire PS de Nantes et Président du groupe socialiste à l'Assemblée déclare : «La réception du colonel Khadafi à l'Assemblée nationale est inacceptable».
 
Autre nouvelle sympa, une association bordelaise a porté plainte contre Kadhafi, pour "torture", et demande donc son arrestation dès demain...
 
Pourvu qu'ça dure !

samedi, 08 décembre 2007

La diplomatie de la honte

C'est ainsi que je qualifierais la nouvelle diplomatie française, celle qui soutient de nombreux régimes dictatoriaux africains et asiatiques (notamment ceux de Poutine, Déby, Ben Ali, Hu Jintao, Kadhafi), celle qui ne parle pas des Droits de l'Homme, celle qui se dédouane de son droit (et surtout de son devoir) d'ingérence. La diplomatie de la honte. 

 

Rama Yade est inexistante, hormis sur les plateaux télé.

Bernard Kouchner nie son engagement d'une vie en faveur des Droits de l'Homme et de l'ingérence. 

Nicolas Sarkozy déroule le tapis rouge de la République Française pour les pires dictateurs, alors que candidat, il mettait les Droits de l'Homme et la démocratie au coeur de son programme diplomatique.

 

Ce lundi débarque sur notre sol le sanguinaire et terroriste colonel Kadhafi.

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J'attends les médias au tournant.

J'attends leurs réactions.

J'attends leurs enquêtes sur la dictature lybienne.

J'attends des mots forts contre cette diplomatie de la honte. 

 

Outre la démonstration que le pouvoir en place n'a décidemment aucun esprit humaniste et peu d'intérêt pour la république, cet évènement historique grave pour la France sera intéressant. En effet, on pourra :

-voir la réaction des Français (quel est leur avis sur cette visite ? (les instituts de sondage auront du travail) manifestations ou pas ? massives ou pas ?) 

-voir la réaction de la gauche, et surtout de la droite (pour l'instant, l'UMP soutient cette visite bien que certains soient génés) 

-voir la réaction des médias (publieront-il des tribunes condamnant fermement cette visite ? Feront-ils leur travail d'investigation ?)

-voir ce que feront Kouchner et Yade (Kouchner serrera-t-il la main à Khadafi ? et Yade ? Et que diront-ils au dictateur lybien ?

 

Tout ceci pour vous dire qu'il faudra être très vigileant en début de semaine prochaine.

Si l'on tend bien l'oreille, si l'on lit les journaux, si l'on regarde les JT, et surtout si l'on regarde par la fenêtre, on pourrait constater (avec bonheur pour ma part) un début de condamnation généralisée du pouvoir en place, un début de tempête politique, un début de grogne unitaire des Français au nom de l'amour de la France et de ses valeurs universelles.

C'est en tout cas ce qu'on est en droit d'attendre de la part du pays qui a inventé les Droits de l'Homme.

jeudi, 06 décembre 2007

Mon overdose, son hyperactivité

C'est un sentiment que j'ai de plus en plus souvent, presque tous les jours : on est bombardés d'informations, d'actualités, de déclarations, d'évènements, de réformes, de voyages, de scoops... bombardés et gavés.

(Mais cette overdose, je la cherche un peu : j'essaye, sur chaque affaire, d'obtenir toutes les informations nécessaires. Mais enfin, je ne dois pas être le seul.)

Ci-dessous un très bref et incomplet rappel chronologique de tout ce qui nous berce depuis quelques semaines, tout ce qui nourrit les médias, JT, radios, journaux, blogs... tout ce qui me bourre de plus en plus le crâne : 

Il y a seulement quelques semaines, c'était hier!, Cécilia allait en Lybie, et secourait les infirmières.

Nicolas vendait du nucléaire et des missiles à l'ami Khadafi. 

Quelques jours plus tard, Cécilia quitte Nicolas et fait la Une de tous les journaux le lendemain.

Puis Sarkozy amorçait la réforme des régimes spéciaux et s'augmentait de 206%.

Visite officielle à Washington, puis réception de Hugo Chavez.

Ensuite c'était au tour des universités : facs et lycées bloqués, ca dure encore aujourd'hui.

Puis on a parlé de la lettre d'Ingrid Bétancourt, puis Villiers-le-Bel et le flashback en 2005.

Et le voyage en Chine, sans Rama Yade, mais avec l'inutile Rachida Dati et Andrée Sarkozy sa mère.

Au retour, on avait droit à l'interview de Nicolas aux 20H et à ses idées pour le pouvoir d'achat. Le même jour, il demandait aux flics d'utiliser tous les moyens possibles et imaginables pour arrêter les émeutiers.

Puis le coup de téléphone de félicitations au démocrate Poutine. Pendant ce temps, on apprend que l'Iran est loin d'obtenir le nucléaire.

Puis le procès de son fils Jean pour un accident de scooter. Et les interviews d'Andrée Sarkozy qui nous parle de Cécilia et de son fils.

Rumeurs sur Laurence Ferrari, qui serait en couple avec Sarkozy depuis quelques semaines. 

La Police propose "des milliers d'euros" aux habitants de Villiers-le-Bel pour dénoncer, sous anonymat, les fauteurs de trouble. 

Sarkozy va en Algérie et critique le colonialisme, en ayant fait campagne contre la repentance. 

Hiers matin, appel téléphonique à George Bush.

Puis message audio de Nicolas adressé aux FARC et aux otages. 

Aujourd'hui, explosion d'une bombe dans un immeuble où Sarkozy travaillait.

...

..

Je ne sais pas vous, mais moi je frôle l'overdose.

Sarkozy est hyperactif. Et ça m'a tout l'air d'être une stratégie politique efficace, qu'elle soit consciente ou non : en faisant parler chaque jour, et même chaque heure, de lui, Nicolas efface tout ce qu'il a fait ou dit la veille. Personne, aucun journaliste, ne prend la peine d'arrêter le temps, et de parler de l'"avant", de ce qu'il a fait précédemment, et des résultats de ses actions...

Du coup, on est sans cesse dans le présent, dans l'annonce de ceci, l'annonce de cela... Aucun dossier ne requiert son attention plus de quelques heures. Il veut être partout tout le temps.

C'est l'hyperactivité. Tous les médias, tous les blogs, nous le disent, sans s'en inquiéter. Pourtant, l'hyperactivité est un trouble du comportement.

L'hyperactivité, c'est une "activité motrice augmentée et désordonnée, accompagnée d'impulsivité, de réactions agressives et de troubles de l'attention".

Quels en sont les symptômes ?

"Manque d'attention soutenue, incapacité à se concentrer, instabilité émotionnelle, impulsivité, difficulté à obéir, signes neurologiques mineurs, comme une incoordination motrice fine."

Si vous doutez de mon diagnostic, je vous rappellerais que Sarkozy a largement montré

-sa phobie de l'inactivité ("les Français m'ont élu pour travailler, travailler et travailler", rejet de la France qui se lève tard...) 

-son impulsivité (par exemple avec les marins-pêcheurs : "viens me le dire en face!" a-t-il lancé),

-sa difficulté à obéir (à qui que ce soit, il ne plie jamais. C'est par exemple le cas avec les journalistes teigneux, auxquels il ne répond pas ou par la critique de leur travail),

-son instabilité émotionnelle (par exemple durant le débat contre Ségolène, où il ne tenait plus en place quand elle le critiquait), 

-des signes neurologiques mineurs (rappelez vous par exemple de la conférence de presse au G8, où il avait des tics très étranges) 

 

Voilà mon diagnostic.

Si vous voulez aider le petit Nicolas, le seul moyen est de l'arrêter dans sa course folle à l'action et à la médiatisation de celle-ci. Le meilleur moyen, outre les médicaments lénifiants à son insu, reste l'impassibilité face à ses agissements (pas de "hourras!" et pas de "Hou!" non plus). A ses actions, répondez par la non-réaction. C'est pour son bien.

Je suis pour ma part au coeur d'un dilemme : aider Sarkozy, en restant impassible à tous ce qu'il fait et dit. 

OU réagir, pour mieux combattre, et donc forcément tirer Nicolas vers le bas, l'enfoncer dans ses troubles.

 

Considérant le danger encouru par la France et les Français, j'opte, le coeur lourd mais décidé, pour la 2eme proposition.

A chacun de décider.

mardi, 04 décembre 2007

Deux affaires : Jean et Nicolas Sarkozy

Bonsoir, je n'ai pas le temps de m'éterniser aujourd'hui.

Je voulais simplement balancer deux liens :

-le 1er vers Le Figaro

Le fils de notre Président, Jean Sarkozy, a quelques ennuis avec la justice, après un banal accident de scooter.Le plus grave n'est pas qu'il soit à l'origine du froissage de l'arrière d'une BMW avec son scoot. Le plus important n'est pas non plus qu'il ait manqué de tact après ce choc, puisqu'il ait pris la fuite, en adressant "un geste désobligeant" au malheureux chauffeur de la BMW. 

Non, le plus grave, c'est que la plainte qu'avait déposé le conducteur de la BMW a mystérieusement disparu quelques jours après avoir été déposée au commissariat. Comme si quelqu'un, au commissariat ou beaucoup plus haut, s'était rendu compte que ce scooter appartenait au fils Sarkozy, et avait donc tenté de faire couler la plainte. Heureusement, le chauffeur n'a pas laché l'affaire et aura droit à un procès.

-2eme lien vers Arrêt sur images 

Notre Président a "chaleureusement félicité" Vladimir Poutine pour sa récente victoire aux législatives russes. Il fait parti des 2 seuls présidents étrangers à l'avoir fait (le 2eme étant le dictateur kazakh Nazarbaïev)! Tout les autres se sont publiquement inquiétés de la légalité de ces éléctions, qu'il s'agisse de Georges Bush ou des instances européennes.

Comme le révèle l'enquête d'@si, le site web de l'Elysée ne rend pas compte de ce coup de téléphone de félicitation. Et ce n'est que sous la pression que l'Elysée a reconnu que Nicolas avait bien appelé Vladimir.

Bizarrement, aucun média n'a relevé cette information, tandis qu'ils ont longuement parlé des réactions de tous les grands dirigeants étrangers. Cela rappelle étrangement l'affaire de la médaille remise à Poutine par Jacques Chirac.

Voila, c'est tout pour ce soir.

dimanche, 02 décembre 2007

Marche ou crève

Notre Président s'est exprimé jeudi dernier sur le pouvoir d'achat. Interview en direct de l'Elysée par le très pragmatique duo PPDA-Chabot : comme le dit Jean-Michel Apathie de RTL, la forme y était, le fond beaucoup moins.

Mais avant de vous donner mes impressions sur les principales propositions de Nicolas, quelques chiffres que je tiens principalement d'un article de l'économiste Daniel Cohen pour Le Monde:

-depuis 3 ans, le pouvoir d'achat des Français augmentent de 1,9% par an en moyenne selon l'INSEE.

-l'inflation ne serait que de 1,5% en 2007 selon l'INSEE.

-les dépenses contraintes (la nourriture, le logement, les transports, etc) représentent entre 40 et 50% des dépenses totales des Français.

-les Français dépensent 1/4 de leurs revenus (et la moitié pour les plus défavorisés) pour se loger et le coût global du logement augmente de 7% par an en moyenne.

-le prix des transports augmentent chaque année proportionnellement à l'augmentation du prix des énergies (le prix du gaz a par exemple augmenté de 56% en 3 ans, le prix du pétrole de 100% environ). 

-le prix de la nourriture augmente fortement (les chiffres de l'INSEE sont peu représentatifs puisqu'ils ne prennent pas en compte les produits nouveaux, plus chers, qui remplacent des produits anciens.)

Alors comment expliquer la faible inflation, et la hausse de notre pouvoir d'achat, contrairement à ce qu'on ressent dans les magasins ?

Principalement parce que le calcul de l'inflation de l'INSEE via l'IPC (Indice des Prix à la Consommation) est très imparfait, et qu'il se fait à partir d'un panier-type peu représentatif.

Ce calcul accorde finalement trop d'importance à la baisse du prix des biens high-tech (-50% en 3 ans) par rapport à la forte hausse des prix des matières premières par exemple, comme le blé dont on parle beaucoup en ce moment.

De fait, l'inflation statistique est tirée vers le bas alors que l'inflation est bien visible dans les magasins. Et on nous dit que le pouvoir d'achat des Français augmente de 1,9% par an, alors que les Français ressentent fortement le syndrome de la vie chère.

De l'avis de tous, et notamment de notre Président, le pouvoir d'achat des Français est bien un problème. Nicolas a donc fait quelques propositions, j'en retiens les principales :

-la monétisation des RTT : l'employeur pourra donc racheter ses RTT à un salarié. Le salarié gagnera donc plus, en travaillant plus. Mais qu'en est-il de ceux qui font des heures sup' (10 millions de salariés si je me souviens bien) ou de ceux qui ne peuvent pas poser leurs RTT (médecins, infirmiers, policiers, etc) ? A ce sujet et sur un ton sarcastique, lire le billet de Aymard. De plus, je me demande bien où est la limite de cette disposition ? Dans quelques mois, pourquoi Nicolas ne nous proposerait-il pas, au nom du pouvoir d'achat, de permettre aux employeurs de racheter les congés payés de ses salariés ? Le salarié serait par exemple payé 2x plus en travaillant au lieu d'être en vacances. 

-le travail le dimanche : mais attention, Nicolas met des bémols, il faudra que ce travail se fasse sur la base du "volontariat", et soit "payé le double". Merci Nicolas. Mais il est peut-être utile de rappeler que ces deux conditions sont déjà présentes dans la législation en vigueur^^. De plus, cette disposition vise principalement les magasins, qui pourraient ouvrir le dimanche. or, il a été montré qu'un magasin n'augmente pas son chiffre d'affaire hebdomadaire en ouvrant le dimanche. Ce n'est pas parce qu'un magasin ouvre un jour de plus que les gens ont un meuble de plus à acheter!

-l'indexation des loyers sur les prix : si on avait appliqué cette disposition pour cette année par exemple, les loyers n'auraient augmenté que de 1,9%, contre 2,5% en réalité. Cependant, il va falloir se remuer au Palais Bourbon, car si la loi ne passe pas avant la fin de l'année (ce qui sera bien sûr le cas), les loyers ne seront indexés sur les prix qu'à partir du 1er Janvier 2009! Donc rien pendant un an!

-l'aide publique de l'Etat pour les nouveaux locataires et le recul des garanties demandées aux nouveaux locataires (on passerait de 3 mois à 1 mois de caution) : étrange, cette proposition ne figurait pas dans le programme de Nicolas. Par contre, elle figurait dans celui de Ségolène Royal. Sûrement un dysfonctionnement élyséen.

Ces deux derniers points sont largement critiqués par certains économistes, notamment Econoclaste.

Pourquoi ?

Car on observe que le contrôle des prix des loyers par l'Etat entraîne presque mécaniquement une pénurie en logement.

Pourquoi ?

Car le promoteur, ou le propriétaire, n'a pas intérêt à construire, ou à mettre son logement en location, lorsque l'Etat lui impose des conditions, notamment sur le prix ou sur la durée des cautions. Du coup, on observe un manque de constructions de logements ou de mises en location de ceux-ci, ce qui ne fait qu'empirer la crise du logement. 

Bref, les propositions du Président Nicolas ne sont que des mesurettes. Elles ne toucheront que peu de Français, auront un impact très limité sur leur pouvoir d'achat, et amplifieront certainement la crise actuelle du logement. Pour voir une autre analyse des mêmes propositions, allez faire un tour chez Infocrate.

"Travailler plus pour gagner plus", ça rime, c'est joli... mais ça ne marche pas vraiment surtout dans un pays où près de 10 millions de salariés ont déjà recours aux heures sup'.

Quant à ceux qui n'ont pas envie de travailler plus (ils ont le droit non ?) mais qui ont, légitimement, l'impression que leur pouvoir d'achat baisse, ils n'ont qu'à aller se faire voir.  

Marche ou crève. 

 

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