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lundi, 07 janvier 2008

Le premier voyage d'Ernesto Guevara

Ernesto Guevara (1928-1967) est probablement le plus célèbre des Argentins. Sa postérité est extraordinaire, au point que tout le monde, notamment en France, parle encore de lui, avec passion et nostalgie pour certains. Aujourd'hui en Amérique du Sud, il n'est pas absent des discours socialistes, notamment ceux de Morales et Chavez.

En tombant sur ce livre, un journal de voyage, j'ai donc pensé qu'il serait intéressant d'en savoir un peu plus sur ce docteur, cet aventurier, ce héros, devenu le symbole mondial des luttes sociales, et installé à jamais au panthéon des révolutionnaires.

D'autant plus intéressant compte tenu des polémiques qui enflent sur ce qu'il a fait ou non (quand il occupait des responsabilités) et sur la façon dont il a été tué (par des soldats boliviens ou par la CIA ?).

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Alors qu'il n'a pas 24 ans et qu'il est en plein dans ses études de médecine, Ernesto Guevara décide le 29 décembre 1951 de partir à la rencontre de l'Amérique Latine. Pendant ce long voyage qui durera 2 ans l'accompagne son ami Alberto Granado, futur médecin lui aussi et toujours en vie aujourd'hui.

Leur moyen de transport est rudimentaire, il s'agit de la petite motocyclette d'Alberto. Elle souffre sur les petites routes encombrées du Sud, et elle le leur fait comprendre: à la moitié de leur long voyage, elle les lâche définitivement, épuisée qu'elle était.

Ce voyage est une véritable épopée romantique: les deux aventuriers partent avec l'optimisme de jeunes adolescents rêveurs, deux candides modernes. C'est au cours de ce voyage qu'il prendra le surnom de Che, très utilisé en Amérique du Sud pour désigner les jeunes.

L'argent, ils n'en ont pratiquement pas et ça leur va très bien comme ça. Ils veulent découvrir la vraie America Latina, celle des peuples profondément généreux, celle où le misérable offre son lit au voyageur, celle dont les hommes, malgré leur condition, restent dignes, optimistes, serviables et unis. Il est étonnant, et réconfortant, de voir à quel point ils furent bien accueillis dans la plupart des villages où ils s'arrêtèrent, bien souvent pour demander un repas et un lit, en échange de quelques anecdotes ou de cours magistraux de médecine (il s'intéresse particulièrement à la lèpre, très développée à l'époque).

Ce livre n'a rien d'un essai politique. Celui qu'on appelle le Che n'y écrit pas son idéologie, il est encore jeune: on a peine à croire que seulement 5 ans après l'écriture de ces lignes, il sera aux côtés de Fidel Castro pour le coup d'Etat à La Havane. Il donne simplement, quelques fois, ses idées et avis devant ce qu'il voit. Il n'hésite pas par exemple à critiquer l'états des hôpitaux qu'il visite, abandonnés pour certains par les décideurs politiques. Il exprime parfois sa volonté de voir les entrepreneurs Américains du Nord (qui mettent semble-t-il la main sur de nombreuses ressources) s'éloigner des terres du Sud. Mais il n'y a pas là d'anti-américanisme. Ce qui se dégage de ce journal, c'est avant tout l'amour profond d'Ernesto Guevara pour son Amérique Latine, et sa volonté de voir triompher le panaméricanisme.

A l'époque, Guevara n'a pas toutes les convictions politiques qui feront de lui un révolutionnaire. Ce voyage, on le sent, est justement un point de départ pour lui, le moment où les prémisses de son engagement s'affirment, le moment où se forgent ses grandes convictions idéologiques, déjà teintées de socialisme et d'anticapitalisme.

 

Cette lecture fait certainement partie de la littérature à ne pas manquer pour celles et ceux qui se sentent proches des idéaux guevaristes. Mais au-delà, ce journal donne une bonne vision de ce qu'est, ou de ce qu'était, l'Amérique Latine dans les années 50, un continent beau, prometteur et pleins de richesses, mais affaibli par les dictatures. 

Commentaires

ce bouquin est génial !
j'adore le che !
en déplaise à x, y ou z...

Ecrit par : Michèle | samedi, 12 janvier 2008

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