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mercredi, 30 janvier 2008

Moral à zéro, suicide à gogo

Moral dans les chaussettes 

C'est l'Insee qui nous annonce la tragique nouvelle : notre moral, à nous les Français, est au plus bas. On atteint un triste record depuis 1987 : -34 points.

Hormis peut-être Baudelaire qui a écrit des tonnes sur son spleen et son mal-être, cette nouvelle ne ravit personne et surtout pas nos économistes (pour preuve, cet article du Monde) car ils savent bien que le moral des ménages a un impact direct sur la consommation de ceux-ci. Et un moral dans les chaussettes, c'est moins de consommation et moins de prise d'initiative, donc moins de croissance. 

La faute à qui ? 

Là, on a l'embarras du choix et chacun a son avis. Sont mis en cause : la morosité économique, la crise financière, l'inflation, la baisse du pouvoir d'achat, le réchauffement climatique, l'hiver, le mauvais temps, la grippe, la sortie du nouvel Astérix et Obélix, Nicolas Sarkozy, Carla Bruni, François Fillon, les 35H, les heures sup', l'Iran, les étrangers, les SDF, les malades... bref, tout.

Personnellement, je pense que si le moral des français est si bas, c'est en partie parce qu'est au pouvoir un homme qui décoit et qui nous prouve chaque jour qu'il ne peut rien, qu'il ne résoudra rien, qu'il n'améliorera rien, alors même que son programme était basé sur la bonne vanne suivante : "Ensemble, tout est possible". Pour preuve, le moral des Français et la popularité de Nicolas baissent parallèlement.

Le plus grave : le moral des jeunes 

Eh oui, n'en déplaise aux anciens, l'avenir, c'est la jeunesse. Et les jeunes français ne vont pas bien, si l'on en croit une récente étude publiée par l'Express, résumée ici. Les symptômes que révèle l'étude sont les suivants : les jeunes Français sont pessimistes quant à l'avenir, ils ne croient pas en leurs chances de changer la société, ils ont peur de la mondialisation, et en plus de ça, ils considèrent que le regard des autres est déterminant dans leurs choix professionnels. Bref, jeunes dans le corps, vieux dans l'esprit. 

Je crois que ce sont ces données (sur le moral des jeunes et leur croyance en l'avenir) qui illustrent le mieux le malaise profond de la France. Notre système éducatif est en panne, certains repères disparaissent, des problèmes socio-économiques s'amplifient : tout ceci fait que les jeunes ne croient plus en leur avenir, ou en tout cas bien moins que leurs camarades étrangers (voir l'étude). Notre génération est celle des baby-loosers, ou au mieux, elle se sent comme telle.

Bien évidemment, ce grave problème soulève des tas de problèmatiques politiques mais il serait trop long d'en parler ici.

 

Le suicide en France et dans le monde

Je viens de tomber sur des statistiques assez incroyables alors je les partage avec vous.

En France

8% de la population française a déjà fait une tentative de suicide, c'est le ministère de la santé qui nous le dit ici. Il y a environ 13 000 suicides par an en France, dont presque 3/4 d'hommes. Chaque année, environ 200 000 tentatives de suicide donnent lieu à des soins. Le taux de récidive est très élevé (plus de 20% pour les hommes, 30% pour les femmes). Chez les jeunes de 15 à 24 ans, les garçons se suicident 3 fois plus que les filles. Environ 1/10 000 ième des jeunes français se suidicent.

Dans le monde 

Selon l'OMS, il y a environ 1 million de suicides chaque année dans le monde, soit un suicide toutes les 40 secondes et une tentative toutes les 3 secondes. Les pays les plus touchés sont la Lituanie, la Russie, la Nouvelle-Zélande, avec jusqu'à 4 suicides pours 10 000 habitants. Les pays les moins touchés par le suicide des jeunes sont la Grèce, le Portugal, l'Italie, l'Espagne avec environ 0,4 suicides pour 10 000 jeunes habitants...

 

Voilà, ces statistiques ne sont pas là pour faire peur. Juste pour montrer qu'en effet, tout ne va pas pour le mieux, aussi bien en France que dans le monde. La santé mentale et morale de la population mondiale ne semble pas satisfaisante.

Même si les chiffres varient assez peu dans le temps, on peut penser que de bonnes politiques de lutte contre la pauvreté, la solitude, le désespoir, menées au niveau mondial, seraient efficaces pour enrayer ce fléau qui fait à lui-seul plus de victimes que l'ensemble des guerres.

lundi, 28 janvier 2008

Pour comprendre la fraude à la Société Générale et la crise financière

Jusqu'à vendredi dernier, tout le monde parlait de la crise des subprimes. Mais dans le week-end, l'actualité financière mondiale a été bouleversée par un seul homme, Jérôme Kerviel, trader de la Société Générale, et les conséquences de ses actions.

Cette affaire, inutile de vous dire que je ne l'analyserai pas ici tant je suis incompétent. Mais justement, pour tenter de comprendre un peu mieux cette affaire, je vous donne quelques liens et quelques pistes qui m'ont bien aidé.

Sur le trading en général

Vous pouvez lire le billet très intéressant (mais tout de même assez difficile pour les non-initiés) d'Alexandre Delaigue, d'Econoclaste, qui tente de nous expliquer comment marche le trading, quels sont les risques, et comment ça s'est passé dans le cas de cette fraude. 

Sur l'affaire en elle-même

Pour avoir une vision "inside" et chronologique de cette crise à la Société Générale, vous pouvez lire ce billet, de Duo&Co.

Sur les théories: "j'y crois" ou "j'y crois pas"

Pour avoir l'avis de spécialistes (est-ce que c'est possible pour un seul homme de détourner autant de sécurités ?), je vous propose l'avis d'Elie Cohen (pour lui, Kerviel n'est qu'un bouc émissaire) et cet article du Monde, et je vous renvoie aussi au billet de Duo&Co.  

Sur la communication de crise de la SG 

C'est sur la communication de la Société Générale pendant la crise que s'est penché Versac. Son billet présente un intérêt puisque Versac travaille dans la communication et le conseil. 

Sur l'affaire dans l'affaire 

Certains parlent de délits d'initiés. Des administrateurs de la Société Générale auraient été mis au courant de cette gigantesque fraude avant les autres et auraient rapidement vendu, le 9 janvier, leurs actions. C'est cette théorie que met en lumière cet article du Figaro.

Le meilleur pour la fin 

A mon avis, le meilleur moyen pour arriver à bien comprendre cette fraude à la SG et la crise financière qui s'en suit, c'est de regarder l'émission "C dans l'air" de ce soir. Si vous l'avez manqué, vous pouvez la revoir gratuitement ici. Les 4 spécialistes sur le plateau (dont un ancien trader notamment) sont intéressants et très pédagogues.

Voilà, je pense que si vous parcourez ces quelques liens, vous aurez compris l'essentiel de ce qui se joue dans cette affaire énorme qui vaut à la Société Générale les gros titres dans tous les médias du monde, et qui donne à Kerviel le statut de star planétaire. La gloire, la notoriété, c'est justement ce qui attire les traders.

dimanche, 27 janvier 2008

Quelques immanquables

Commençons par un lieu-commun : le web, c'est immense, et on peut donc passer à côté de petits bijoux, plus ou moins bien mis en valeur. Ce soir, je me contenterai donc (par manque de temps, de volonté, et de matière) de vous balancer quelques liens qu'il ne faut pas manquer (jugement subjectif de ma part).

-Arrêt sur Images, mais sur le web. Je soutiens à mon faible niveau l'équipe de Daniel Schneidermann depuis que leur émission dominicale a été arrêtée par France Télévision. @si.net rencontre un succès exceptionnel bien qu'il soit réservé (en majorité) aux abonnés (dont je fais parti :-) ). Je vous oriente notamment sur un sujet récent, qui met en lumière une belle boulette de Nicolas qui a fait perdre 1,3 Milliard d'euros à notre beau pays endetté. C'est ici (pas sûr que vous puissiez y accéder si vous n'êtes pas un gentil donateur).

-LaTéléLibre : lancée par le journaliste John-Paul Lepers (ex-TF1 et Canal) et quelques amis, latélélibre fête son 1er anniversaire. Si vous ne connaissez pas, il faut absoluement y aller, car cette web-tv se bat pour son indépendance et l'indépendance des média en général. De plus, l'équipe est bénévole et peine à trouver des financements. Je vous conseille notamment cette vidéo très récente: il s'agit de la première partie du film "Madâme" de John-Paul, film qui cherche à savoir qui est Madâme Chirac. Intéressant, et gratuit!

-Le monde diplomatique : ça ne fait pas longtemps que j'ai découvert leur site, mais ça me plaît beaucoup. Des articles assez longs, documentés, gratuits, et qui traitent de sujets très variés. Ce qui me plaît surtout, c'est que le Monde Diplo est très ouvert sur l'international, et n'hésite pas à aller sur des terrains glissants ou inconnus. Je vous propose par exemple d'aller lire cet article de Serge Halimi sur Jacques Attali et son rapport.

-Rezo.net : ce site est un portail qui répertorie de nombreux articles intéressants venant de nombreux sites/blogs différents. Il y en a pour tous les goûts.

-Côté blogs immanquables, je pourrais vous en citer des dizaines et des dizaines. Je vais m'en tenir à une courte liste. Il ne faut pas rater : Versac (1er bloggeur politique de France), Jean Quatremer (THE journaliste specialiste de l'Europe), Econoclaste (pour les graines d'économistes), Sébastien Fontenelle (très engagé, réservé surtout aux gauchistes), ou encore Jean-Michel Apathie (on peut bien en dire ce qu'on veut, c'est toujours intéressant de le lire).

Voilà pour la mini-micro-liste des blogs d'actualité que j'aime. Si le votre n'en fait pas parti, ce sera pour la prochaine^^

Bonne soirée, bon surf.

jeudi, 24 janvier 2008

Elève Attali, Jacques: peut mieux faire...

... voilà ce que j'écrirais sur le bulletin d'appréciation de l'élève Attali si j'étais son prof d'éco ou de science po.

 

La comission Attali a rendu hier son joli rapport de 250 pages à Nicolas Sarkozy (disponible ici). Alors qu'est-ce que ça donne ?

Le fond: oui et non

Autant vous le dire tout de suite, je ne l'ai pas lu en entier. Je l'ai parcouru, j'y ai vu des choses intéressantes (comme la nécessité d'investir dans le savoir), d'autres farfelues (par exemple, je me demande en quoi augmenter considérablement le nombre de taxis à Paris peut jouer un rôle positif sur la croissance).

Ce qui est évident, c'est que ce rapport penche fortement dans un sens libéral, alors que Jacques Attali, en bon humoriste, nous disait qu'il était apolitique. Bonne blague.

Bon, pour les commentaires et les critiques, des gens beaucoup plus compétents que moi l'ont déjà faits ou le feront bientôt (notamment ici, ou ). Je pense aussi à La Forge, jeune cercle de réflexion lancé par Benoit Hamon et Noël Mammère, qui produit une expertise critique (à voir ici) du rapport Attali.

La forme: ridicule

Ce qui ressort de ce rapport, c'est qu'il est extrêmement long et touffu.

Proposer 316 propositions, c'est osé. C'est plus que n'importe quel programme politique global. N'importe quel économiste qui se respecte aurait pu vous donner des pistes pertinentes pour relancer la croissance française en seulement 10 propositions, mais bon, Attali, il est comme ça, toujours à se mettre en avant, à vouloir faire le 1er de la classe... Libre à lui.

Mais ce qui est grave et ridicule, c'est de demander au gouvernement (comme l'a fait Jacques Attali) d'appliquer chacune des propositions du rapport. Faire 316 réformes en 4 ans et demie de mandat présidentiel, c'est évidemment impossible.

De plus, les propositions sont ultra-précises, c'est un véritable programme politique/économique. Du coup, le gouvernement n'a aucune liberté: le rapport dit avec précision ce qui doit être fait. Ca ne plaît évidemment pas au gouvernement et aux parlementaires, qui aiment décider, faire leurs lois, ... Là, le rapport décide de tout, ça ne peut donc pas marcher.

Bon, sur le fond, il faudra une étude approfondie pour juger chacune des propositions, mais les critiques sont déjà nombreuses quant aux impacts sur la croissance. Et il n'y a apparemment pas d'idées de génie. Seulement des idées soit louffoques, soit, au contraire, déjà répandues dans les débats politiques.

Sur la forme, c'est assez pitoyable. Ce rapport est là pour donner des leçons aux hommes politiques (le rapport leur dit exactement quoi faire, avec une assurance affichée) et satisfaire l'égo d'Attali et de ses amis (il faut tout appliquer ou ne rien faire, et en respectant bien l'ordre chronologique!).

Et puis, surtout, ce rapport avoue vite son inutilité, je cite : « Cette croissance exige l’engagement de tous, et pas seulement celui de l’Etat qui n’a presque plus les moyens d’agir sur la croissance... L’essentiel de l’action est entre les mains des Français, qui devront partager... une envie de travailler plus... » Autant dire, travaille plus et tais-toi, l'Etat ne peut rien pour toi.

Bref, un peu moins de bruit autour de ce rapport n'aurait pas fait de mal.

lundi, 21 janvier 2008

Sarkozy ou la volonté de plaire, toujours

Selon mon hasardeux diagnostic, Nicolas Sarkozy est complexé (complexe d'infériorité à mon sens), et il a du mal à le cacher. En conséquence, il accorde une grande importance à ce que les gens pensent de sa personne. Il fait tout pour qu'on ait une bonne image de lui, et qu'on l'acclame plutôt qu'on le critique. Quelques exemples parmi tant d'autres:

-ce samedi, en visite à Boulogne-sur-Mer auprès des marins-pêcheurs touchés de plein fouet par la hausse du prix du gazole, Nicolas Sarkozy a fait plaisir à son public en disant : "il faut sortir des quotas". Cette idée est assez irréaliste, dans le sens où elle va à l'opposé de la politique de la pêche européenne, qui établit justement des quotas pour certaines espèces afin d'en éviter la disparition à moyen terme. Le ministre de la pêche Michel Barnier a vite rectifié le tir, en disant que les quotas de pêche n'allaient pas disparaître. Le message de Nicolas était donc avant tout là pour faire plaisir, pour plaire, aux pêcheurs. 

-Plaire, c'était aussi son objectif lorsqu'il s'est rendu au Congrès américain il y a quelques mois. Son discours passait sous silence les différends qui existent entre les deux pays (notamment l'Irak) et léchait avec appétit les Etats-Unis, ventant leur grandeur et leur modèle libéral du self made man. Naturellement, il a reçu une standing-ovation, et c'était là un grand honneur et un savoureux plaisir pour lui.

-Autre exemple de cette insatiable volonté de plaire: en novembre, au Parlement Européen, il critiquait les pays qui, au nom de juteux contrats économiques, travaillent avec d'autres pays peu attachés aux valeurs humanistes et aux droits de l'homme. Ovation de la part des parlementaires pour Nicolas, le défenseur des valeurs progressistes. Mais, et cela n'a échappé à personne, Nicolas a, quelques semaines plus tard, reçu le colonel Khadafi pour signer des contrats et félicité Vladimir Poutine pour sa victoire aux législatives. Son discours ne venait donc pas du coeur, il n'en pensait pas un mot. Son seul objectif était de plaire à son auditoire.

Ces 3 exemples montrent assez bien à quel point Nicolas est prêt à se contredire, à oublier ses engagements et ses devoirs, pour plaire au public qui l'écoute (les pêcheurs, les congressistes, les parlementaires, ...).

 

Cette attitude pose au moins deux problèmes majeurs :

-Nicolas, pour plaire à ses interlocuteurs d'un jour, est prêt à dire, à faire, tout et son contraire. Du coup, on ne sait pas quelles sont ses convictions les plus profondes, on ne sait jamais s'il ment ou s'il pense ce qu'il dit, ...

-Autre problème: sa politique s'adapte, chaque jour, à l'actualité. S'il reçoit un chef d'Etat étranger, c'est toute sa politique étrangère qui en est changée pour plaire à son visiteur. S'il reçoit une famille de victime (et il le fait souvent), c'est sa politique en matière de justice qui change, et il s'empresse de demander à Rachida Dati une réforme du Code pénal pour que le coupable soit plus sévèrement puni (exemple: l'affaire des deux infirmières tuées dans des circonstances tragiques à Pau)...

Bref, Nicolas gesticule au gré de l'actualité, du contexte, de ses interlocuteurs, des faits divers... C'est une politique du sentiment, de la réaction, une politique évolutive qui répond au besoin de plaire de notre Président.

Cette politique au service de la popularité du Président est dangereuse au niveau international, car elle met la France dans des positions peu convenables. Un jour, allié-vassal des Etats-Unis; le lendemain, tentant de prouver son indépendance vis-à-vis de Bush face aux menaces terroristes, par exemple.

Cette politique au service de la popularité du Président est aussi dangereuse au niveau national: on le voit notamment dans le domaine de la justice, où Nicolas veut désormais, après avoir rencontré des familles de victimes, que les personnes coupables mais jugées irresponsables soient tout de même condamnées. On le voit aussi dans le domaine de la fiscalité: Nicolas avait promis une baisse des impôts de 4% et a offert un bouclier fiscal à ses amis. Or, il fait aujourd'hui le brillant constat que les caisses sont vides.

A mon sens, Nicolas Sarkozy en personne est à l'origine de certains problèmes actuels de la France, car c'est sa personnalité (et sa psychologie, son égo, son besoin de plaire) qui guide en partie sa politique. Ce mode d'action là ne nous amènera probablement rien de bon.

"Vouloir plaire à son siècle est souvent une raison pour déplaire à la postérité" Marin

"Qui cherche à plaire à tous ne doit plaire à personne" Jean-Baptiste Rousseau

"L'art de plaire est l'art de tromper" Vauvenargues

-> Ces auteurs nous auront prévenus.

dimanche, 20 janvier 2008

BHL, de gauche ?

Ce qui suit n'est pas un décryptage total ni minutieux de Bernard-Henri Lévy, de son idéologie, de ses écrits, de son narcissisme, ni même de son image. Non, je n'en ai ni le talent, ni les connaissances, et des gens compétents l'ont déjà fait (vous pouvez par exemple lire cette tribune de Serge Halimi dans Le Monde diplo). De plus, ce n'est pas aujourd'hui que je vais me permettre de juger dans sa globalité un écrivain que je n'ai presque pas lu. Ce billet n'est pas non plus une réaction à la lecture de Ce grand cadavre à la renverse, puisque je ne l'ai pas encore lu. Non, je réagis simplement à une de ses tribunes, publié le 17 Janvier dans Le Point, intitulée Le Blairisme, plus que jamais.

Ce qui me dérange chez BHL, c'est qu'il se proclame, sur tous les plateaux télé, homme "de gauche". Évidemment, tout citoyen à le droit de dire qu'il est de gauche si ça lui fait plaisir, je n'irai pas vérifier si c'est bien le cas. Mais la différence entre BHL et le citoyen lambda, c'est que le premier est écouté, lu, massivement, et qu'il est perçu par l'opinion publique comme une sorte de porte-voix de la gauche française. Ainsi, il a une influence, son message est entendu, et tout ce qu'il dit est, et doit être, conforme à un message de gauche. Or, rien qu'en lisant sa courte tribune du Point, j'ai des doutes sur son enracinement politique/idéologique à gauche.

Que dit-il dans cette tribune ?

"Il faut, en d'autres termes, qu'elle [la gauche française] fasse enfin clairement, à visage et à mots découverts, cette conversion à l'économie de marché, au libéralisme, à l'Europe, à la mondialisation, aux droits de l'homme, qu'elle n'a opérée, pour l'instant, qu'en catimini, presque en fraude, se condamnant ainsi à l'hypocrisie et à la schizophrénie.

La conversion ou la mort.

La clarté ou, de défaite en défaite, la chronique d'une disparition programmée.

Sous ce nom ou sous un autre, le blairisme est, plus que jamais, la seule issue possible pour une gauche qui aura tiré toutes les leçons, toutes, de l'égarement totalitaire."

Voilà qui serait bien parlé si l'auteur de ces lignes était un anti-socialiste aveugle. Or, ce n'est pas le cas: l'auteur de ces lignes est BHL, homme de gauche et soutien officiel du PS.

Je suis en désaccord avec ce que nous dit BHL sur de nombreux points :

1/ La gauche et la mondialisation

"Il faut que la gauche fasse cette conversion à l'économie de marché, à la mondialisation", nous dit BHL: d'accord. Mais il est important de rappeler que les socialistes ont fait cette conversion. Les socialistes d'aujourd'hui ne refusent pas le marché, ils tentent simplement de garder une influence sur celui-ci dans certains domaines (santé, éducation,...) et d'en limiter les dérives. Et ils ne considèrent pas la mondialisation comme une tragédie pour la France. Au contraire, les socialistes sont parfaitement conscients des nouveaux enjeux nés avec la mondialisation, et ont largement adapté leurs idées à cette réalité.

2/ La gauche et le libéralisme

-"Il faut se convertir au libéralisme": ce discours n'a pas grand chose à voir avec un discours de gauche. Le libéralisme est un système où les intérêts individuels dominent sur l'intérêt collectif. C'est le jeu du chacun pour soi, où les solidarités reculent dangereusement, où le lien social se casse (on en voit chaque jour les manifestations, dans nos rues, nos écoles, nos banlieues... je ne dis pas pour autant que le libéralisme est la cause de tous nos maux), où les précarités explosent, où la société perd une partie de ses repères au nom de la seule réussite économique. Donc pas vraiment une idée de gauche.

3/ La gauche et l'Europe

-"Il faut se convertir à l'Europe": allons, les socialistes sont parfaitement européens, et le sont évidemment plus que la droite. Simplement, la gauche ne veut pas que l'Europe se limite à une zone de libre-échange sauvage où interviennent dumpings social et fiscal. Elle veut une Europe politique, une Europe qui fait converger des pays différents vers des standards européens (sur la législation, le Code du Travail, la fiscalité...) sans pour autant vouloir un mixage forcé des cultures, des identités, de chaque pays de l'Union.

4/ La gauche et les droits de l'homme

-"Il faut se convertir aux droits de l'homme": on croit rêver. N'est-ce pas la gauche, et les progressistes, qui ont inventé les droits de l'homme? N'est-ce pas la droite qui a le plus lourd héritage en matière de non-respect des droits de l'homme? Oui, la gauche est aussi responsable. Mais on ne peut pas dire que la gauche française ne s'est pas convertie aux droits de l'homme. BHL fait là un fabuleux renversement de l'histoire de la gauche, à mon sens.

5/ La gauche et le blairisme

-"Le blairisme est la seule issue possible pour la gauche": bon, je ne savais pas que BHL était omniscient. Comment sait-il que le blairisme est la seule, l'unique, issue pour la gauche? Il y a de nombreux contre-exemples en Europe et dans le monde (notamment en Amérique du Sud) qui nous disent que le socialisme a encore toute son actualité, et sa pleine capacité à répondre aux enjeux actuels. Je ne dis pas là que le blairisme est à jeter, je suis loin de connaître suffisamment ce qu'a fait Blair en Grande-Bretagne. Mais je sais qu'il n'y a pas que du bon, loin de là. L'heure n'est pas venue pour la gauche française de faire du blairisme son idéal politique.

6/ La gauche et le totalitarisme

-"une gauche qui aura tiré toutes les leçons, toutes, de l'égarement totalitaire": le totalitarisme n'est pas seulement un égarement, c'est un totalitarisme, donc quelque chose à combattre avec fermeté et sans la moindre compassion. BHL veut nous dire que la gauche actuelle n'a pas tiré toutes les leçons du totalitarisme, stalinien probablement. Ah bon? Que reste-t-il de totalitaire dans les idées actuelles de la gauche? Je ne sais pas, et BHL ne juge pas utile de nous le dire. C'est dommage. Si BHL cherche à nous dire que la gauche socialiste (ou même communiste) contient en elle les dérives totalitaires, et que c'est pour cela qu'elle doit évoluer (vers le blairisme), c'est osé. C'est faire de tristes événements (qui ne représentent en rien la gauche, ses fondements, ses valeurs : le stalinisme par exemple) la preuve de la tendance naturelle de la gauche vers le despotisme. C'est absurde, simpliste, caricatural.

 

Voilà le flot de remarques et de critiques que m'inspirent ces quelques lignes de BHL.

BHL n'a pas peur des mots dès lors qu'il les cache dans des juxtapositions. Ainsi, il n'hésite pas, au milieu d'une énumération, à dire que la gauche française actuelle n'est pas convertie à l'Europe, à la mondialisation, aux droits de l'homme, et qu'elle tarde à tirer les leçons du totalitarisme. Rien que ça!

Tant d'aberrations et de contre-vérités ne peuvent, à mes yeux, pas venir d'un homme de gauche.

samedi, 19 janvier 2008

Le vieil homme et la mer

La littérature américaine, de ce que j'en sais, est intéressante pour connaître et comprendre l'esprit, la diversité, la beauté, et la force intérieure des Etats-Unis. Or, je connais très peu cette littérature-là: 2008 sera donc pour moi une année de lecture dédiée, en partie, aux grands auteurs américains du début du XXIeme et de la Beat-generation. J'essayerais de lire Faulkner, Miller, Mailer, Melville, London, Scott Fitzgerald, Capote, Kerouac... Je crois que c'est un passage obligé quand on veut découvrir les fondements de la société américaine, chose intéressante compte tenu de notre incompréhension, nous français, devant le spectacle de cette société, devant son immense foi chrétienne et son rejet de l'athéisme, devant ses excès et ses mises en scène, devant son american way of life, devant sa grande ouverture économique qui contraste avec son flagrant autocentrisme; bref, l'American Vertigo.

Donc hier, j'ai commencé par un classique, écrit en 1951 par un amoureux de la mer : Le vieil homme et la mer, d'Ernest Hemingway.

Il s'agit de l'histoire d'un vieux et pauvre pêcheur cubain, qui sort chaque jour en mer, mais ne prend plus rien depuis plusieurs mois. Son seul vrai compagnon est un jeune garçon, pêcheur lui-aussi, dont les parents ne veulent plus qu'il pêche avec le vieillard, car il ne prend plus rien. Un matin, le vieil homme part donc, seul, à la force de ses bras, dans le courant du Gulf stream. Il décide d'aller très loin, là où les autres pêcheurs ne vont jamais. Un gros poisson s'accroche à son hameçon: c'est le début d'un combat de 3 jours, durant lequel le vieil homme et son petit bateau se font tirer par l'énorme poisson, un espadon de 6 mètres. Ce duel se joue sur l'endurance, la ténacité, la force spirituelle aussi. <spoiler à partir de maintenant> Le vieillard arrive à en finir avec ce poisson, exceptionnel par sa force, sa grandeur, sa détermination. Le vieux attache sa prise sur un flanc de son petit bateau. Mais sur la chemin du retour, il est attaqué par des dizaines de requins, attirés par le sang de l'espadon. Malgré son courage, le vieil homme ne peut lutter, et les requins emportent une grande partie de son gros poisson, n'en laissant que le squelette. Le vieux est abattu, le sort s'est encore acharné sur lui. Sa vie ne changera pas, un ordre naturel semble conservé, malgré tous ses efforts et son courage.

L'incroyable de ce roman, c'est sa grande simplicité. Hemingway se concentre sur ce vieillard et son interminable lutte contre le poisson. L'auteur porte sur le vieillard un regard simple et sans apparat, vidé de tout préjugé, tout jugement, toute actualité même. Hemingway va ainsi à l'essentiel de cet homme, son coeur et son courage.

Ce qui est frappant dans ce personnage, c'est qu'il n'en est pas un: c'est seulement un homme qui vit sa vie, dans toute sa simplicité, qui ne joue pas un personnage. Cet homme est désuni du monde, il est seul et ne cherche pas à s'intégrer au monde pour en tirer du positif. En ce sens, il est spectateur du monde, comme le serait un paysan du Moyen-Age, qui sent qu'il n'a aucun moyen de changer le cours des choses, et accepte donc son sort de simple paysan aliéné, soumis aux ordres d'un seigneur, et sans avenir. Désuni du monde, mais très uni lui-même: cet homme ne fait qu'un. Il est au plus proche de sa personne, de ses sentiments. Il vit en harmonie avec lui-même. Son unique but semble être de continuer à vivre comme il le fait depuis toujours, vivre dans l'indifférence, à la marge de la société, en spectateur plutôt qu'en acteur. Se dégage ce ce portrait la sensation que cet homme ne connaît pas grand-chose du monde, mais qu'il connaît tout de lui-même.

Ce livre explore donc la vie humaine, les sentiments, les déceptions, les souffrances, le courage, le coeur et l'espérance. Il nous interroge aussi sur le poids, l'influence que peut avoir une vie sur le monde et notre capacité à changer, même faiblement, l'ordre des choses.

vendredi, 18 janvier 2008

Les coulisses de l'accord de modernisation du marché du travail

Ce soir, si j'avais eu le temps et l'inspiration, je vous aurais parlé de certains sujets:

-le PS, qui va mal (et qui a perdu 40% de ses militants en un an),

-le Président, qui nous fait chaque jour un peu plus comprendre qu'avec lui, tout n'est pas possible,

-le Président, qui nous explique que "le 21eme siècle sera religieux" ou ne sera pas,  

-les 20 propositions de la commission Attali

-les nombreux malades graves qui débutent un peu partout des grèves de soins pour dénoncer les franchises médicales,

Mais la force argumentative et dénonciatrice me manque. Alors, parce que c'est plus simple et beaucoup plus sympa pour vous, je vous balance une vidéo, de LaTéléLibre. Il s'agit des coulisses de l'accord de "modernisation du marché du travail" entre les syndicats.

 

 

mardi, 15 janvier 2008

La flexi-sécurité, pourquoi pas?

Ça y est, les syndicats se sont en partie mis d'accord sur le projet de "modernisation du marché du travail". Le MEDEF est content, la CGPME prend sa décision demain, FO pèse le pour et le contre et dit oui, la CGT dit non, la CFDT dira certainement oui jeudi. Côté partis politiques de gauche, l'extrême-gauche et le PCF disent non, tandis que le PS "prend note" sans trop apporter de jugement pour le moment.

Alors faut-il se féliciter de ce projet d'accord? Je ne sais pas, mais ça n'a pas l'air mauvais. J'y reviendrai plus bas.

Sur le principe, c'est plaisant

Ce qui intéresse les salariés, c'est avant tout d'avoir un job qui convient à leurs qualifications et, en cas de pépin,de ne pas rester longtemps au chômage. C'est la volonté de sécuriser les parcours professionnels. Pour cela, il faut un bon système de formation, une agence pour l'emploi type ANPE efficace, et des salariés capables de s'adapter au changement.

Les patrons, eux, demandent de la flexibilité: ils veulent être libres de pouvoir embaucher et débaucher des salariés au gré de la demande, de l'environnement, des difficultés qu'ils rencontrent. Seulement, sans condition, ce système-là serait une jungle ultralibérale où la précarité serait institutionnalisée, donc no thanks: il faut mettre des conditions et donner des garanties aux salariés.

La flex-sécurité, c'est donc une plus grande flexibilité du travail (pouvoir embaucher et débaucher facilement, avoir accès à des contrats qui n'engagent pas trop l'employeur à long terme,...) accompagnée de la sécurisation des parcours professionnels (faire en sorte que le salarié, bien formé et bien adapté à la demande de travail, ne connaisse pas le chômage de longue durée et ait un avenir professionnel sécurisé).

Dans les faits, ça donne quoi ? L'exemple danois

La flex-sécurité est un système très développé dans les social-démocraties du Nord. Au Danemark par exemple, le travail est flexible: ainsi, 1/3 des danois change d'emploi au cours d'une année.

On pourrait se dire que ça sent la précarité à plein nez. Mais le point positif de ce système, c'est que les travailleurs ont un avenir professionnel assez sécurisé, dans le sens où ils sont bien indemnisés en cas de chômage (durant 4 ans à des taux très élevés : 90% pour les salaires de moins de 20 000€), qu'ils ont largement et facilement accès à la formation, et qu'ils sont très suivis par l'agence pour l'emploi danoise. Du coup, les Danois sont les Européens qui retrouvent le plus vite un emploi.

Grâce à cette flex-sécurité, le Danemark a désormais un taux de chômage d'environ 5,5%, contre 12% dans les années 1990, et a aussi le taux de chômage de longue durée le plus faible d'Europe!

La flexi-sécurité selon le nouvel accord, c'est :

1. Pour la sécurité du travailleur :

-le salarié qui perd son emploi garde sa prévoyance santé et son droit à la formation

-les jeunes de moins de 25 ans qui n'ont pas travaillé assez longtemps auront droit à une prime forfaitaire

-l'indemnité légale de licenciement est doublée

-un fonds de formation sera créé pour les chômeurs mal formés ou formés à des métiers non adaptés à la demande

-le CDI reste LE contrat normal et n'est pas remis en cause: le contrat unique voulu par Sarkozy pendant la campagne ne verra donc pas le jour

2. Pour la flexibilité du travail :

-les périodes d'essai restent assez courtes : entre 1 et 4 mois selon les types de métiers

-les ruptures de contrat pourront se faire "à l'amiable" si les deux parties sont volontaires: il sera alors possible pour le salarié de négocier les indemnisations, en présence d'un délégué syndical, et en respectant évidemment l'indemnisation minimum légale. Le nouveau chômeur aura droit à l'assurance-chômage.

-un CDD de mission (entre 18 et 36 mois) voit le jour: il ne concerne que les cadres et ingénieurs. C'est un vrai CDD, dont la durée est assez longue (au moins 18 mois) donc le travailleur conserve une certaine sécurité de l'emploi durant cette période.

Du point de vue du chef d'entreprise, l'avis de Versac est intéressant. Il insiste notamment sur les contraintes/dangers juridiques qui pèsent sur le patron en cas de conflit, problème que ne résoud pas complétement cet accord (bien qu'il le limite). 

Alors? Bien ou pas?

Malgré ma vaste incompétence, je me réserve le droit de vous donner mon avis sur cet accord. Au vu de toutes les sécurités auxquelles auront droit les chômeurs et de l'effort qui sera fait en faveur de la formation professionnelle, je pense que les contreparties sont acceptables. La flexibilité n'est, dans ce projet, pas synonyme d'accroissement grave de la précarité des salariés. Le CDI n'est pas remis en cause et reste la forme normale du contrat de travail. Contrairement à ce que demandait le MEDEF au début des négociations, aucun CDI de mission sans durée fixe n'a vu le jour.

A mon avis, ce projet va donc dans le bon sens, c'est un bon compromis entre besoin d'adaptabilité et de liberté des entreprises et besoin de sécurité des travailleurs. Quant au bilan, on le fera dans quelques mois ou années... mais on peut espérer, de façon lucide et pragmatique, que cette modernisation du marché du travail permettra une baisse du chômage en France.

lundi, 14 janvier 2008

It's a free world, isn't it ?

Entre deux séances de révisions

"Ken Loach, le dernier réalisateur communiste du monde"! Voilà ce qu'on entend parfois au sujet du célèbre réalisateur britannique, soutien d' Olivier Besancenot durant la campagne présidentielle de 2007. Personnellement, je ne connais vraiment ni le personnage, ni son oeuvre.

dc00ccd666efa1646eafd47fea5e14ae.jpgMais je peux tenter de vous parler de son dernier film It's a free world, sorti le 2 janvier et que j'ai regardé hier. Avant de commencer une incompétente critique, what is this movie about?

C'est l'histoire d' une femme, blonde, mère d'un gamin plutôt turbulent dont ses parents s'occupent, qui se fait virer de son job de recruteur dans une agence d'intérim britannique parce qu'elle refusait les avances de son patron. Aidée de sa colocataire, elle décide de lancer sa propre agence d' intérim, en partant de rien. L'affaire se développe très vite compte tenu du grand nombre des demandeurs d'emploi, notamment les étrangers d'Europe de l'Est, main d'oeuvre docile et prête à travailler dans n'importe quelles conditions. Contre l'avis de son associée, elle décide de proposer du travail à des travailleurs clandestins, pour éviter de s'encombrer du paiement des taxes. Plus le film avance, plus ses méthodes deviennent immorales et égoïstes: elle n'hésite par exemple pas à dénoncer aux flics un camp de sans-papiers pour libérer quelques logements insalubres d'un camping urbain... Mais ses méthodes crapuleuses se retournent contre elle, et elle et son fils sont très vite menacés.

Ce film montre le renversement d'une femme, qui, pour se faire du fric, n'hésite pas à oublier les valeurs et les principes moraux de base, comme le respect de la loi, le respect de ses engagements, et le respect dû aux étrangers, hommes ou femmes, légaux ou clandestins.

Au-delà du parcours de cette femme, le film a pour but de dénoncer le modèle britannique, et presque le modèle mondial, qui consiste à faire de l'homme un moyen de production jetable, qui instaure une concurrence totale entre les hommes et les États, qui créé des conflits et des dominations, qui stigmatise l'autre et fait de la société une somme d' individualités : le système libéral.

Cette critique du système, certains la valideront, d'autres pas, certains diront que le libéralisme est indéfendable, d'autres diront qu'il est le meilleur moteur de la croissance. Mais ce qui est frappant, et que l'on voit bien dans le film, c'est que ce modèle repose sur la domination de certains et l'exploitation d' autres. Ce modèle exacerbe les inégalités, les précarités, la pauvreté. Il fait l'apologie de la liberté, et prépare la mort de l' égalité. Enfin, il tire vers le bas tout ce qui lie la société (les solidarités, les valeurs)... et à force de descendre, on pourrait bien tomber dans de sombres profondeurs jamais explorées.

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