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mercredi, 06 février 2008

Celle qui pue l'racisme

J'aimerais vous parler, même maladroitement, d'un sujet qui me tient à coeur puisqu'il dépasse largement les simples questions politiques et qu'il se positionne sur le terrain des valeurs. Je veux parler de la question du racisme, de la xénophobie, du rejet de l'étranger, de l'intolérance, de la discrimination.

Pourquoi en parler ?

Parce que ce thème -historique- marque encore aujourd'hui l'actualité. Rien n'a profondément changé depuis les années 70 de "l'immigration zéro" giscardienne, ni depuis les grands défilés "Touche pas à mon pote" des années 90. Et la période black-blanc-beur de promotion des différences (via la Coupe du Monde de 1998 notamment) est terminée depuis bien longtemps : le 21 Avril 2002 n'est qu'un témoin parmi tant d'autres.

Le thème de notre rapport à l'étranger montre assez bien à quel point on a peu évolué dans les esprits ces dernières décennies.

Pour une part des Français, et encore plus pour la droite dure actuelle -fille de Maurras et cousine de Le Pen-, l'étranger n'est pas chez lui en France, n'a pas de légitimité à y être et n'a donc pas vocation à y rester durablement. Le radicalisme xénophobe va plus loin encore, puisqu'il fait de l'étranger un indésirable, un feignant, un pompeur d'allocations, un polygame, un égorgeur de moutons, un lève-tard, un comploteur communautariste, un terroriste en puissance, un voleur,...

Tous ceux qui s'apparentent (physiquement, culturellement) à l'étranger, à savoir les immigrés "beurs", "blacks", "noich", etc., sont aussi discriminés. Qu'importe qu'ils soient Français (40% des immigrés ont la nationalité française), fils de la République, symboles vivants de l'histoire (parfois belle, parfois sale) de notre pays, avatars de l'esprit tolérant et universel issu des Lumières.

Non. Les indésirables immigrés ne seraient qu'un chiffre, un chiffre énorme, un chiffre dangereux, un chiffre criminel : 5 millions.

 

On pourrait combattre la xénophobie à coup de slogans, mais les slogans ne touchent que ceux qui les écoutent, et ce n'est pas le cas des dogmatiques xénophobes.

On pourrait écraser les thèses xénophobes à coup de chiffres, en montrant par exemple qu'ils sont un moteur pour la croissance (comme le suggère actuellement l'exemple espagnol), ou que la part des immigrés dans la population totale est stable dans le temps (autour de 8%).

On pourrait tenter de leur faire comprendre que la différence est une force pour une nation, et que les pays qui ont fait le choix (même à retardement) de la tolérance en sont sortis gagnants, comme le montre l'exemple américain.

Personnellement, je me contenterais de leur dire qu'ils font fausse route, qu'ils sont dans l'erreur, et qu'on est tous l'étranger de quelqu'un. Savoir qu'un homme vient d'ailleurs ne nous dit pas qui il est, et vouloir le rejeter pour sa simple différence, c'est de l'absolutisme, c'est de la suffisance, c'est la preuve d'un esprit refermé, apeuré, fragile. C'est la preuve de sa faiblesse.

Ainsi, j'en conclus gravement que la France est faible (car tiraillée par les dogmatismes xénophobes) et qu'elle vit dans l'ignorance et dans l'erreur. Quand à l'élite politique qui la fait vibrer à coup de slogan raciste, elle est un symbole de la petitesse et de la haine humaines. Une relique du passé à enterrer. Une trace du monde ancien à effacer.

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