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vendredi, 07 mars 2008
Apologie de la douce démocratie
En voila un titre angélique. Apologie de la douce démocratie. Il s'agit en fait d'un appel à la responsabilité de chacun, et notamment de nos élites.
Depuis quelques semaines, il y a en France comme une odeur de fumée, des cris de guerre et des bruits d'épées qui s'entrechoquent. Il y a des mots, des insultes, de la diffamation, de la violence. Il y a comme de la barbarie moyenâgeuse chez nos élites.
Les uns attaquent la Présidence et sa noblesse, critiquent, pamphlétisent, attisent le feu, organisent la résistance, préparent armes et munitions. Certains sont honnêtes et font leur travail avec sagesse et justesse. D'autres le sont moins et usent de facilités, d'exagérations, pour convaincre le peuple indécis qui ne sait quoi penser de ce nouveau régime. Ce camp-là ne se satisfait pas des sondages et de la chute de la popularité de la Président. Non, il attend le soutien concret de la masse, lequel devra se manifester dimanche à 20h, lorsque la sentence tombera, lorsque le rouge se propagera sur la carte de France, lorsque les bastions bleus tomberont. Et là, il se pourrait que ce soit l'explosion. Pas l'explosion de joie, plutôt l'explosion des rancoeurs et des clivages. Ce sera le début de plusieurs mois de guerre de tranchée, avec des offensives suicides pour gagner la tranchée d'en face et faire plier l'ennemi. Ce sera la concrétisation de plusieurs mois de divergences politiques et morales, de déceptions, de bafouement de la Vérité et des principes élémentaires du débat démocratique.
De l'autre côté, la garde rapprochée défend son maître. Elle fait même plus, elle contre-attaque : "Staliniens!", "fascisme rampant", "déni de démocratie", la gauche créé "un climat de quasi-guerre civile", "on va les défoncer"... Tous les coups sont bons : accusations infondées, diffamation, insultes, dénigrement, victimisation... L'enjeu est grand : l'adhésion ou le désaveu du peuple. Si la sanction est trop lourde dimanche soir, le gouvernement sera en feu, les mairies UMP vaincues sonneront la révolte contre ce gouvernement qu'elles aiment moyennement et qui les fait tomber. Les déceptions individuelles des uns et l'esprit revanchard des autres mettront la Présidence dans une situation délicate, attaquée sur deux fronts.
Si cette explosion a lieu, la démocratie aura mal, pendant longtemps.
Je suis déçu de ce jeu dangereux qui est pratiqué par nos élites politiques et intellectuelles, surtout à droite il faut bien le dire. La démocratie n'est pas un jeu. Les mots ont un sens, un poids. Les enjeux, aussi grands soient-ils, ne doivent pas faire oublier les règles simples du civisme et de la démocratie, et le futur proche qui attend la France. Qu'on déstabilise le régime, la Présidence, le gouvernement à coup de mensonges et de sophismes, ou qu'on conchie la gauche en la traitant des plus infamantes injures, c'est bas, c'est malsain et ce n'est pas responsable. C'est succomber aux passions, c'est tomber dans des dogmatismes, c'est couper la France en deux. France "une et indivisible" comme le dit notre vieille et sage Constitution.
Un peu de responsabilité et de sagesse.
Faisons l'apologie de la douce démocratie.
20:25 Publié dans Opinion, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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