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vendredi, 15 août 2008

New-York, ses quartiers, ses communautés

Au total, nous sommes restés 4 jours à New-York. 4 jours, c'est suffisant pour bien découvrir Manhattan, mais pas pour connaître New-York dans sa complexité.

Nous avons vu la Statue de la Liberté, par deux fois, depuis la mer : elle est grande, mythique. Il faut la voir bien qu'on se l'imagine facilement dans ce panorama, l'un des plus connus du monde.

East%20Coast%202008%20-%20561.jpg?imgmax=512Nous avons vu l'Empire State Building : il est impressionnant d'en bas lorsqu'on lève la tête pour en voir le sommet. Il l'est encore plus lorsqu'on est en haut, au 86 étage, à l'air libre, avec une vue à 360° sur Manhattan et les environs. Là-haut, on ressent vraiment la verticalité de Manhattan, on comprend qu'on est à New-York et pas ailleurs. On voit au Nord une petite forêt au milieu des immeubles, Central Park ; on devine, sur les routes, des centaines de taxis jaunes et on imagine du mouvement sur les trottoirs ; on remarque à travers la brume le pont de Brooklyn, pourtant si immense ; et on comprend la grandeur et la complexité de cette ville en regardant le décor dans son ensemble, avec ses différences de hauteur, de couleur, d'architecture, d'époque.

East%20Coast%202008%20-%20548.jpg?imgmax=512Nous avons vu Central Park : véritable jardin dans la ville, ce parc est très grand au point qu'on ne s'y sent pas dans la ville. Peu de nuisances et de pollutions. Seuls pour nous rappeller l'environnement urbain, les immeubles que l'on voit parfois à travers les feuillages ou dans le ciel. Central Park ressemble vraiment au poumon de Manhattan tant il est grand, vert et prisé des sportifs.

East%20Coast%202008%20-%20619.jpg?imgmax=512Nous avons vu le quartier des affaires et Ground Zero : Wall St et le New-York Stock Exchange sont des lieux symboles de la puissance financière. Hormis ce caractère, ils n'ont rien d'exceptionnel : on ne ressent pas grand chose en les voyant de l'extérieur. Il faut juste les voir pour toute l'influence qu'ils ont sur le monde. A quelques blocs, le niveau du sol perd sa linéarité pour laisser place au trou qu'on appelle "Ground Zéro" : plutôt "Ground moins 30 feet" en vérité. La zone est encore en travaux, rien n'a encore vraiment émergé de cet espace vide où s'acharnent grues et pelleteuses. Le projet d'un mémorial et de deux nouveaux tours de verre n'est pas prêt de voir le jour. Mais Ground Zero est chargé d'histoire et d'émotion que viennent toucher, ressentir, les nombreux touristes. Sur place, devant ce trou béant, on peine à imaginer comment les choses se sont déroulées dans ces rues-là le 11 Septembre au matin, où les gens ont couru pour se protéger, avec quelle force la poussière a brisé les vitres du quartier. On imagine juste du noir, des cris, des cadavres. On voit dans une petite rue un mémorial consacré aux pompiers qui sont morts ce jour-là. Et puis, juste devant le trou, de l'autre côté de la rue, une caserne de pompiers encore en activité. Sur le mur, on apprend que trois hommes de cette caserne sont morts ce matin-là.

Nous avons traversé les quartiers de l'île de Manhattan : on en compte une dizaine environ, dont Harlem, les Upper East and West Sides, Soho, Chelsea, Greenwich Village, Chinatown, Lower-Manhattan, etc. Ces quartiers sont souvent très différents de l'un à l'autre, avec à chacun leur propre architecture, leur époque, leurs couleurs dominantes, leur atmosphère, leur rythme, leur activité. Mais si ces quartiers sont différents, ils n'en sont pas pour autant fermés ou cloisonnés. Ainsi, le quartier des affaires ne compte pas que des financiers blancs et chrétiens : on y voit des noirs, des latinos, des asiatiques... Chinatown n'est pas non plus réservés qu'aux Chinois, qu'on croise d'ailleurs partout dans la ville, sauf peut-être dans l'Upper Manhattan.

Chacun de ces quartiers est une ville dans la ville. Cependant, traverser Manhattan, c'est voir des changements de densité et non de véritables frontières : Manhattan est un mélange humain où coexistent des gens de différentes origines, conditions, niveaux sociaux, souvent réunis par un âge assez jeune : rares sont les seniors à Manhattan. De plus, on voit peu de familles à New-York et finalement assez peu d'enfants. Ville de célibataires carriéristes, dit-on.

Si Manhattan est un melting-pot où toutes les communautés sont représentées, les autres secteurs de New-York semblent un peu plus segmentés : en effet, on croise peu, voire pas, de blancs dans le Queens, largement fréquenté par les latinos et les Asiatiques. De même au Nord de Manhattan à Harlem, la population est en grande majorité noire. Si l'on devait schématiser, on pourrait dire que le gros de Manhattan (son Sud et son middle) est très pluriel, diversifié, ouvert, tandis que les parties Nord et Est de New-York, avec Harlem, le Bronx, et le Queens semblent monopolisées par quelques communautés seulement.

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Commentaires

J’ai suivi avec attention ton périple étasunien. Au début de tes articles on sentait bien l’enthousiasme de la découverte puis, peu à peu, la réalité à rattrapée le rêve et tu t’es fait plus critique… Pour être franc, je me demandais quand est-ce-que tu allais nous faire part de tes réflexions profondes ! Il a fallut que tu arrive enfin à New-York pour voir la démesure. Dans l’architecture, bien sur, mais aussi dans la culture des inégalités. Une personne un tant soit peu humaniste ne peut fermer les yeux sur de telles choses.
Je pense qu’une ville comme New-York est l’exemple même des résultats d’une politique communautariste. Les gens vivant dans la même ville, mais pas ensemble… Gardons cela à l’esprit, alors que certains voudraient nous imposer cette vision de l’intégration…

Ecrit par : Gwendal | dimanche, 17 août 2008

@ Gwendal,
oui, je voulais réserver mes critiques pour le retour en France pour y réfléchir un peu plus.
Avant NY, je n'avais pas vu de franches frontières (de couleurs, de richesse) entre les quartiers de la plupart des villes que l'on avait visité. (A Washington par exemple, je connaissais les inégalités, mais je n'ai pu les rapporter ne les ayant pas clairement vues ; et à Boston, j'ai au contraire trouver la ville très diverse). Ce n'est qu'en traversant New-York d'est en ouest que j'ai pu voir ces frontières, comme le ferait un touriste prenant le RER de la banlieue au centre historique de Paris.

Sur la politique menée à New-York, je ne sais pas si elle était communautariste, mais les résultats sont là : de nombreux quartiers ressemblent à des ghettos à fortes concentrations ethniques. S'il y a un peu de mélange à Manhattan, il n'y en a presque pas au Nord et à l'Est, pour ce que j'en ai vu.
Pour moi comme pour toi apparemment, un tel constat m'empêche de voir en NY une ville magnifique. Elle est exceptionnelle sur certains aspects (les plus connus) mais tristement banale sur bien d'autres.

Zelittle

Ecrit par : Zelittle | dimanche, 17 août 2008

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