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dimanche, 24 août 2008
Trois choses qui m'énervent
Je tiens à préciser que, par ce billet, je me délivre d'une chaîne que Luc Mandret, après avoir été lui-même victime d'un bourreau socialiste lyonnais, a cru bon de serrer autour de mon blog. Je ne lui en veux pas, il n'est qu'une malheureuse victime ayant sauvé sa peau en me taggant.
1. M'énervent : les gens trop sûrs de leurs croyances. Je parle de ceux qui tiennent pour vrai, absolu, indubitable ce qu'ils pensent, ce en quoi ils croient, et qui considèrent donc leurs idées (particulières), leurs points de vue (subjectifs) comme des vérités générales et indubitables. Ces gens-là sont nombreux dans les médias, dans l'intelligentsia, dans le monde politique aussi, et on les appelle parfois les censeurs, ou les idéologues. Ils utilisent souvent des phrases affirmatives et catégoriques là où le sage préférerait le doute et l'interrogation. Beaucoup de noms pourraient être lâchés ici, mais je pense que votre seule imagination suffira.
2. M'énerve : la sensation de ne rien faire ou de ne pas savoir quoi faire, d'hésiter entre plusieurs activités. Exemple : il fait beau, je n'ai rien d'urgent à faire : j'hésite entre prendre un livre et sortir dans le jardin pour le lire, ou rester sur l'ordi à regarder un film, ou encore me consacrer à une tâche hautement utile à la communauté familiale... Et j'hésite, comme ça, tout l'après-midi, à ne pas savoir quoi faire et donc à perdre du temps à m'essayer durant cinq minutes à chacune de ces activités, toutes plus décevantes les unes que les autres.
3. M'énerve enfin : la lecture d'un journal papier. C'est certainement une question de génération, mais c'est aussi et surtout une question pratique : les journaux papiers sont trop larges, on les tient mal (et on a mal aux bras à force de les tenir en l'air), leurs pages flottent, se courbent, et au final, on a du mal à lire un article en entier sans avoir une crampe au bras ou une fatigue des yeux. Pour bien lire un journal papier, il faut être assis et avoir le joural sur une table devant soi : ça ne m'arrive quasiment jamais. Par contre, je ne trouve rien à redire à la lecture de livres ou de magazines, plus petits et plus lourds, qu'on tient mieux, à bonne distance, sans trop écarter les bras. Mais le luxe sûpreme de la lecture reste pour moi l'écran : ordinateur, pda, kindle, et bientôt même papier électronique, voilà le support idéal pour lire dans la longueur et sans forcer.
Voilà, ce blog est désormais délivré de sa chaîne. L'exercice ne fut pas désagréable, mais je préfère laisser cette chaîne mourir ici (elle renaîtra ailleurs très bientôt) plutôt que de la voir transmise à un blog qui n'en voudrait pas et dont le propriétaire pourrait me e-violenter.
PS : j'autorise les bloggeurs-masochistes à s'auto-tagger en mon nom si cet exercice leur procure du plaisir ;-)
18:41 Publié dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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Commentaires
mdr, je t'imagine bien hésiter tout l'aprés midi entre un bouquin et un film! En revanche j'ai énormément de mal à t'imaginer énervé...!
Ecrit par : D. | lundi, 25 août 2008
Oui, tu me connais, je m'énerve rarement, et ce caractère me plaît! Je n'aime pas les gens qui réagissent avant de réfléchir et qui s'emportent donc souvent.
Mais le point 1 peut vraiment n'énerver. Et disons que les points 2 et 3 m'agacent plus qu'ils ne m'énervent.
Ecrit par : Zelittle | lundi, 25 août 2008
Je crois que le point 1 énerve pas mal de monde de toute façon! Malheureusement il y'a beaucoup de gens qui restent ancrés dans des convictions absurdes même si on leur met sous le nez tous les arguments de la planète, peut être parce que c'est difficile de se remettre en question...pour ma part j'estime qu'une croyance peut être quelque chose de dangereux, dans n'importe quel domaine...
Ecrit par : D. | lundi, 25 août 2008
Ah oui et perso g trouvé encore plus énervant que les journaux format "carte routière"...la salade dans des bols o self ou o resto U...d'ailleurs je songe à mettre en place une pétition pour qu'enfin on arrête de nous prendre pour des cons en nous regardant essayer de mélanger notre truc pour qu'au final une grosse feuille pleine de sauce atterisse par terre (au mieux, parce que c'est souvent dans ces moments là que tu te rends compte de l'utilité de la serviette de table...)!
Ecrit par : D. | lundi, 25 août 2008
Quelle idée de prendre une salade quand on peu avoir un délicieux sandwich 30cm pour le même prix !
Sur les gens trop sûrs de leurs croyances, je pensais surtout aux gens très présents dans les médias et qui font de leurs idées personnelles des vérités indubitables.
Ex : un expert qui nous dit que les violences dans les banlieues sont le fait de bandes organisées d'islamistes vivant du trafic de drogue et de la vente d'armes. Ou encore le journaliste économique qui pose comme une vérité irréfutable l'idée que les 35h ont été un frein à la croissance.
Ecrit par : Zelittle | lundi, 25 août 2008
mdr, je ne suis pas d'accord, pour le prix d'un sandwich 30cm au resto U t'as un repas complet trés équilibré avec au choix: frites, riz ou pâtes!
Ecrit par : D. | mercredi, 27 août 2008
Je dois être probablement l'un des seuls de tes amis a lire avec une réelle attention ce que tu lis (tout cela "modestement", et tout ceux qui me connaissent connaissent mon sens de la modestie) et j'espere me tromper a vrai dire. Et c'est en cette qualité de lecteur que je me permet de réagir a cet article de la facon la plus franche que je puisse (et tout ceux qui me connaissent connaissent mon sens de la franchise).
Voilan je reste encore sur le cul (c'est le cas de le dire) devant un article comme celui ci (cela dit c'est encore un article de blog et non pas d'un journal). En fait je suis affligé par un style aussi grandiloquent pour des banalités aussi affligeantes (cette critique n'a rien de personnel bien sûr). Et je suis assez fier de connaitre quelqu'un qui soit capable d'écrire de cette façon parce que dans notre génération peu de personnes (et moi le premier) sont capables d'écrire des textes comme ça. Mais pourquoi une aussi belle écriture pour un contenu aussi creux.
Tes points 2 et 3 restent de l'ordre du billet d'humeur je peux le concevoir (meme si j'avais cru comprendre que ton blog tournait surtout autour de la politique alors pourquoi parler de l'ergonomie d'un journal papier?) mais ton point 1... Tu touche un sujet politique (dans le sens large du terme) intéressant et souvent débattu et en fait tu ne dis rien. Tu n'avance pas dans ta critique, tu ne cherche meme pas a trouver une explication et le seul exemple que tu donne est celui reprenant les argumentaires des experts de TF1 (voir France2) sur les banlieues. Finalement ce texte tient vraiment purement du billet d'humeur (aurais-je mal compris le message?): tu dis ce qui te passe par la tete. Et ce qui m'énerve (moi), c'est de voir qu'une personne aussi cultivée et intéressante que toi ne soit pas capable de nous sortir un vrai blog politique avec des avis et des reflexions personnelles qui sortent du commun.
Voila, c'était mon avis personnel sur le travail que tu fournis pour alimenter ce blog. N'hésite pas a me répondre ici j'essayerai de suivre l'évolution pour réagir si il le faut.
Ecrit par : Damien | dimanche, 31 août 2008
@ Damien,
Tout d'abord, merci pour ta réaction. Elle est directe, mais j'ai compris ce que tu reprochais à la tournure de ce blog (qui n'est en fait qu'un moment de légèreté).
Aussi, mais c'est un détail, tu n'es pas le seul ami à me lire, simplement, les autres ne réagissent pas ici.
Sur ce billet, tu as raison : c'est typiquement un billet d'humeur. Mais c'est bien souvent le principe d'une chaîne (c'est pour cette raison que j'aime peu les chaînes) : une réponse rapide, personnelle et crue, sans véritable ouverture sur un débat de fond : sur le point 1 (l'intelligentsia pseudo-omnisciente), j'aurais pu y consacrer un long billet, surtout après la lecture il y a quelques mois de "Le pouvoir intellectuel en France" de Régis Debray où il déconstruit le système médiatico-intellectuel. Mais, j'en avais déjà un peu parlé au début de ce blog, dans un billet (un peu simpliste je l'avoue) où je remarquais la déplorable unanimité des médias sur des sujets de fond où le débat est pourtant nécessaire : http://1-100-c.hautetfort.com/archive/2007/11/10/l-industrie-des-consciences.html
Alors oui, tu as raison, ce billet précis n'est pas un billet de fond détaillé, documenté, construit. Ce ne sont que quelques phrases, pas très profondes mais tout de même vraies. C'est, opinion personnelle bien sûr, un des rares billets "légers" que je publie ici.
Plus généralement à propos de ce blog, je ne veux pas en faire un blog purement politique, car beaucoup d'autres sujets m'intéressent (les médias et leur avenir, la littérature, la société, l'étranger...) et je pourrais vite tomber dans un discours d'idéologie pure, tout ce que je n'aime pas tant j'aime douter de mes convictions. Quand tu attends de moi un blog politique qui "sorte du commun", j'ai peur que tu attendes un blog de gauche "extrême", idéaliste, absolutiste même, mais déconnectée des plus grands principes d'économie et oubliant les travers, les défauts de tout "homme" (égoïsme, avarice et narcissisme notamment) qui limitent fortement les chances de réalisation d'une société idéale et égalitaire.
La politique m'énerve parfois, et m'indiffère de plus en plus : je suis déçu, par à peu près tout le monde politique. Je reste fidèle à une ligne (socialiste, progressiste, plutôt capitaliste, et plus alter-libérale qu'anti-libérale) mais je ne trouve personne aujourd'hui en France qui soit à la hauteur de mes espérances. C'est pour ça que je parle de moins en moins politique.
J'espère t'avoir répondu,
Ben.
Ecrit par : Zelittle | dimanche, 31 août 2008
Je sui completement satisfait par cette réponse et après avoir lu ton billet sur l'avenir du PS (malgré le fait que je soit loin d'etre d'accord avec toi), je vois que tu peux sortir des vrai avis et des analyses du comportement du parti qui sont interessante (surtout pour quelqu'un qui ne s'y interesse pas de près comme moi).
Cela dit, je vais réagir.
Tout d'abord pour assener encore et avec toujours autant de force le poing de la méprise sur cette table de débat. JE NE SUIS PAS NI COMMUNISTE, NI ANTI LIBÉRAL, NI ANTI CAPITALISTE NI EXTREMISTE. Il est vrai que je m'interesse plus en profondeur aux idées venant de l'extreme gauche mais ce n'est pas du à une migration de ma pensée (puisque j'ai longtemps soutenu le PS, jusqu'à une réelle rupture lors des dernieres élections) mais à une migration de la politique du PS. Si je veux me définir politiquement (et c'est marqué sur mon profil facebook) je dirais que je suis un socialo révolutionnaire. Et c'est là que réagissent sombrement les esprit incultes qui ne voient en le mot révolutionnaire qu'un appel aux pavé et les esprits cultivés qui ne voient ici qu'une aspiration à un communisme voir à une anarchie primaire.
Je vais donc éclaircir ici un point de vu qui est le mien: je suis révolutionnaire car je désir une révolution (c'est con quand meme...). Je désir une révolution sociétale comme en 68, je ne désire pas un mai 68 je désire les effets d'un mai 68. Pour moi, les relation dans les sociétés occidentales sont régies par un système que l'on pourrait imager par un élastique. Les relations se tendent, se tendent puis cassent et on prend un autre élastique. Mai 68 étaient une cassure et depuis on tend, on tend... et j'attend que ca casse. J'ai eu cru que l'arrivée de Sarkozy au pouvoir aurait pu provoquer cette rupture (le changement ^^) mais j'ai été bien deçu et je sais que la situation de crise ne favorise pas la révolution.
Voila pour le coté révolutionnaire.
Et maintenant je vais revenir sur le thème du socialisme que je défend. J'ai toujours été socialiste et je n'ai politiquement rien été d'autre depuis que je m'interesse a la politique. Mais alors pourquoi ne plus soutenir le PS? Hé bien c'est simple, parce que pour moi, le parti socialiste n'est plus socialiste. Il s'appele socialiste mais il n'est pas socialiste. Notamment parce qu'il ne propose pas un shéma sociétale à la hauteur du socialisme, parce qu'il croit toujours plus (et tu le dis dans ton billet sur le PS) au libéralisme et parce que malgré le fait qu'il soit de gauche et dans l'opposition, il ne parait pas être une formation réformiste. Je vais peut être attaquer de facon directe (encore une fois) mais pour moi ce n'est pas moi qui ne suis plus socialiste mais tout ceux qui croient encore au PS qui ne le sont plus (sans compter tout ceux qui votent utile PS). Le socialisme est une kyrielle de valeurs telles que l'humanisme, le partage, l'aide, la solidarité, la liberté et l'égalite/équité, etc. Ces valeurs je ne les retrouvent jamais, autant dans les discours des "tenors" du PS que dans leurs programme, que dans leurs campagnes. La machine politique a bouffé le nid de réforme qu'à été le PS pendant de nombreuses années. Sous l'impulsion du comportement du PS on s'achemine doucement vers un modèle américain de bipartisme sans le savoir (démocrate avec le PS et le MODEM ensemble et conservateur avec l'UMP, les diverses droite et un peu d'extreme). Le PS n'aurais jamais du jouer a ce jeu en proposant une alliance avec Bayrou aux elections et je ne peux pas considérer cette formation comme socialiste. Voila.
Tout ce que j'ai dis est probablement confu mais dans ma tete ca a toujours été clair et je suis pret a continuer ce débat ici.
Ecrit par : Damien | dimanche, 31 août 2008
La gauche est dans l'obligation d'ouvrir les yeux et de s'adapter : les réponses économiques de la gauche de la gauche ou du PS pré-1983 ne sont plus d'actualité. Le monde actuel n'est pas celui de nations recroquevillées sur elle-même : toutes les économies sont en interaction, tous les modèles sociaux sont en concurrence. Et cette situation n'est pas grave : elle est pleine d'opportunités. Je ne vois pas comment le socialisme historique que tu défends pourrait répondre avec efficacité à cette nouvelle donne.
Et puis, tu te dis socialiste mais tu envisageais encore récemment d'adhérer à un parti trotskiste... Pour moi, le PS a évolué, comme il le devait, vers une idéologie plus pragmatique. Le libéralisme, quand il s'agit de l'ouverture du commerce, n'est pas néfaste selon moi à une économie. Le libéralisme que les socialistes combattent est celui qui dérégule, qui casse le droit du travail, qui tire les salaires vers le bas. Jaurès ne luttait pas contre autre chose... Le PS ne lutte pas contre le libéralisme qui permet de vendre des avions performants à la Chine quand celle-ci nous vend de l'électroménager de qualité à bas prix : dans ce jeu-là, nous sommes, ou nous pouvons être, tous gagnants dès lors que nous nous adaptons.
Sur la tendance progressive qui nous conduira vers un échiquier politique à deux partis dominants, tu as peut-être raison. Mais il ne faut pas en accuser le PS. Si les autres partis de gauche sont faibles, ce n'est pas à cause du PS mais à cause de leur manque de crédibilité, fondé selon moi. J'aimerais croire en une gauche réunie des communistes au PS, mais je ne crois pas que la gauche de la gauche en soit capable puisqu'elle fait le choix de la révolution (qui devra être universelle pour réussir) au lieu du choix de la réforme par le jeu politique.
Enfin, sur la révolution et Mai 68 : si tu entends un changement sociétal en faveur d'une société plus solidaire, entre les diversités, entre les générations, je ne vois pas en quoi c'est incompatible avec les idées réformistes du PS. Le Mai 68 ouvrier non plus. Quand au Mai 68 étudiant de renversement des mœurs et de l'ordre patriarcal, je crois que le combat est déjà bien avancé.
Ecrit par : Zelittle | dimanche, 31 août 2008







