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mardi, 26 août 2008
The Obama Family Show
Lundi soir à Denver, c'était le lancement de la convention démocrate, qui a pour but d'officialiser la candidature de Barack Obama pour le parti démocrate. Elle se terminera jeudi, 45 ans jour pour jour après le fameux « I have a dream » de Martin Luther King, par un discours du candidat Obama devant 70 000 supporters.
Hier, pour la première soirée et alors que Barack Obama était en déplacement à Kansas City, une large place sur scène fut laissée à Michelle Obama, son épouse (20 minutes de discours à voir ici) , accompagnée par la suite de leurs deux filles, Sasha et Malia, 7 et 10 ans.
En France, rares sont les hommes politiques affichant à ce point leur famille en public, et notamment pendant les campagnes électorales. Même Nicolas Sarkozy, qui aimait pourtant montrer en public son ex-épouse Cécilia et leurs enfants, n'a jamais franchi le pas de lui donner le micro pour un discours.
Dans mes yeux de Français, cette mise en avant stratégique de la famille d'un candidat sonne comme du marketing politique : comme pour la vente d'un produit, un candidat doit être mis en valeur par son emballage (son physique, son style vestimentaire, sa famille).
C'est, je pense, ce que tente de faire l'équipe d'Obama : travailler l'image de Barack Obama pour en faire un « produit » politique attirant. Ce soir-là, Michelle Obama applique cette stratégie à merveille, avec un discours politique très lisse (affichage de son patriotisme, de ses valeurs, de son respect et de sa sympathie pour Hillary Clinton) et de longs moments plus personnels où elle en dit beaucoup sur elle et son couple (son enfance, la condition de ses parents, pourquoi elle croit en Barack, comment elle l'a rencontré, comment il lui a longtemps fait la cour avant qu'elle n'accepte). Barack prend ensuite la parole en duplex du Kansas : "Vous comprenez pourquoi je me suis tant accroché à elle", puis "Vous voulez bien un président tenace, non ?". La salle applaudit, comblée.
Les deux filles d'Obama sont aussi de la partie. Elles montent sur scène après la fin du discours de leur mère. La petite, Sasha, dit à son père qu'elle l'aime, avec derrière, en fond sonore, le « Isn't she lovely ?» de Stevie Wonder. Tout est orchestré, millimétré. Ce qui ne veut pas dire que tout est faux ou insincère. Simplement que tout est stratégique, longuement planifié, étudié par des spécialistes de l'émotion et du discours politique.
Cette comédie électoraliste, ce grand show familial m'énervent un peu, bien que j'en comprenne l'utilité. Pour moi, quand un candidat en vient à utiliser sa famille pour se donner une bonne image, un emballage beau, agréable et doux, on peut dire que la démocratie directe va mal. En utilisant sa famille à des fins électoralistes (une famille hereuse de participer, mais peu importe), Barack Obama nous montre ce que l'élection présidentielle de 2007 nous avait déjà montré, ce que probablement toutes les élections à suffrage directe nous montrent depuis 50 ans : les apparences, le subjectif, l'affectif, l'émotionnel sont politiquement plus forts que les idées.
Triste constat qui remet en question la légitimité et l'efficience de la démocratie directe, et qui m'amène à me demander : dans notre modèle de démocratie directe, qui est souverain ? Le peuple par sa raison ou le peuple par son affect ?
PS : pour suivre la campagne, je vous conseille ce blog de Libération que je viens de découvrir.
crédits photos : demconvention (Flickr)
23:08 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : barack obama, famille obama, marketing politique, démocratie
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Commentaires
J’aime assez ton questionnement sur l’'efficience de la démocratie directe, et son corollaire : la souveraineté du peuple est-elle liée à sa supposée raison… Il est sain de se poser ce genre de question de temps en temps. On le sait, la raison de l’Etat prime toujours sur celle du peuple. De même, on sait également que le peuple peut se fourvoyer et choisir une voie qui est mauvaise selon nos critères actuels… Ca pose pas mal de question, quand même ! Les USA sont passés maitres dans l’art de promouvoir les prétendants au poste suprême en jouant sur la note affective et personnelle. C’est pour cela que je considère le choix de Palin comme vice-présidente, comme un choix des plus stratégique. La rombière clintonienne moyenne va se précipiter dans les bras des républicains pour la simple raison que McCain a choisit une femme, par exemple.
En France, si l’on regarde les dernières élections, nous nous approchons dangereusement de ce mode de fonctionnement. Du moins, les politiques font tout pour que nous y parvenions… Car l’image transmise se contrôle beaucoup plus facilement que les convictions.
Ecrit par : Gwendal | samedi, 30 août 2008







