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mercredi, 25 février 2009

Cent ans de solitude, de Gabriel Garcia Marquez

Retour à la littérature avec un billet sur Gabriel Garcia Marquez et Cent ans de solitude, un roman très profond qui nous fait suivre le quotidien d'un village imaginaire d'Amérique du Sud, sur plusieurs générations.

Difficile, pour celui que la littérature intéresse, de passer outre l'œuvre de Gabriel Garcia Marquez, tant l'auteur colombien a apporté à cet art en mêlant le fantastique, le magique, à la réalité. Si, en plus de cela, on s'intéresse à l'Amérique du Sud, Gabriel Garcia Marquez devient alors incontournable puisqu'il est l'un des meilleurs chroniqueurs de ce continent, de ses peuples et ses cultures.

Gabriel Garcia Marquez (né en Colombie en 1927) poursuit tout d'abord des études de droit et de journalisme, puis devient correspondant en Europe du journal El Espectador. Il découvrira à cette époque de nombreuses villes d'Europe parmi lesquelles Paris, Rome, Londres ou Barcelone. Puis il revient en Colombie et, quelques années après ce retour (1964-1965), entame de nombreux voyages dans la région qui l'a vu naître, autour de Aracataca en Colombie, afin de comprendre l'histoire de ses aïeux. Cette histoire familiale, qu'il découvre riche et mouvementée, est une forte source d'inspiration pour son grand roman, Cent ans de solitude, qu'il débute en 1965 (publié en 1967). Ce livre rencontre alors un immense succès, puisqu'il se vend à 36 millions d'exemplaires dans le monde, et qu'il lui vaut (au moins en partie) le prix Nobel de littérature en 1982.

Cent ans de solitude, une oeuvre mythique

Ce roman de 460 pages raconte l'histoire longue et complexe d'une famille, les Buendia, et du village qu'elle a fondé, Macondo. Cette histoire s'étale sur une longue période de six générations, allant de la fondation à la disparition de Macondo et du dernier représentant des Buendia. Elle mêle de nombreux évènements réels et mystiques tels que des guerres, des révolutions, des révoltes d'ouvriers, des épidémies, des catastrophes naturelles, auxquels sont confrontés les personnages.

Cette famille Buendia se compose d'individualités exceptionnelles parmi lesquelles José Arcadio Buendia (le fondateur de Macondo, le personnage central, tout en haut de la généalogie), sa femme Ursula (mère de famille très présente, qui vivra près de 120 ans), le colonel Aureliano Buendia (l'un de leurs fils, qui mènera de nombreuses révolutions dans tout le continent), et de nombreux autres  personnages puisque le roman suit en détail la vie d'environ vingt membres de la famille.

Le livre prend une dimension particulière du fait que ce réel est façonné, voire même gouverné, par une force de l'histoire magique, mystique, vue et écrite des années auparavant par un vieux gitan aux connaissances encyclopédiques nommé Melquiades, ami de José Arcadio Buendia.


Le roman tire une puissance et une profondeur exceptionnelles de ce mélange d'élements réels à un paradigme fantastique. Au final, cette oeuvre passe du statut de roman à quelque chose de plus fort et ésotérique, un mythe. Celui-ci ne raconte plus seulement l'histoire d'une famille et d'un village, mais plus globalement celle d'un peuple et de son continent. Ainsi, outre la proximité philosophique entre Marquez et l'extrême-gauche sud-américaine (et notamment Castro), on peut sûrement rapproché Cent ans de solitude de l'aventure révolutionnaire de Che Guevara, elle aussi passée du réel, du particulier au mythique.

Lectrure très conseillée, à condition d'avoir du temps et l'envie de voyager très loin.

dimanche, 15 février 2009

S'opposer à la communication de Sarkozy

J'ai très peu d'intérêt pour la communication politique, et pas beaucoup pour la stratégie politique. Mais faisons-en un peu, au service des idées.

Chaque annonce présidentielle nous le confirme, Nicolas Sarkozy incarne à merveille la victoire de la communication sur la politique, du  sophisme sur le débat d'idées, du prêt-à-penser sur la compréhension du réel. Mensonges, manipulations, caricatures sont ses outils de communicant privilégiés pour convaincre depuis plusieurs années et, comme à son habitude, il en a usé et abusé lors de sa grande interview télévisée consacrée à la crise. Si les exemples vous manquent, en voici quelques uns : la nomination du Président de France Télévision, qui ne doit pas être approuvée par les 3/5ème des députés comme annoncé mais qui peut seulement être bloquée par les 3/5ème (ce qui exclut un barrage de la gauche) ; la baisse de la TVA qui, contrairement à ce qui a été dit, a permis une réelle et rapide relance de la consommation au Royaume-Uni ; l'incroyable mauvaise foie sur l'affaire du Préfet muté ; la quasi-injure envers Le NouvelObs, un an après l'affaire du sms, pour ne pas répondre à une question ; etc. Nicolas Sarkozy s'inscrit ainsi parfaitement dans l'héritage chiraquien (SuperMenteur) de déni de la réalité et de la vérité.

Mais contrairement à Chirac, Sarkozy a entraîné toute la classe politique, tous les grands partis, sur le terrain de la communication, de la bataille rhétorique plutôt que de la confrontation d'idées et de projets, et il a vaincu. En effet, que nous proposent le PS, le MoDem, le NPA, les trois seules forces politiques capables de s'opposer publiquement au gouvernement ? Beaucoup de réponses toutes faites, de réflexes politiciens, d'effets d'annonce, et peu de contre-projets profonds, construits, capables de montrer qu'une alternative est prête et qu'on pourra lui faire confiance en 2012. Car c'est ce qui est en jeu.

Olivier Besancenot martelle son discours anti-capitaliste déconnecté du réel en espérant rassembler les déçus de tout bord (vive le projet!) et si les médias aiment ce radicalisme, il n'apporte pas beaucoup au débat ; les socialistes sans direction bien établie, tiraillé entre le NPA et le MoDem, s'opposent sans rien incarner sinon des perdants ; Ségolène Royal, constante dans son incohérence, écrit des livres d'insulte (la Fra-ter-ni-té tant chantée n'entre plus dans son plan de com' visiblement) et balance des petites flèches contre Sarkozy ; le MoDem ne profite guère de l'échec des socialistes à incarner les premiers opposants, et ne propose à peu près rien sinon des listes décevantes, médiatiques plus que renouvelées, aux Européennes.

L'opposition institutionnelle, classique, échoue donc -contrairement aux syndicats et à l'opposition sur le net, dans les blogs- probablement parce qu'elle manque de visibilité (1/3 du temps de parole pour le gouvernement, 1/3 pour l'UMP, 1/3 seulement pour tout ce qui reste) et de message fort et clair. Cependant, le contre-plan de relance du PS, certainement imparfait, est un des premiers projets de fond, avec des contre-propositions claires et applicables, proposés par les socialistes depuis 2007 et qui a eu une certaine résonance médiatique.

Il faudrait certainement beaucoup d'initiatives de ce genre, traitant des points précis (fiscalité, emploi, logement, éducation, etc.), pour former à terme une alternative politique visible et cohérente, un programme et des idées capables de convaincre en 2012. Car la seule opposition stérile, l'anti-sarkozysme brut, qui vise à dire aux déçus du sarkozysme ce qu'ils veulent entendre (à ce jeu, Hamon tient un discours souvent caricatural proche de Besancenot) ne leur donnera probablement pas de raisons suffisantes de voter l'alternance : la communication peut être utile -elle a même fait gagner Sarkozy- mais le PS ne doit pas s'en contenter car ce parti a l'avantage d'avoir des idées, beaucoup de gens compétents, et du temps devant lui : tout ce que n'a pas l'UMP ?

mardi, 10 février 2009

L'Iran, 30 ans après la révolution

Ces jours-ci, l'Iran fait l'actualité dans le monde entier, non à cause de son programme nucléaire  civile et de la menace qu'il représente, mais pour pour le 30ème anniversaire de sa révolution islamique. Une bonne façon de voir ce grand pays, cette culture et son histoire, d'une manière différente, et de s'intéresser un peu plus à sa société et aux mouvements qui l'animent.

The Economist vient notamment de publier un article sur les jeunes de ce pays qui représentent près de 60% de la population : ils n'ont pas connu le régime du Shah, ne connaissent que la politique islamique inspirée par Khomeiny et ne sont pas de grands supporters d'Ahmadinejad, qui ne leur offre ni emploi ni droits supplémentaires. Bien qu'attachés à la religion et aux coutumes nationales, les jeunes sont majoritaires à vouloir plus de libertés (notamment la liberté d'expression : l'Iran est le 3ème pays en nombre de blogueurs ; la liberté de se montrer en couple en public, etc.) et de laïcité dans l'espace public.

Jean Glavany, quant à lui, est allé en Iran et dans bien d'autres pays de la région en tant que député pour tenter de s'informer sur le conflit Afghan et les moyens d'en sortir au mieux. Il raconte ce qu'il a vu et ressenti dans Bakchich. Il a pu observer que la société iranienne était bien moins radicale dans son islamisme qu'on ne le pense de l'extérieur, qu'aucune femme ne porte par exemple le fouloir intégral ; que le pays est en fait développé, avec des autoroutes et des  aéroports tout neufs ; qu'il n'y a pas de mendiant dans le rue. Le témoignage du député socialiste est très intéressant car il nous donne une image du pays tout à fait différente de ce qu'on entend dans les médias, d'une république autoritaire, très stricte et dont le peuple serait étouffé.

Enfin dans l'actualité, on observe qu'après la main tendue de Barack Obama au dialogue avec Téhéran, Ahmadinejad a répondu favorablement au Président américain lors d'une cérémonie officielle, expliquant qu'il était prêt au dialogue avec les Etats-Unis "dans un climat d'égalité et de respect mutuel". La méthode Obama est quand même très différente du "Bomb Bomb Iran" proposé par McCain durant la campagne, et il semblerait qu'elle porte déjà ses fruits.

mercredi, 04 février 2009

Les liens du midi

Quelques liens suivis de commentaires rapides, le temps me manquant pour publier quelque chose de consistant sur chaque sujet.

» A propos du mouvement de grève dans les Universités : outre le mouvement social massif du 29 janvier, la France est agitée par une grève très largement suivie dans les Universités. Les enseignants-chercheurs sont en première ligne puisque Valérie Pécresse a pour projet de réformer leurs statuts afin que les chercheurs qui produisent peu (pas assez de travaux de recherche, dans des revues pas assez bien cotées : évaluation quantitative assez injuste) soient obligés de faire plus de cours. Idée de fond : l'enseignement serait une sanction et une variable d'ajustement entre "bons" et "mauvais" profs. Conséquence attendue : incitation à délaisser l'enseignement et les taches administratives pour la recherche.

» Kouchner dans la tourmente : l'homme politique préféré des Français aurait gagné beaucoup d'argent (même depuis qu'il est ministre) en faisant du consulting pour des chefs d'Etats africains tels Omar Bongo. C'est une des accusations portées par l'enquêteur Pierre Péan dans son dernier livre. C'est une affaire de plus concernant le couple Kouchner-Ockrent, et ça commence à faire beaucoup.

» Travailler au CSA, ça rapporte : ça reste à vérifier, mais selon Le Point les nouveaux nommés au CSA (Françoise Laborde, Christine Kelly et Emmanuel Gabla) seraient payés 8000 euros par mois pendant 7 ans pour leur nouvelle mission. Pour ce prix-là, ils peuvent remercier les responsables politiques qui les ont nommés, et dire merci aussi au contribuable.

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