« William Faulkner raconte la vie | Page d'accueil | En attendant quelque chose, avec Samuel Beckett »
jeudi, 19 mars 2009
L'attitude du gouvernement est-elle tenable?
Retour de la politique sur ce blog pour cette journée nationale de mobilisation. Si les revendications des manifestants ne sont pas toujours très claires, le gouvernement doit au moins entendre un message : en cette période, les symboles sont importants et ne pas intervenir décrédibiliserait le pouvoir.
Nicolas Sarkozy entretient un étrange rapport à l'opinion : il s'intéresse à ce que pensent les français de lui, soigne son image et réagit avec vigueur au moindre évènement (notamment les faits divers). Mais d'un autre côté, il ne tient jamais compte des critiques, même lorsqu'elles réunissent beaucoup d'opposants : c'est notamment le cas sur la réforme de l'université, les suppressions de poste dans la fonction publique, le maintien du bouclier fiscal, etc.
Cette attitude (on peut y voir une politique de l'autruche, du mépris, un rejet de toute critique) n'est certainement pas la bonne, ni la plus saine pour la démocratie, puisque les arguments divergents ne sont pas pris en compte par le pouvoir en vue d'une amélioration de la politique menée. Le pouvoir ne s'exerce pas de façon isolée et Sarkozy en est conscient puisqu'il a souvent dit dans la campagne qu'il ne voulait pas être un Président enfermé dans une tour d'ivoire : il doit donc changer son attitude, non seulement parce qu'elle n'est pas efficace (voyez le mécontentement général) mais aussi parce qu'elle est mauvaise par principe.
Parmi les messages que Sarkozy doit écouter aujourd'hui, il y a certainement le sentiment que tout le monde ne subit pas la crise de la même façon, et que certains s'en sortent mieux que d'autres. En effet, comment ne pas être choqué par les annonces de distributions de bonus et de stock-options pour les grands patrons (dont les entreprises, comme la Société Générale par exemple, ont été aidées par l'Etat donc par le contribuable) dans un contexte de forte hausse du chômage ? Laurence Parisot a beau expliquer que les bonus sont votés par les conseils d'administration, le gouvernement ne peut laisser passer de tels symboles et l'activisme qu'on connait au Président devrait pouvoir surmonter ces obstacles formels.
Viennent s'ajouter à l'indignation les gros chèques du fisc reçus par des centaines de ménages au titre du bouclier fiscal (environ 350 000 euros en moyenne pour les 800 contribuables les plus riches, soit 65% du coût total du bouclier fiscal pour 6% des bénéficiaires). Nicolas Sarkozy répond à cette polémique en expliquant qu'il n'a pas été élu pour augmenter les impôts, argument qui paraît bien faible vu tout ce qu'il fait depuis deux ans et qui n'était pas dans son programme. La position du gouvernement sur le bouclier fiscal paraît de moins en moins évidente à défendre, surtout depuis que Barack Obama a décidé de limiter les salaires des patrons américains et d'augmenter les impôts des plus riches l'année prochaine (de 35% à 40% pour la dernière tranche de l'impôt sur le revenu).
Pour l'instant, le gouvernement ne bouge pas et assure qu'il ne lâchera rien. Mais cette attitude paraît plus idéologique que pragmatique. Dans une période aussi difficile, le pouvoir doit faire attention à la puissance des symboles. Obama et le Congrès américain l'ont compris en réagissant fermement contre les bonus à AIG. Nicolas Sarkozy serait bien inspiré de suivre l'exemple américain.
Cette attitude (on peut y voir une politique de l'autruche, du mépris, un rejet de toute critique) n'est certainement pas la bonne, ni la plus saine pour la démocratie, puisque les arguments divergents ne sont pas pris en compte par le pouvoir en vue d'une amélioration de la politique menée. Le pouvoir ne s'exerce pas de façon isolée et Sarkozy en est conscient puisqu'il a souvent dit dans la campagne qu'il ne voulait pas être un Président enfermé dans une tour d'ivoire : il doit donc changer son attitude, non seulement parce qu'elle n'est pas efficace (voyez le mécontentement général) mais aussi parce qu'elle est mauvaise par principe.
Parmi les messages que Sarkozy doit écouter aujourd'hui, il y a certainement le sentiment que tout le monde ne subit pas la crise de la même façon, et que certains s'en sortent mieux que d'autres. En effet, comment ne pas être choqué par les annonces de distributions de bonus et de stock-options pour les grands patrons (dont les entreprises, comme la Société Générale par exemple, ont été aidées par l'Etat donc par le contribuable) dans un contexte de forte hausse du chômage ? Laurence Parisot a beau expliquer que les bonus sont votés par les conseils d'administration, le gouvernement ne peut laisser passer de tels symboles et l'activisme qu'on connait au Président devrait pouvoir surmonter ces obstacles formels.
Viennent s'ajouter à l'indignation les gros chèques du fisc reçus par des centaines de ménages au titre du bouclier fiscal (environ 350 000 euros en moyenne pour les 800 contribuables les plus riches, soit 65% du coût total du bouclier fiscal pour 6% des bénéficiaires). Nicolas Sarkozy répond à cette polémique en expliquant qu'il n'a pas été élu pour augmenter les impôts, argument qui paraît bien faible vu tout ce qu'il fait depuis deux ans et qui n'était pas dans son programme. La position du gouvernement sur le bouclier fiscal paraît de moins en moins évidente à défendre, surtout depuis que Barack Obama a décidé de limiter les salaires des patrons américains et d'augmenter les impôts des plus riches l'année prochaine (de 35% à 40% pour la dernière tranche de l'impôt sur le revenu).
Pour l'instant, le gouvernement ne bouge pas et assure qu'il ne lâchera rien. Mais cette attitude paraît plus idéologique que pragmatique. Dans une période aussi difficile, le pouvoir doit faire attention à la puissance des symboles. Obama et le Congrès américain l'ont compris en réagissant fermement contre les bonus à AIG. Nicolas Sarkozy serait bien inspiré de suivre l'exemple américain.
PS : ce jeudi, l'Assemblée nationale (représentée par 134 députés seulement) a refusé de revenir sur le bouclier fiscal comme le proposait un amendement déposé par l'UMP Couanau, et soutenu par l'ensemble de la gauche, le MoDem et quelques UMP comme le villepiniste François Goulard.

15:02 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://1-100-c.hautetfort.com/trackback/2104416









