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lundi, 06 avril 2009
Le G20, vraiment historique ?
Tous les grands médias, en France et à l'étranger, de droite et de gauche, ont décrit le G20 comme un sommet historique ayant débouché sur de vrais engagements, de nouvelles règles et même un nouvel ordre économique mondial. Dans cette présentation enthousiaste, tout n'est pas faux. En effet, il est rare que des sommets internationaux aboutissent à des mesures aussi importantes, notamment parce qu'ils regroupent de nombreux pays aux intérêts divergents voire opposés. Or ce qu'on trouve dans le communiqué officiel du G20 n'est pas rien, loin de là.
Tripler les moyens du FMI pour aider les Etats qui en ont besoin ? Ce n'était pas gagné d'avance et ça sera certainement utile à de nombreux pays en grande difficulté pour se financer, au point que Paul Krugman s'étonne et apprécie. Lutter un peu plus activement contre les paradis fiscaux ? Ca ne peut pas faire de mal, même si ce système de listes (blanche, grise, noire) et de sanctions oublie beaucoup de paradis fiscaux (les plus puissants en fait) et ne sera probablement pas efficace. Réglementer les bonus des traders ? Si ces règles les incitent à prendre un peu moins de risques inconsidérés et à ne recevoir que quand ils gagnent, d'accord. Enregistrer les hedge funds ? Pourquoi pas, mais enfin, les hedge funds ne sont pas des clandestins des marchés financiers et le rôle de perturbateur qu'on leur prête souvent n'est finalement pas évident. N'oublions pas que, dans cette crise, ce sont des géants de la finance qui ont sombré (Lehman, Fannie, Freddie, AIG, etc.) et beaucoup moins les petits hedge funds.
En réalité, si le G20 marque des avancées incontestables, cela reste très insuffisant pour une raison simple : rien de ce qui a été décidé à Londres n'empêchera qu'une nouvelle grave crise financière ne se repète dans quelques années et ne contamine à nouveau l'économie réelle. Or, c'est bien le plus insupportable dans la récession actuelle : elle vient de la sphère financière et non de la sphère réelle ; pour caricaturer, elle vient de Wall-Street et impacte toutes les économies du monde, y compris les plus pauvres. C'est à ce niveau-là que le G20 est un échec : après Londres, les marchés financiers seront toujours aussi imparfaits avec autant d'aléa moral (aussi bien au niveau des géants too big to fail qu'à l'intérieur même des banques), autant d'asymétrie d'information, autant de titrisation et donc de dilution dangereuse des risques, bref, autant de facteurs d'instabilité qu'auparavant.
Finalement, le G20 s'est bien plus intéressé à l'aval de la crise (comment sauver ce qui peut encore l'être ?) avec un vaste plan coordonné et de nouvelles marges de manoeuvre pour l'aide aux pays en difficulté. L'amont de la crise (comment l'éviter ?) n'a pas été suffisamment traité, et les quelques mesures sur les hedges funds, les paradis fiscaux ou la rémunération des traders n'y changeront rien : une nouvelle grave crise financière éclatera tôt ou tard et touchera avec la même violence l'économie réelle. Reste à savoir quand.
Pour compléter, vouspouvez devez lire les avis de blogueurs plus compétents :
Tripler les moyens du FMI pour aider les Etats qui en ont besoin ? Ce n'était pas gagné d'avance et ça sera certainement utile à de nombreux pays en grande difficulté pour se financer, au point que Paul Krugman s'étonne et apprécie. Lutter un peu plus activement contre les paradis fiscaux ? Ca ne peut pas faire de mal, même si ce système de listes (blanche, grise, noire) et de sanctions oublie beaucoup de paradis fiscaux (les plus puissants en fait) et ne sera probablement pas efficace. Réglementer les bonus des traders ? Si ces règles les incitent à prendre un peu moins de risques inconsidérés et à ne recevoir que quand ils gagnent, d'accord. Enregistrer les hedge funds ? Pourquoi pas, mais enfin, les hedge funds ne sont pas des clandestins des marchés financiers et le rôle de perturbateur qu'on leur prête souvent n'est finalement pas évident. N'oublions pas que, dans cette crise, ce sont des géants de la finance qui ont sombré (Lehman, Fannie, Freddie, AIG, etc.) et beaucoup moins les petits hedge funds.
En réalité, si le G20 marque des avancées incontestables, cela reste très insuffisant pour une raison simple : rien de ce qui a été décidé à Londres n'empêchera qu'une nouvelle grave crise financière ne se repète dans quelques années et ne contamine à nouveau l'économie réelle. Or, c'est bien le plus insupportable dans la récession actuelle : elle vient de la sphère financière et non de la sphère réelle ; pour caricaturer, elle vient de Wall-Street et impacte toutes les économies du monde, y compris les plus pauvres. C'est à ce niveau-là que le G20 est un échec : après Londres, les marchés financiers seront toujours aussi imparfaits avec autant d'aléa moral (aussi bien au niveau des géants too big to fail qu'à l'intérieur même des banques), autant d'asymétrie d'information, autant de titrisation et donc de dilution dangereuse des risques, bref, autant de facteurs d'instabilité qu'auparavant.
Finalement, le G20 s'est bien plus intéressé à l'aval de la crise (comment sauver ce qui peut encore l'être ?) avec un vaste plan coordonné et de nouvelles marges de manoeuvre pour l'aide aux pays en difficulté. L'amont de la crise (comment l'éviter ?) n'a pas été suffisamment traité, et les quelques mesures sur les hedges funds, les paradis fiscaux ou la rémunération des traders n'y changeront rien : une nouvelle grave crise financière éclatera tôt ou tard et touchera avec la même violence l'économie réelle. Reste à savoir quand.
Pour compléter, vous
- L'américain Dani Rodrik pour qui le verre est à moitié plein
- Le doctorant C.H. qui a un avis contrasté
- Jacques Attali pour qui rien ne change fondamentalement

15:50 Publié dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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