mardi, 30 juin 2009

La politique ? ça nourrit.

Billet assez inutile sur la médiocrité du monde politique. La seule façon de changer le système, c'est de voter, avec sa tête.

Généralement, les hommes politiques disent faire de la politique pour faire bouger les choses, améliorer le sort du plus grand nombre, servir l'intérêt général. Mais la politique est aussi un immense marché attirant des opportunistes à la recherche d'un poste, d'un pouvoir, d'une visibilité médiatique... Ceux-là n'ont que peu de convictions, ne s'intéressent guère à la justesse de leurs idées, mais sont simplement dans la perpétuelle maximisation de leur utilité personnelle : comment gagner plus ? comment obtenir plus de pouvoir ? comment devenir plus populaire ? ou comment résister le mieux possible ? La meilleure stratégie de l'opportuniste , du carriériste, du politicien, est probablement d'agir en douce, dans les coulisses, sans que cela ne se voit trop. Mais quand ça se voit, ça fait tâche. Exemples :

-Rachida Dati : depuis plusieurs décennies, elle consacre sa vie à infiltrer des réseaux, à tisser des liens, pour monter dans la sphère politique (elle ne s'en cache pas, elle en est fière). Avec Nicolas Sarkozy, elle a atteint des sommets avec le ministère de la Justice, les couvertures de magazine, les paillettes. Elle a profité de cette popularité pour prendre la mairie du très-UMP VIIème arrondissement de Paris. Et puis, elle est devenue députée européenne, c'est toujours ça de pris. Seulement, ces deux postes qui demandent chacun beaucoup de temps et d'investissement personnel (et qui rapportent aussi beaucoup) ne lui suffisent pas, elle veut plus. Elle rejoindra donc bientôt un cabinet d'avocats américain (info Les Echos). On se demande bien comment elle pourra, techniquement, remplir toutes ses fonctions (sans même parler de sa compétence, qu'on peut questionner) mais elle devrait pouvoir continuer à s'habiller chic.

-Christine Boutin : après sa sortie surprise du gouvernement, elle en veut à Fillon et ne semble pas prête à pardonner : en effet, elle aurait été "jetée de façon inhumaine" -la bêtise de cette déclaration parait proportionnelle à sa déception. Le Figaro explique que Christine Boutin a reçu "un certain nombre de propositions intéressantes" de la part de Claude Guéant, mais qu'elle voudrait en fait obtenir le poste d'ambassadeur au Vatican, auprès de ses amis catholiques, alors qu'un nouvel ambassadeur vient juste d'être nommé. Si elle n'obtenait pas ce qu'elle désire, elle menace de devenir une députée rebelle en reprenant son poste à son suppléant.

-Roger Karoutchi : l'ancien secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement sera bientôt ambassadeur de la France auprès de l'OCDE, à Paris. Ainsi, il pourra toujours occuper son poste de maire-adjoint dans une ville des Hauts-de-Seine et de président du groupe UMP au Conseil régional d'Ile-de-France, mais devra abandonner son siège de sénateur. Apparemment, le gouvernement lui réservait une place au soleil (une ambassade au Maghreb) mais Roger voulait rester en métropole pour conserver ses autres postes. Une autre option était de rester au Sénat et de ravir la présidence du groupe UMP au Sénat, mais ce n'était pas gagné d'avance. Roger Karoutchi a donc fait le choix de la sagesse en acceptant l'OCDE. Comme on le comprend.

-Christine Albanel : alors qu'elle aurait pu prendre la place de Frédéric Mitterrand à la Villa Médicis à Rome, Albanel semble plutôt se diriger vers les locaux d'Arte, où elle deviendrait Présidente de la chaîne. Jérôme Clément, qui occupe actuellement le poste et dont le contrat vaut encore pour deux ans, pourrait se voir offrir une jolie promotion par le gouvernement pour laisser sa place à l'ancienne ministre de la Culture, vaincue à plate couture dans la bataille d'Hadopi.

Quatre ministres remaniés. Quatre carrières qui changent légèrement de direction, avant de revenir sur le devant de la scène. Quatre pions d'un jeu de chaises musicales. Quatre licenciés qui ne passeront pas par la case chômage. Quatre privilégiés vivant d'un système pourri.

samedi, 25 avril 2009

Des revenus inégalement répartis

L'économiste français Emmanuel Saez, professeur à l'université de Berkeley, vient de se voir attribuer la prestigieuse John Bates Clark Medal qui récompense (chaque année désormais) l'économiste de moins de 40 ans ayant apporté la contribution la plus significative à la science économique. Ses travaux, qui ont beaucoup porté sur la distribution des revenus dans le temps (en collaboration avec Thomas Piketty) et le taux d'imposition optimal (plus d'infos sur ses apports disponibles dans ce pdf), représentent aujourd'hui des matériaux importants pour la compréhension des inégalités dans le monde (Paul Krugman avoue s'en servir beaucoup). Pour voir le genre d'informations/commentaires qu'on peut tirer des travaux de Saez sur les revenus, reportez-vous par exemple à ce billet des Econoclastes.

Je ne connais pas assez ses travaux pour en faire un résumé complet. Cependant, un des points particulièrement intéressants de ses recherches porte sur un sujet qui m'intéresse : les inégalités de revenu, ou l'inégale répartition des richesses. Ci-dessous, quelques graphes et tableaux intéressants, issus des travaux de Saez et Piketty (2003), Piketty et Landais, et du rapport mondial sur le développement humain du PNUD (2005). (cliquez sur les images pour agrandir)

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Lecture : En 2000, les 0,1% d'Américains les plus riches captent plus de 7% des revenus totaux des Etats-Unis, contre environ 2% des années 1950 à la fin des années 1970.

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Lecture : En France et au Japon, environ 2% des revenus sont captés par les 0,1% les plus riches, part quasi-constante depuis 1945.

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Lecture : en 2000 aux Etats-Unis, la moitié de la richesse nationale est captée par les 10% les plus riches, contre environ un tiers des années 1940 à la fin des années 1970.

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Lecture : En France en 2004, 33% des revenus sont captés par les 10% les plus riches.

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Lecture : les revenus de la Suède sont relativement bien repartis dans la population (coefficient de Gini faible) tandis qu'ils sont très inégalement répartis en Afrique subsaharienne (coefficient de Gini très fort).

De quoi donner envie aux amoureux de l'égalité de s'expatrier en Suède.

(Note : un coefficient de Gini de 0 implique que la droite de distribution des revenus suit parfaitement la droite de distribution parfaite (10% de la population capte 10% des revenus ; 20% de la population capte 20% des revenus ; etc.) tandis qu'un coefficient de Gini de 1 implique que tous les revenus sont captés par une infime partie de la population.)

mercredi, 30 janvier 2008

Moral à zéro, suicide à gogo

Moral dans les chaussettes 

C'est l'Insee qui nous annonce la tragique nouvelle : notre moral, à nous les Français, est au plus bas. On atteint un triste record depuis 1987 : -34 points.

Hormis peut-être Baudelaire qui a écrit des tonnes sur son spleen et son mal-être, cette nouvelle ne ravit personne et surtout pas nos économistes (pour preuve, cet article du Monde) car ils savent bien que le moral des ménages a un impact direct sur la consommation de ceux-ci. Et un moral dans les chaussettes, c'est moins de consommation et moins de prise d'initiative, donc moins de croissance. 

La faute à qui ? 

Là, on a l'embarras du choix et chacun a son avis. Sont mis en cause : la morosité économique, la crise financière, l'inflation, la baisse du pouvoir d'achat, le réchauffement climatique, l'hiver, le mauvais temps, la grippe, la sortie du nouvel Astérix et Obélix, Nicolas Sarkozy, Carla Bruni, François Fillon, les 35H, les heures sup', l'Iran, les étrangers, les SDF, les malades... bref, tout.

Personnellement, je pense que si le moral des français est si bas, c'est en partie parce qu'est au pouvoir un homme qui décoit et qui nous prouve chaque jour qu'il ne peut rien, qu'il ne résoudra rien, qu'il n'améliorera rien, alors même que son programme était basé sur la bonne vanne suivante : "Ensemble, tout est possible". Pour preuve, le moral des Français et la popularité de Nicolas baissent parallèlement.

Le plus grave : le moral des jeunes 

Eh oui, n'en déplaise aux anciens, l'avenir, c'est la jeunesse. Et les jeunes français ne vont pas bien, si l'on en croit une récente étude publiée par l'Express, résumée ici. Les symptômes que révèle l'étude sont les suivants : les jeunes Français sont pessimistes quant à l'avenir, ils ne croient pas en leurs chances de changer la société, ils ont peur de la mondialisation, et en plus de ça, ils considèrent que le regard des autres est déterminant dans leurs choix professionnels. Bref, jeunes dans le corps, vieux dans l'esprit. 

Je crois que ce sont ces données (sur le moral des jeunes et leur croyance en l'avenir) qui illustrent le mieux le malaise profond de la France. Notre système éducatif est en panne, certains repères disparaissent, des problèmes socio-économiques s'amplifient : tout ceci fait que les jeunes ne croient plus en leur avenir, ou en tout cas bien moins que leurs camarades étrangers (voir l'étude). Notre génération est celle des baby-loosers, ou au mieux, elle se sent comme telle.

Bien évidemment, ce grave problème soulève des tas de problèmatiques politiques mais il serait trop long d'en parler ici.

 

Le suicide en France et dans le monde

Je viens de tomber sur des statistiques assez incroyables alors je les partage avec vous.

En France

8% de la population française a déjà fait une tentative de suicide, c'est le ministère de la santé qui nous le dit ici. Il y a environ 13 000 suicides par an en France, dont presque 3/4 d'hommes. Chaque année, environ 200 000 tentatives de suicide donnent lieu à des soins. Le taux de récidive est très élevé (plus de 20% pour les hommes, 30% pour les femmes). Chez les jeunes de 15 à 24 ans, les garçons se suicident 3 fois plus que les filles. Environ 1/10 000 ième des jeunes français se suidicent.

Dans le monde 

Selon l'OMS, il y a environ 1 million de suicides chaque année dans le monde, soit un suicide toutes les 40 secondes et une tentative toutes les 3 secondes. Les pays les plus touchés sont la Lituanie, la Russie, la Nouvelle-Zélande, avec jusqu'à 4 suicides pours 10 000 habitants. Les pays les moins touchés par le suicide des jeunes sont la Grèce, le Portugal, l'Italie, l'Espagne avec environ 0,4 suicides pour 10 000 jeunes habitants...

 

Voilà, ces statistiques ne sont pas là pour faire peur. Juste pour montrer qu'en effet, tout ne va pas pour le mieux, aussi bien en France que dans le monde. La santé mentale et morale de la population mondiale ne semble pas satisfaisante.

Même si les chiffres varient assez peu dans le temps, on peut penser que de bonnes politiques de lutte contre la pauvreté, la solitude, le désespoir, menées au niveau mondial, seraient efficaces pour enrayer ce fléau qui fait à lui-seul plus de victimes que l'ensemble des guerres.

lundi, 12 novembre 2007

Sale Rupture

Rappels :

la France est la 5eme puissance économique mondiale.

La France est le pays de la liberté, de l'égalité et de la fraternité. 

La France est la pays des Lumières.

 

Et pourtant...

 


(Photo : Contre-faits.org) 

 


(Photo : Diane Grimonet)

 


(Photo : Diane Grimonet)

 

 


(Photo : Diane Grimonet)

Alors qu'est-ce qu'on fait ? On continue ?

On continue de laisser vacants des milliers de logements disponibles à Paris ? c'est bien ça Christine ? 

On continue de remplir les charters ? On continue de rafler à la sortie des écoles ? n'est-ce pas Brice ? 

On continue de casser le modèle social ? On continue de diminuer les impôts des plus riches ? c'est ça Nicolas ?

Sale Rupture.

 

PS: pour plus de photos, visitez le site de Diane Grimonet et celui de Contre-faits. Merci à eux.