mardi, 09 juin 2009
Sur La Princesse de Clèves
L'étudiant Nicolas Sarkozy n'a guère aimé La Princesse de Clèves, ce livre anonyme écrit en 1678 (très certainement par Madame de Lafayette) et considéré comme l'un des premiers romans de la littérature française. Il dit avoir "beaucoup souffert sur elle". Pour notre Président, il ne se passe rien dans ce livre : on attend, on attend, et puis rien. En effet, cette histoire est lente et l'action y est plutôt rare. Mais on ne peut pas dire qu'il n'y en ait pas.Le livre raconte les rapports (amours, haines, passions, jalousies) entre différents nobles (fictifs) de la cour du roi Henri II, au milieu du XVIème. Les deux personnages principaux sont la Princesse de Clèves, jeune, très belle mais déjà mariée, et le duc de Nemours, un courtisan qui l'aime passionnément et dont elle tombe amoureuse malgré sa résistance de femme mariée, dévouée et aimante. Le mari de la Princesse a un amour, une fidélité, un respect irréprochables vis-à-vis de son épouse, ce qui interdit à cette dernière le moindre faux pas, la moindre infidélité avec le duc de Nemours. Le roman raconte la lente évolution de l'attraction entre la Princesse de Clèves et le duc de Nemours, et la relation entre l'épouse et son mari qui sent sa femme courtisée lui échapper.
Ce roman de 300 pages est assez lent et précis, l'auteure n'hésitant pas à introduire d'autres histoires dans l'intrigue principale et à développer en longueur les sentiments et états d'âme des différents personnages. Mais l'histoire n'est pas aussi ennuyante que le laisse croire Nicolas Sarkozy, et le cheminement de la relation amoureuse n'est pas un long fleuve tranquille se terminant comme le veut la tradition des romans à l'eau de rose. L'autre élément intéressant de ce livre est son style, qu'on peut juger ancien, pompeux ou désuet, mais qui est surtout beau, classique et qui correspond parfaitement à l'environnement royal de l'histoire (il ne faut pas avoir peur de l'imparfait du subjectif pour lire ce texte).
La Princesse de Clèves n'est pas un roman contemporain, rapide et rempli d'action. Ce n'est pas non plus un livre accessible au style facile. C'est plutôt un beau texte qui montre au lecteur d'où vient la littérature et comment elle peut incarner, mimer, montrer une époque. Nicolas Sarkozy gagnerait donc à se replonger dans ce texte, comme le font en masse des lecteurs engagés depuis quelques mois.
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lundi, 23 mars 2009
En attendant quelque chose, avec Samuel Beckett
Il est toujours plaisant pour nous français de voir des artistes étrangers choisir de s'exprimer dans notre langue. C'est le cas de nombreux écrivains, parmi lesquels l'irakien Atiq Rahimi (Goncourt 2008), l'américain Elie Wiesel (prix Nobel de la Paix 1986) ou l'irlandais Samuel Beckett, prix Nobel de littérature en 1969.Beckett (1906-1989) est connu dans le monde entier pour sa pièce En attendant Godot (1948), jouée pour la première fois en 1953, illustration du "théâtre de l'absurde".
Une intrigue mystérieuse
Cette pièce en deux actes est assez courte dans sa version écrite (120 pages). Elle raconte, dans un décor composé d'une route et d'un arbre seulement, l'attente de deux hommes, Vladimir et Estragon, deux amis vagabonds d'une cinquantaine d'années. A plusieurs reprises, à la tombée de la nuit, ils attendent Godot, un personnage mystérieux qu'ils ne connaissent pas mais qui pourrait semble-t-il les aider. Les deux amis s'ennuient dans cette attente malgré leurs longs dialogues absurdes, si bien qu'ils envisagent tantôt de partir de ce lieu de rendez-vous, tantôt de se pendre à l'arbre. Mais comme le dit Estragon, "Ne faisons rien. C'est plus prudent." Au cours de leur attente, Vladimir et Estragon font la rencontre d'un homme étrange et autoritaire, Pozzo, toujours accompagné par son esclave Lucky, un homme qui parait simple et soumis, attaché au cou par une corde, qui marquera la pièce par un long monologue incompréhensible et sans ponctuation lorsque son maître lui ordonne de "penser". La pièce est également marquée par des répétitions, comme si aucun des personnages n'avait conscience du temps qui passe et des situations qui se répétent : ainsi, l'acte II est une répétition courte et altérée de l'acte I.
Un sens à chacun
En attendant Godot fit scandale lors des premières représentations dans les années 1950, le public partant massivement avant la fin du premier acte, les derniers restants huant les acteurs jusqu'au bout.En effet, il est difficile de dégager un sens clair de cette histoire et ses dialogues équivoques. Difficile aussi de comprendre l'identité de ce mystérieux Godot qu'on ne verra jamais, ou ce qu'il représente (certains y virent l'incarnation de Dieu, God, mais Beckett démentit). L'auteur lui même ne proposait pas d'interprêtation particulière à cette pièce, comme il le dit dans une lettre au journaliste littéraire Michel Polac, en 1952 : "Quant à vouloir trouver à tout cela un sens plus large et plus élevé, à emporter après le spectacle, avec le programme et les esquimaux, je suis incapable d'en voir l'intérêt. Mais cela doit être possible." Trouver un sens serait sans intérêt : c'est peut-être ça le théâtre de l'absurde.
21:42 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : beckett, théâtre, en attendant godot, lectures
mercredi, 25 février 2009
Cent ans de solitude, de Gabriel Garcia Marquez
Difficile, pour celui que la littérature intéresse, de passer outre l'œuvre de Gabriel Garcia Marquez, tant l'auteur colombien a apporté à cet art en mêlant le fantastique, le magique, à la réalité. Si, en plus de cela, on s'intéresse à l'Amérique du Sud, Gabriel Garcia Marquez devient alors incontournable puisqu'il est l'un des meilleurs chroniqueurs de ce continent, de ses peuples et ses cultures.

Gabriel Garcia Marquez (né en Colombie en 1927) poursuit tout d'abord des études de droit et de journalisme, puis devient correspondant en Europe du journal El Espectador. Il découvrira à cette époque de nombreuses villes d'Europe parmi lesquelles Paris, Rome, Londres ou Barcelone. Puis il revient en Colombie et, quelques années après ce retour (1964-1965), entame de nombreux voyages dans la région qui l'a vu naître, autour de Aracataca en Colombie, afin de comprendre l'histoire de ses aïeux. Cette histoire familiale, qu'il découvre riche et mouvementée, est une forte source d'inspiration pour son grand roman, Cent ans de solitude, qu'il débute en 1965 (publié en 1967). Ce livre rencontre alors un immense succès, puisqu'il se vend à 36 millions d'exemplaires dans le monde, et qu'il lui vaut (au moins en partie) le prix Nobel de littérature en 1982.
Cent ans de solitude, une oeuvre mythique
Ce roman de 460 pages raconte l'histoire longue et complexe d'une famille, les Buendia, et du village qu'elle a fondé, Macondo. Cette histoire s'étale sur une longue période de six générations, allant de la fondation à la disparition de Macondo et du dernier représentant des Buendia. Elle mêle de nombreux évènements réels et mystiques tels que des guerres, des révolutions, des révoltes d'ouvriers, des épidémies, des catastrophes naturelles, auxquels sont confrontés les personnages.
Cette famille Buendia se compose d'individualités exceptionnelles parmi lesquelles José Arcadio Buendia (le fondateur de Macondo, le personnage central, tout en haut de la généalogie), sa femme Ursula (mère de famille très présente, qui vivra près de 120 ans), le colonel Aureliano Buendia (l'un de leurs fils, qui mènera de nombreuses révolutions dans tout le continent), et de nombreux autres personnages puisque le roman suit en détail la vie d'environ vingt membres de la famille.
Le livre prend une dimension particulière du fait que ce réel est façonné, voire même gouverné, par une force de l'histoire magique, mystique, vue et écrite des années auparavant par un vieux gitan aux connaissances encyclopédiques nommé Melquiades, ami de José Arcadio Buendia.
Le roman tire une puissance et une profondeur exceptionnelles de ce mélange d'élements réels à un paradigme fantastique. Au final, cette oeuvre passe du statut de roman à quelque chose de plus fort et ésotérique, un mythe. Celui-ci ne raconte plus seulement l'histoire d'une famille et d'un village, mais plus globalement celle d'un peuple et de son continent. Ainsi, outre la proximité philosophique entre Marquez et l'extrême-gauche sud-américaine (et notamment Castro), on peut sûrement rapproché Cent ans de solitude de l'aventure révolutionnaire de Che Guevara, elle aussi passée du réel, du particulier au mythique.
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jeudi, 11 décembre 2008
Si c'est un homme, de Primo Levi
Parmi les lectures incontournables, il y a Si c'est un homme,de Primo Levi.
Primo Levi (1919-1987) était un jeune chimiste juif italien. Déporté en janvier 1944 et emprisonné à la Buna, le camp de travail d'Auschwitz, il fut liberé par l'Armée rouge quelques mois plus tard, le 27 janvier 1945, alors que les nazis avaient abandonné le camp sous la pression soviétique, forçant de nombreux prisonniers à les suivre à pied ("les marches de la mort").
Durant les deux années qui suivirent sa libération, Primo Levi écrivit son expérience des camps, témoignage qui fut publié en Italie en 1947 mais qui tarda à se faire remarquer (le livre ne sera traduit en français qu'en 1987).
En 180 pages, Levi raconte l'horreur des camps depuis son arrivée en train (et les premières séléction entre hommes, femmes et enfants) jusqu'à sa libération un an plus tard. Son écriture correspond plus à une description sociologique, neutre et dépassionnée des camps qu'au témoignage-type de survivant, narration subjective laissant libre cours aux émotions. Il raconte le fonctionnement et l'organisation du camp, sa rationalité déshumanisante, son modèle hiérarchique très abouti, l'extrême dureté du travail, le froid terrible en hiver, le manque permanent de nourriture et la nécessité pour les prisonniers de commercer entre eux ou avec les travailleurs civils libres pour obtenir de meilleures conditions d'existence. Levi explique que le camp supprime une grand part de l'humanité et de la dignité des prisonniers, soumis à d'insoutenables scènes de violence, d'asservissement et de honte (pour le régime nazi, les prisonniers ne sont qu'un facteur de production, identifiés par un simple numéro : 174517 pour Primo Levi) et n'ayant que peu d'occasions de tisser des liens entre eux, notamment à cause de la barrière des langues.
Alors qu'en seulement quelques mois 70 des 96 compagnons juifs italiens de son convoi sont déjà morts (du froid, de la maladie, des exécutions, des chambres à gaz), Levi a la chance d'être retenu pour travailler dans un laboratoire de chimie, un travail moins rude qu'à l'extérieur qui l'épargnera notamment des séléctions au cours desquelles les prisonniers les plus faibles, et donc les moins utiles économiquement, étaient identifiés et envoyés aux chambres à gaz. Son autre chance au camp fut de tomber malade et d'aller à l'infirmerie au moment où la situation empirait pour les nazis. Quand le camp fut vidé, les malades qui ne pouvaient pas marcher restèrent au camp, abandonnés à eux-mêmes. Pendant quelques jours, en attendant le secours des soviétiques, Levi et quelques autres vécurent en totale autarcie dans le camp, devant par exemple trouver de quoi se nourrir et se chauffer.
Si c'est un homme doit être lu car il témoigne, dans un style neutre, de l'horreur des camps, de la violence et de l'ordre inébranlable qui y régnaient. Levi conclut que ces camps n'étaient pas inhumains mais plutôt anti-humains car tout y était organisé pour nier l'humanité de chacun des prisonniers, des hommes n'ayant plus d'espoir et dont le seul horizon était la mort assurée : cette caractéristique très particulière au fascisme nazi le différencie, selon Levi, du totalitarisme soviétique incarné par les goulags et raconté, de l'intérieur aussi, par Alexandre Soljenitsyne.
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lundi, 22 septembre 2008
"Les choses", chronique d'une société matérialiste
En 1965 paraît chez Julliard Les choses. Une histoire des années soixante, un livre de 130 pages qui recevra le prix Renaudot et obtiendra un large accueil en librairie. L'auteur signe-là son premier roman, il s'appelle Georges Perec, un jeune écrivain de 29 ans né avec la guerre et orphelin depuis l'âge de 7 ans.
L'histoire
Ce livre a pour cadre l'après-guerre et les années 1960. Ces années-là, partie des Trente Glorieuses, sont marquées par le développement économique de la France et l'accès au confort de millions de Français. Les années de privation et les tickets de rationnement ne sont qu'un lointain souvenir. Désormais, les Français sont des consommateurs à la recherche de ce que cette nouvelle époque peut leur offrir de mieux : qualité de vie, confort matériel, réussite sociale.
C'est cette histoire que nous raconte Perec à travers un regard porté sur la vie d'un couple de jeunes Français de vingt ans, Jérôme et Sylvie, psychosociologues faisant des enquêtes d'opinion auprès des consommateurs de divers produits. Ces jeunes actifs appartiennent à la classe moyenne, ils sont parisiens, vivent un train de vie normal, travaillent et vivent sobrement, ont des amis, font des sorties... Une vie banale qui ne leur suffit pas dans cette époque où tous les espoirs semblent permis.
Ils veulent plus : plus de beaux vêtements, plus de beaux meubles, plus d'espace dans leur appartement, plus de fête, plus d'amis, plus de confort. Mais les rêves matérialistes de Jérôme et Sylvie se confrontent jour après jour à la réalité : ils ne sont pas riches et ne peuvent s'en offrir le train de vie. Ce constat, qu'ils prennent comme un échec, leur est difficile à accepter. Et chaque jour leur déception grandit devant l'écart entre leur vie quotidienne et celle dont ils rêvent.
Cette déception de tous les jours, que les quelques achats qu'ils se permettent ne suffisent plus à faire taire, les pousse un jour à partir, à quitter Paris. Ce sera la Tunisie, suite à une annonce de travail (un poste de professeur, Sylvie semble qualifiée) parue dans le journal. Mais la ville chaude et agitée dont ils rêvaient, Tunis, ne sera pas le lieu de leur nouvelle vie d'expatriés. Ils iront à Sfax, une petite ville morne, ennuyeuse et sans éclat pour un jeune couple de Français ne connaissant personne. Le salaire de Sylvie leur permet de vivre comme la plupart des Tunisiens, mais ce style de vie ne leur plaît pas, ne leur suffit pas. Ils ont le sentiment de ne pas vivre leur vie ici, de s'ennuyer, de ne prendre aucun plaisir, et ils veulent plus. « Leur vie était comme une trop longue habitude, comme un ennui presque serein : une vie sans rien. »
Face au constat que leur exil ne leur avait rien apporté de nouveau ou de meilleur, ils décident de rentrer à Paris. Mais leur vie restera la même de retour dans la capitale. Une vie de déceptions, jamais aboutie, sans grands bonheurs, une vie de rêves déçus.
Le portrait d'une génération matérialiste
Ce roman ressemble à une chronique des années 1960, une décennie où tous les rêves étaient permis pour chaque jeune Français volontaire. Ce roman raconte les désillusions de cette génération qui a vu la naissance d'une société de consommation mais en est ressortie déçue : la carrière professionnelle de ces jeunes actifs (et leur salaire) ne pouvaient suivre le rythme du progrès matériel que la télévision leur faisait miroiter. Leurs rêves étaient toujours plus grands, et leur vie, pourtant en constant progrès vers le mieux, n'était qu'un enchaînement de déceptions et de désirs non réalisés.
On peut aussi voir dans ce roman une critique de l'homme matérialiste moderne, vite ennuyé par ce qu'il possède déjà et perpétuellement attiré par ce qu'il n'a pas : dynamique d'asservissement et de déception regretteront certains; dynamique de progrès diront les autres.
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dimanche, 14 septembre 2008
Lire
Lire coûte cher, prend du temps et demande beaucoup d'énergie. Mais si vous avez quelques euros en stock et quelques heures devant vous, il serait dommage de ne pas en profiter, car il y a de nombreuses découvertes à faire. Exemples.
Si l'économie pure et dure vous gonfle vite mais que vous voulez apprendre et comprendre facilement les choses, les mécanismes, les enjeux économiques, je vous conseille « Sexe, drogue... et économie », écrit par deux écono-bloggeurs capables de nous parler simplement de choses compliquées. Ca coûte 18 euros, ça va sortir très bientôt, et ça promet de démonter pas mal d'à priori et de sophismes.
L'américain William T. Vollmann, 49 ans, a fait un tour du monde au contact des gens les plus pauvres. Partout où il voyageait, il allait à la rencontre des pauvres, prenait leur portrait, et leur demandait cette question simple : « Pourquoi êtes-vous pauvres? » A chacun son parcours et ses difficultés, à chacun sa réponse. Cette lecture (430 pages, 25 euros) semble vécue par ses lecteurs comme une gifle : la pauvreté montrée, expliquée par ceux qui la vivent, ça n'est pas courant. Une lecture que j'essaierai vraiment de ne pas manquer. Pour vous convaincre de la force de ce message qui nous est adressé, lisez les bonnes feuilles du Nouvel Obs et la critique de Pierre Assouline.
Si vous avez peu de temps, vous pouvez lire de courtes nouvelles. Personnellement, je viens de relire Le Scarabée d'Or, suivi de La lettre volée, un classique d'Edgar Poe (1809-1849). On considère souvent cet auteur comme l'inventeur du genre policier. Dans ces deux nouvelles, il s'agit pour les personnages de résoudre des énigmes (celle symbolisée par un scarabée d'or ; et la recherche d'une lettre volée et bien cachée). L'auteur, plus encore que ses personnages, apparaît comme quelqu'un d'intelligent, maître dans l'art des raisonnements, de la cryptographie, et de l'élucidation de mystères. Deux bonnes et rapides lectures, mêlant littérature, genre policier et raisonnements scientifiques.
Si vous avez là encore peu de temps, je vous conseille le dernier numéro spécial des Inrocks du 9 au 15 Septembre : vous y trouverez une interview de Joey Starr et Kool Shen de NTM, une article sur « Pourquoi êtes-vous pauvres ?», et bien d'autres choses (notamment des articles sur le cinéaste Wong KarWai et l'acteur Steve Carell). 55 pages pour moins de 5 euros.
Enfin, j'aurais aimé vous conseiller la lecture du numéro un de Siné Hebdo (16 pages pour 2 euros), résultat de la vive polémique qui a opposé Philippe Val au dessinateur Siné, malheureusement j'ai été déçu (ce numéro a cependant très bien marché, 140 000 ventes dès le matin, rupture de stock à midi! Personnellement, je l'avais acheté à 8h avant les foules). A mon gout, rien de bien révolutionnaire, peu de textes forts et vraiment engagés. Le journal qui ne devait rien respecter m'a en fait paru assez traditionnel et gentillet. Il faudra oser plus la prochaine fois pour ne pas décevoir ceux qui se battaient aux côtés de Siné pour une presse libre de choquer.
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mardi, 02 septembre 2008
Du côté de chez qui vous savez
Il y a des sujets, nombreux, sur lesquels je fais l'impasse ici, par manque de temps, d'énergie, ou par simple incompétence. Manque d'énergie, par exemple, sur le débat autour du RSA (mon opinion tient en quelques liens à droite dans la colonne del.icio.us). Incompétence sur la stratégie à adopter face à la Russie. Incompétence sur l'utilité et l'intelligence de la réforme des armées. Incompétence sur la justesse stratégique du choix de sa colistière par John Mc Cain. Etc.
Et puis, il y a parfois des sujets auxquels il ne sert à rien d'ajouter son grain de sel. C'est ce que je me dis quand je découvre une polémique à laquelle tous -journalistes, chroniqueurs, artistes, célébrités, bloggeurs- réagissent publiquement (voir la récente affaire Siné) ; de même pour certains sujets sur lesquels chaque Français a une opinion bien arrêtée que rien, aucune explication, aucune analyse, ne semble pouvoir infléchir (voir les discussions passionnées sur les raisons de l'embuscade afghane, le débat sur la poursuite ou non de la guerre, ou encore les soixante millions d'avis d'avant et d'après-match sur l'effectif et la tactique retenus par Raymond Domenech à chaque match).
C'est un peu pareil pour ma dernière lecture, Du côté de chez Swann, de Marcel Proust.
Tout le monde -ou presque- connaît ce roman, l'a lu ou en a largement entendu parler. Les plus grands professeurs, docteurs, écrivains, critiques littéraires, Français ou étrangers, ont donné leur avis sur l'oeuvre de Proust, à travers des centaines d'articles, de critiques, de bio et de monographies (voir cette impressionnante, et incomplète, bibliographie concernant Proust). Aussi, des milliers de lecteurs, Français et étrangers, sont fans de l'oeuvre de cet auteur et inventent des moyens de la faire perdurer, à travers des lectures publiques dans des librairies et dans des théâtres, ou à travers des lectures en webcam sur le net.
Alors, je n'ai pas grand chose de nouveau et de particulièrement intéressant à dire sur ce premier volume de l'oeuvre mythique de A la Recherche du Temps perdu. Le style est, en effet, exceptionnel tant il est maîtrisé, de l'usage des temps à la superposition des subordonnées. L'histoire -s'il n'y en a qu'une, ce qui n'est pas le cas- est belle, personnelle, bien racontée, bien écrite. Les descriptions sont patientes et détaillées. Les souvenirs d'enfance viennent par petites touches, grâce à des contacts, des odeurs, des goûts (le thé et la madeleine), des rencontres, des états d'âme et d'esprit comme on en ressent tous parfois.
L'auteur, maladif après la mort de ses parents et sortant de moins en moins, est bien parti, dans ce roman (441 pages), à la recherche de ses souvenirs d'enfance et de ses oublis. Il en ressort un roman très personnel, naviguant entre biographie, autofiction et fiction au gré des lieux (de Cambray à Paris principalement), des époques (avant, pendant et après l'enfance de Marcel), des personnages (très nombreux) et des souvenirs que le narrateur en garde. Les pages ont une vraie saveur grâce aux traits, aux ambiances que décrit le narrateur et certaines m'ont fait penser à La gloire de mon père de Pagnol bien que le cadre soit différent et que l'intention n'ait pas la même envergure.
L'une des grandes richesses de ce livre est son intelligence. L'auteur, au fil du long voyage romancé à travers sa mémoire, nous livre des réflexions, des pensées, souvent fortes, poétiques, vraies, sur des sujets comme l'amour, la jalousie, le sadisme, le temps, la mémoire. Ou encore les images, fébriles et simplifiées, que l'on a et que l'on garde des choses, des lieus, des époques, des personnes et qui, le jour où on les découvre ou redécouvre, nous semblent changées, étrangères :
« La réalité que j'avais connue n'existait plus. » p. 441
Ou encore :
« Et cette maladie qu'était l'amour de Swann avait tellement multiplié, il était si étroitement mêlé à toutes les habitudes de son sommeil, à sa vie, même à ce qu'il désirait pour sa mort, il ne faisait tellement plus qu'un avec lui, qu'on n'aurait pas pu l'arracher de lui sans le détruire lui-même à peu près tout entier : comme on dit en chirurgie, son amour n'était plus opérable. » p. 321
Si ça vous tente, vous savez quoi faire. Vous ne serez pas déçus.
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mercredi, 16 juillet 2008
Le Bûcher des vanités, Tom Wolfe et les vieux artistes
Encore un long billet, mais il y a beaucoup de choses à dire
Les vieux artistes -de 65 ans et plus, et quel que soit l'art qu'ils exercent- sous souvent les plus intéressants : ils n'ont plus grand chose à recevoir des autres (le public, les éditeurs, les producteurs, les critiques, …) ou à attendre de la vie et, par conséquent, se lâchent, s'assument pleinement et deviennent ainsi des gens atypiques et fascinants, des gens anormaux comme on en croise rarement dans une vie. Ils ne sont pas forcément aimables, ni même intelligents ou lucides, mais ils sont souvent passionnants car ils représentent quelque chose (de neuf, de différent, de jeune dans un corps d'ancien) et qu'ils ont des choses détonantes à nous dire.
Dans le registre de ces vieux artistes déroutants, je me souviens par exemple de cette femme de 75 ans qui, sur le plateau d'Esprits Libres (animé par Guillaume Durand sur France 2), dans sa jolie tenue grise de mamie-type, racontait ses nombreuses expériences sadomasochistes et les raisons de cette passion atypique. Cette femme déroutante était, je ne le saurais que plus tard, Catherine Robbe-Grillet, la femme de l'écrivain Alain Robbe-Grillet, décédé depuis. Ce couple-là ne semblait suivre aucune règle, aucune norme sociale de notre époque. Ils parlaient publiquement et sans détour de leurs penchants les moins avouables. Et je trouvais intéressant que des gens livrent comme ça, à la télé, leurs jeux et passions intimes. Ca faisait tomber des tabous et avancer les mentalités.Tom Wolfe, papy-artiste excentrique, talentueux et utile
L’auteur américain Tom Wolfe, aujourd’hui âgé de 77 ans, me laisse un peu la même impression, celle d'un homme qui se fiche du qu'en dira-t-on?. Depuis plus de 45 ans maintenant, il porte toujours les mêmes fameux costumes blancs, avec parfois un chapeau blanc assorti. Depuis des années aussi, il assume publiquement son soutien sans faille à George W. Bush, pour sa "volonté de vaincre". Peu lui importent les tourmentes, les mensonges sur l'Irak ou le désaveu mondial contre la politique de Bush, Tom Wolfe reste fidèle à son idée initiale... Du vrai conservatisme. De ce que je sais de lui et de ce que je vois sur son site officiel, ce papy est aussi profondément égotique et mégalomane : il aime poser dans les magazines (ci-contre la couv’ de Transfuge en 2006), se montrer dans les shows télé, et fréquenter les milieux fermés. Il aime aussi étonner, surprendre et faire parler de lui comme ce jour de mise en bourse de Blackstone à Wall Street où il déclara à la télévision américaine, en direct de la salle des marchés, que "nous assistions probablement à la fin du capitalisme tel que nous le connaissons." Une phrase lâchée sans conviction par un vieil homme qui ne connaissait rien à l'économie, mais qui suscita une véritable vague de panique ("qu'a-t-il voulu dire?", "Est-ce grave docteur Wolfe?") dans les médias et la presse financière (anecdote raconté par Pierre Assouline sur son blog). Bref, si Tom Wolfe était jeune, on le haïrait certainement pour toutes ses excentricités.
Mais le fait est qu'il n'est ni jeune, ni uniquement égotique et réactionnaire : Tom Wolfe est aussi et surtout talentueux puisqu'il est un écrivain et journaliste mondialement reconnu pour ses écrits et ses recherches. Il est l’homme qui, suivant les traces de Balzac et Zola, inventa le Nouveau Journalisme et écrivit Le Bûcher des vanités, un best-seller extraordinaire (deux millions d'exemplaires vendus) sur le New-York des années 1980.
Dans ce roman de 913 pages paru en 1987, Tom Wolfe nous plonge dans le New-York des années 1980, une ville coupée en deux, avec son centre mondain Manhattan (Park Avenue, la 5ème Avenue, Wall Street, l’Upper East Side, …) réservé aux riches blancs New-Yorkais, et ses quartiers malfamés (le Bronx, Harlem) où vivent la plupart des noirs et des latinos de la ville. Tom Wolfe fait le portrait de cette ville unique au monde où vivent, à seulement quelques kilomètres d’écart, les « Maîtres de l’Univers » à qui tout sourit (les grands banquiers, les traders, les industriels, les artistes, …) et les populations noires et latinos les plus pauvres d’Amérique. Pour nous montrer ces deux univers si différents, rien de mieux que la confrontation direct, et c’est ce que choisit Tom Wolfe.
Le Bûcher des vanités raconte en effet l’histoire d’un riche trader, Sherman McCoy (marié, père de famille, propriétaire d’un luxueux appartement sur Park Avenue, connu du Tout-New-York et invité dans toutes les soirées mondaines), plongé du jour au lendemain dans une tragique affaire : un soir, avec sa Mercedes et accompagné de sa maîtresse Maria Ruskin, Sherman s’enfonce dangereusement dans le Bronx : ils sont perdus dans le tourbillon des rues effrayantes et mal éclairées. Au moment de reprendre le bon itinéraire, sa Mercedes renverse un jeune noir sur la route alors que Maria et lui pensaient être pris dans une embuscade. Morts de peur, Maria et Sherman s’enfuient en laissant ce jeune de 19 ans sur la route, un jeune qui était en fait un modèle de sérieux et d’intégrité pour toute la communauté noire du quartier. Le roman raconte la suite de cette histoire, qui deviendra vite une enquête policière, puis une affaire judiciaire. Tom Wolfe enrichit ce roman de tous les éléments qui peuvent intervenir dans ce genre d’affaire : tensions raciales, faux témoignages, trahisons et déchirements, luttes de pouvoir, lynchages publiques et oppression médiatique, insécurité et violence, journalistes aux méthodes douteuses, lobby noir contre « justice blanche », hommes politiques véreux, procureurs et avocats opportunistes, etc.
Ce livre est donc un portrait cynique de New-York et de ce qui s’y passait dans les années 1980 (les choses ont changé depuis). S’il reste une fiction, ce roman n’est pas une complète invention de l’auteur puisqu’il résulte d’un sérieux travail de documentation et d’une longue expérience de cette ville, de ses quartiers, de ses habitants, de leurs vies et de leurs comportements. Ce roman n’est tendre avec personne : il fait exploser les croyances naïves sur cette ville modèle en la comparant à une « jungle », il démystifie les hautes sphères new-yorkaises en en faisant un portrait peu flatteur teinté de matérialisme aveugle, d’arrogance et d’égoïsme. Enfin, Tom Wolfe nous plonge dans la modernité de nos sociétés, de nos villes verticales, de nos modes de pensée, une modernité cynique et froide qui n’a rien d’un monde parfait. Le tout selon un rythme plutôt rapide et haletant : on se croirait dans un film à suspens. J’en profite pour signaler que le dernier chapitre est un modèle du genre : le dénouement de cette histoire est magistralement maîtrisé. Un vrai chef d’orchestre.
En conclusion, ce roman est, comme les critiques l’ont laissé entendre, un excellent livre, à ne pas rater dès los qu’on s’intéresse à la société new-yorkaise, pas si éloignée de la notre. A propos de l’auteur Tom Wolfe, son talent et l’héritage qu’il nous offre lui donne naturellement le droit d’arborer tous les défauts et excentricités qui lui plaisent. Nul n’est parfait.
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samedi, 21 juin 2008
Claude Lévi-Strauss, ou l'histoire du monde expliquée à Nicolas Sarkozy
L'homme, son oeuvre, sa renommée
Claude Lévi-Strauss, né en novembre 1908, est un ethnographe et philosophe français. C'est un grand nom de l'anthropologie, l'étude des peuples, des cultures et des civilisations.
Il est reconnu mondialement, et ce depuis longtemps, pour ses nombreux travaux : docteur honoris causa d'une quinzaine d'universités partout dans le monde, et notamment celles de Yale et Harvard ; médaillé d'or de nombreux prix scientifiques dont le celui du CNRS en 1967 ; décoré de la Grand-Croix de la Légion d'Honneur ; académicien depuis 1973 ; auteur de nombreux essais, dont le célèbre Tristes Tropiques.
Claude Lévi-Strauss est une légende vivante, et probablement l'un des plus grands penseurs contemporains.
Race et histoire
Il y a un demi-siècle, en 1952, il écrit un ouvrage, Race et Histoire, alors que l'UNESCO cherche à contrer les thèses racistes de l'époque.

Le scientifique, encore peu connu à ce moment-là, apporte dans ce livre son savoir et ses analyses à la lutte contre le racisme et la hiérarchisation des races, des peuples et des cultures. Il pose les fondements de l'ethnographie moderne (j'en retiens subjectivement les plus importants) :
-le nombre et la diversité des cultures supposent que les cultures interagissent entre elles, s'influencent, et cherchent à préserver leur singularité propre tout en s'enrichissant des aspects positifs des autres cultures. Les cultures ne se construisent pas en opposition, mais bien de façon liée et interdépendante. Claude Lévi-Strauss montre à la fin de l'ouvrage que, à une même époque, les cultures sont en fait des associés, puisqu'elles ont intérêt à ce que chacune d'elles joue son rôle d'innovation et d'adaption au changement ce qui décuple les opportunités de progrès.
-l'ethnocentrisme est un point de vue à bannir dans l'analyse et la comparaison des cultures, comme le montre l'analogie d'une route : lorsqu'une voiture en double une autre sur une route, les deux conducteurs ont une vision flouée de l'autre. Celui qui double voit l'autre voiture reculer par rapport à lui, comme si elle n'avançait pas. En réalité, les deux voitures, comme les cultures, avancent toujours, mais à des vitesses différentes, sur des chemins différents, et parfois même dans des sens différents. La comparaison entre les cultures la plus pertinente sera donc celle qui sortira du point de vue du passager et préférera celui d'un observateur extérieur posté sur le bord de la route. De là, il verra les mouvements absolus, et non relatifs, de différentes cultures et pourra ainsi les étudier avec justesse.
-chaque culture joue un rôle déterminant dans l'écriture de l'Histoire. Est sophiste ou aveugle celui qui pense que l'Europe a produit plus de progrès et d'Histoire que l'Afrique ou l'Asie. L'auteur rappelle le rôle joué par l'Inde et les Arabes dans le développement des sciences, ainsi que l'exceptionnelle modernité des institutions politiques incas par rapport aux systèmes politiques européens contemporains. Une autre vision de l'esprit que combat Claude Lévi-Strauss, c'est celle selon laquelle les progrès du passé (le feu par exemple) seraient le fruit du hasard tandis que les progrès les plus récents (en médecine notamment) découleraient inévitablement d'une démarche consciente, préparée, et planifiée. C'est évidemment faux, le hasard comme la conscience et le génie jouant un rôle déterminant dans tous les progrès, qu'ils soient anciens ou récents.
Cette lecture est donc à la fois saine, utile, et actuelle, puisqu'elle démonte les thèses racistes et la supériorité supposée de l'Occident sur l'Orient, ou du Nord sur le Sud.
Nicolas Sarkozy n'a pas lu Lévi-Strauss
Pour faire un parallèle avec notre Présidence actuelle, on peut dire qu'en 1952, alors que Nicolas Sarkozy n'était pas encore né, Claude Lévi-Strauss apportait déjà une réponse parfaite au futur Président de la République qui, cinquante cinq ans plus tard dans son fameux discours de Dakar, verra en l'Afrique un continent en retrait de l'Histoire, plus spectateur qu'acteur du changement.
Vision raciste disent certains : ça reste à prouver. Mais vision ethnocentriste, donc simpliste et ignorante de l'Histoire, ça c'est certain, et c'est Claude Lévi-Strauss qui nous le montre dans ce livre que je vous conseille.
Gallo, Guaino, Sarko, voilà trois jeunes gens qui feraient bien d'aller apprendre auprès de Professeur Lévi-Strauss.
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jeudi, 12 juin 2008
Petit déjeuner chez Tiffany, de Truman Capote
Truman Capote, 1924-1984. Écrivain américain. Célèbre pour ce qu’il a été (un personnage étonnant, imprévisible, un génie pour raconter des histoires), pour ses nouvelles (dont Petit Déjeuner chez Tiffany (1958) est certainement la plus connue) et pour son chef d’œuvre : De Sang Froid (1966), roman inspiré de l’assassinat d’une famille de fermiers du Kansas en 1959 (1).
Petit Déjeuner chez Tiffany est un court roman (ou une longue nouvelle) de 120 pages assez exceptionnel : c’est l’histoire d’un moment de vie que partagent deux new-yorkais de circonstance, un écrivain débutant et sa voisine du dessous, Holly Golightly, une femme de 19 ans assoiffée de liberté et de jeunesse vivant de ses riches connaissances masculines.
Capote impose son style, jamais vu. On frôle la perfection, comme le dira très simplement l’écrivain Norman Mailer : « Truman Capote est aussi acerbe qu'une vieille fille de soixante ans, mais à sa façon c'est un petit mec qui a des couilles... et l'écrivain le plus parfait de ma génération : il écrit les meilleures phrases, où chaque terme, chaque rythme est soigneusement pesé. Je n'aurais pas trouvé deux mots à changer à Petit déjeuner chez Tiffany, qui s'impose déjà comme un classique de la littérature américaine. »
Voilà qui est clair. Le ton, le rythme, le regard, les personnages, tout est pesé et raconté de façon savoureuse et intelligente. Il ne faut vraiment pas manquer cette lecture, d’autant que Folio publie, à la suite de ce court roman, trois autres nouvelles (2), très courtes, mais là aussi avec beaucoup d’intelligence dans la narration.
Ce post est court, mais clair : Truman Capote, c’est pour moi un vrai coup de cœur littéraire. Lisez-le.
(1) Au sujet de ce roman et de cet auteur, voir l’excellent film,réalisé en 2005, «Truman Capote »
(2) Les trois nouvelles sont : La maison de fleurs, La guitare de diamants, Un souvenir de Noël
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