mardi, 09 septembre 2008
A la rentrée, la droite devient (presque) ouverte et sociale
Billet mi ironique, mi sérieux sur l'étonnante rentrée politique de quelques uns de nos ministres. L'occasion pour eux de se donner une nouvelle image en comptant sur l'amnésie et l'aveuglement des foules : une tactique politique payante?
Etonnant spectacle que nous propose depuis quelques jours la fameuse droite française, celle de Sarkozy et de son clan élitiste, celle du karcher et des expulsions massives, celle des cadeaux fiscaux et de la rente, cette droite de la realtpolitik et du cynisme triomphant...
Cette droite-là, plutôt méprisable à de nombreux égards, s'offre en cette rentrée un new look, un nouveau visage, une nouvelle attitude : dorénavant, c'est la fête, tout le monde est gentil, on s'écoute, on s'amuse, on se fait des cadeaux... En effet, hormis le grand grincheux Xavier Darcos qui ne lâche rien sur la réforme de l'école et Rachida Dati qui ne veut pas nous dire qui est le père (personnellement, je ne veux pas le savoir, j'attends juste d'elle qu'elle nous fasse le bilan de ses navrantes réformes), tous les autres ministres semblent gentils, ouverts, généreux et philanthropes en ce retour des vacances.
En cette rentrée, Nadine Morano s'éclate en musique, sur le dance-floor, entourée de dizaines de « jeunes populaires » en délire. (Ces jeunes UMP semblent plus attirer par le corps à corps avec la secrétaire d'Etat à la famille que par le difficile questionnement sur l'intérêt et l'intelligence de leur militantisme sarkozien.) Apparemment, Nadine s'amuse aussi. Ambiance cool donc. On notera cependant le piètre déhanché du secrétaire général adjoint de l'UMP, Christian Estrosi (oui, celui qui avait tenté de rétablir la peine de mort en 1991 et qui aime désormais louer des avions privés aux frais du contribuable).
Bonne ambiance aussi du côté de Martin Hirsch, le digne héritier de l'Abbé Pierre, désormais Haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté. Martin a réussi à imposer son idée de RSA (celui-là même qui figurait dans le pacte présidentiel de Royal). Alors, depuis quelques jours, c'est la fête partout en France autour de Martin, le sauveur des pauvres gens. De l'avis de tous (ou presque), le RSA c'est bien, c'est social, c'est en faveur des pauvres (en vérité, ce n'est ni bien, ni social, ni en faveur des pauvres : les quelques euros de plus du RSA ne feront pas sortir les gens de la précarité, et cela dégradera le marché du travail en subvientonnant les emplois à temps partiel mal payés). Mais certains casseurs d'ambiance, dont je suis, ne participent pas à cette fête nationale depuis qu'ils ont compris que le financement du RSA (la fameuse taxe de 1,1% sur les revenus du capital) serait intégré dans le calcul du bouclier fiscal, si bien que les plus riches en seront exemptés. La belle solidarité du RSA correspond en réalité à faire payer la classe moyenne pour aider les quatre millions de français les plus affaiblis. Beau symbole, qui fait doucement rire en choeurs Marianne, la République, et le fantasmé « Liberté, Egalité, Fraternité ».
Autre gentillesse, venue cette fois de la part d'Hervé Morin. Notre ministre de la Défense, qui avait trahi Bayrou pour servir la France au printemps 2007, vient maintenant au secours des libertés en s'indignant du fichier Edvige. Notons qu'Hervé accuse un léger retard de plusieurs mois sur les associations, les syndicats, la gauche, le centre, et les premiers pétionnaires du début d'année dont je fais parti. Hervé ne trouve pas normal ni même utile que l'Etat collecte autant d'informations (opinions politiques, religieuses, activités professionnelles et personnelles, entourage, etc.) sur toute personne de plus de 13 ans jouant un rôle politique, économique, syndical, associatif, religieux « significatif ». Voyant la liste des contestataires s'allonger, Nicolas Sarkozy a lui aussi faire preuve d'ouverture et de sympathie en cette rentrée en demandant à notre stricte ministre de l'Intérieur Michelle Alliot-Marie d'arranger tout ça. Etonnante façon de travailler : si ce fichier est si indigne et illégal, s'il viole nombre de conventions, pourquoi l'avoir inventé avec tous ces excès liberticides ? Peut-être parce que Nicolas et d'autres espéraient que nul ne s'en rende compte.
Enfin, Roselyne Bachelot, notre ministre de la santé, nous fait aussi plaisir : elle se lance à la chasse aux médecins crapuleux ayant confondu « Hypocrate » et « hypocrite ». Les médecins qui refusent des patients couverts par la CMU (les plus pauvres, sur lesquels on ne peut pas faire de dépassement d'honoraires), ou qui creusent trop vite le trou de la Sécu et le pouvoir d'achat des patients, bref les vilains médecins libéraux qui profitent du généreux système, se verront menaçés de sanctions. La CNAM pourra même empêcher les dépassements d'honoraires et baisser les tarifs des médecins si le trou de la Sécu devenait trop profond (une profondeur qui se mesure en milliards de déficit pour la Sécu, et en millions de bénéfices supplémentaires dans les poches d'altruistes médecins libéraux). Roselyne se range donc gentiment du côté des patients et de la Sécu de De Gaulle.
En cette rentrée, la droite gouvernementale est très symphatique : elle fait du social, elle écoute les citoyens, elle les soutient, elle les protège, elle danse même avec eux. Suffisant pour dégonfler le désamour et les déceptions des Français? Espérons que non, et que la lucidité populaire triomphera vite de ces caresses populistes.
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mercredi, 02 avril 2008
Triomphe de l'image et mort des idées
Le triomphe de l’image
Quoi de plus flagrant depuis quelques mois que le triomphe de l’image ? Nicolas Sarkozy, premier homme de France, est une collection d’images : l’image d’un jet setter (Fouquet’s et yacht), l’image d’un winner matérialiste (signes extérieurs de richesse comme preuves de réussite), l’image d’un bosseur (hyperactivité assumée), l’image d’un homme moderne (jogging les matins et look soigné les soirs), l’image d’un homme comme les autres (qui ne contrôle pas toujours ses nerfs ni ses sentiments amoureux), bref une collection d’images souvent contradictoires et purement fictives.
L’une des dernières images de Nicolas Sarkozy est celle de sa nouvelle femme, véritable perle de beauté et de classe selon tous les commentateurs britanniques. Cette image n’est qu’une publicité, bien mise en avant : du marketing au service du politique et/ou de l’égo présidentiel. Carla Bruni, les rolex, l’entourage de milliardaires créent du rêve, de l’inaccessible, donc du désir, autour de Nicolas Sarkozy. Ce qu’espère Nicolas Sarkozy, c’est que les Français l’aiment, l’idolâtrent, lui vouent un culte. Cette volonté présidentielle ne se réalise pas pour l’instant : la France, de tradition catholique, a un problème avec l’argent, avec l’ostentation, avec les excès, et est donc très froide face au comportement actuel de Nicolas Sarkozy.
Le tragique de ce triomphe de l’image dans la politique réside dans sa généralisation : comme Nicolas Sarkozy, de plus en plus de personnalités politiques endossent des rôles d’acteurs (comédiens), adoptent des postures, créent des images autour de leur personne : c’est le cas notamment de Ségolène Royal, qui a fait campagne en insistant lourdement sur sa condition de femme, de mère de famille, sur son apparence aussi. C’est aussi le cas de François Bayrou, qui a joué de son image « France traditionnelle » en posant sur son fameux tracteur rouge et sur son image d’homme simple, honnête, posé.
Depuis les élections de 2007 au moins, le principal enjeu politique pour les candidats est devenu le choix stratégique, le contrôle et la vente de leur image : pour se faire élire, il faut se faire aimer des Français. Les idées, les programmes sont devenus secondaires. Ce qu’il faut avant tout, c’est créer une proximité, une adéquation, une amitié (fictives) avec les électeurs. Nicolas Sarkozy a gagné pour de nombreuses raisons, mais la principale me semble être qu’il a su se créer un personnage aimé de la majorité des Français.
La mort des idées
Ce marketing politique qui consiste à se vendre en tant que personne pour accéder au pouvoir montre actuellement toutes ses limites dès lors qu’il faut d’agir, lorsque le pouvoir est conquis. On le voit clairement aujourd’hui : Nicolas Sarkozy ne sait pas où il va, il gesticule, agite des concepts creux (« laïcité positive » par exemple), des idées rarement réfléchies (fin de la pub sur le service audiovisuel public)… De même sur sa politique économique, Nicolas Sarkozy oscille au gré de l’actualité et des sondages entre libéralisme (sur les services publics notamment) et protectionnisme économique (récemment, sur le sort de Mittal par exemple). Bref, Nicolas Sarkozy n’a pas de convictions profondes, n’a pas une « certaine idée de la France ». A propos de ce vide d’idées, certains disent que c’est la preuve que Nicolas Sarkozy est un homme pragmatique et non dogmatique. Cela montre surtout qu’il est l’archétype même de la démagogie, de la « pop politique » pour paraphraser Paul Krugman (pop economy).
Là encore, Nicolas Sarkozy n’a pas l’exclusivité dans la démagogie, dans le vide d’idées et dans la promotion de faux rêves, de faux espoirs. Ségolène Royal avait un projet peu cohérent : elle n’a pas fait un choix clair entre social-démocratie et socialisme historique (plus à gauche). Elle a surfé sur des propositions parfois démagogiques, a fait (et fait toujours) des boulettes monumentales qui montrent son manque de compétence dans de nombreux domaines (l’économie avant tout). Elle a vendu un profil (celle d'une femme simple mais compétente, prête), elle a aussi formulé un espoir (« un ordre juste »), sans en donner des clés explicites et suffisamment convaincantes. De même, François Bayrou a proposé un projet basé sur un espoir (un nouveau souffle démocratique, avec de nouvelles institutions, plus de citoyenneté et d’ouverture politique…) mais avec trop peu de choix clairs, en matière d’orientations économique et sociale notamment.
Dans ce système où le gagnant a été celui qui était le plus convaincant (grâce à son aisance orale, grâce à sa rhétorique, et non grâce à ses arguments, bien souvent infondés en réalité), tout compte sauf la vérité. Il faut parler aux Français avec simplicité, quitte à faire des sophismes terribles, quitte à dire des âneries colossales… « Plus c’est gros mieux ça passe » disait Chirac.
Le tournant (personnification du politique ; débats d’idées au second plan) qu’a pris la politique française, sous l’impulsion de Sarkozy depuis 2002 à mon avis (mais qui remonte peut-être au Général de Gaulle), est une terrible nouvelle pour la démocratie française car elle nous condamne, nous citoyens-électeurs, à être déçus et trahis. En effet, est élu celui qui promet le plus, qui manie le mieux la rhétorique et qui se façonne au mieux une image positive : bref, le meilleur imposteur. Face à cette situation et alors que nos élites intellectuelles sont en décomposition (voir tous les pseudo-intellectuels qui racontent quotidiennement des bobards sur les ondes ou dans certains journaux), la solution viendra des citoyens.
Le nouveau souffle viendra d’en bas ou ne viendra pas.
00:34 Publié dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozy, royal, bayrou, pipolitique, marketing politique, image
mardi, 19 février 2008
Le mystère Rama Yade
Je l'aime bien, Rama Yade, pour plusieurs raisons.
Tout d'abord, je suis convaincu qu'elle est animée de bons sentiments et qu'elle est libre (je veux dire : idéologiquement libérée d'un quelconque mode de pensée, victimiste par exemple, et de tout dogmatisme).
Je suis convaincu aussi de son envie de bien faire, d'être un exemple, d'incarner un espoir pour tous ceux qui n'en ont plus.
Je pense aussi qu'elle peut apporter beaucoup au débat politique et culturel en France (avec beaucoup, beaucoup d'autres évidemment), et à la nécessaire rétrospection de l'histoire française, et notamment l'histoire que la France partage avec l'Afrique.
Je l'aime aussi pour son esprit, sa jeunesse, sa liberté de ton : je suis heureux de l'entendre critiquer avec force la diplomatie du portefeuille, qui reçoit Khadafi. Je suis heureux aussi quand elle va voir personnellement les squatteurs d'Aubervilliers menacés d'évacuation.

De même, lorsqu'elle qualifie de "charognards" les journalistes français, tels des chasseurs de tête, Rama est évidemment dans l'excès, excès de victimisation, excès de défense de son maître. Cet excès-là, qui est plus le fruit d'une sarkophilie (pleine et assumée) que de malhonnêteté, est dangereux, car il touche à un des fondements de la république, la presse. Accuser la presse de se comporter comme un chasseur de tête quand c'est évidemment faux, ce n'est pas sain quand c'est improvisé, et c'est détestable quand c'est calculé (espérons que ça ne soit pas le cas avec Rama).
Enfin, sa sarkophilie pleine et assumée (le fait qu'elle voue une véritable admiration pour Nicolas Sarkozy qu'elle trouve plein de charisme) me dérange. Déjà car je ne la comprends pas, mais ça, ça n'est pas très grave. Ensuite parce que ce n'est pas souhaitable dans le cadre professionnel, surtout quand on est à un tel niveau de responsabilité. Où est la liberté de ton et d'action de Rama si elle est sous l'influence morale de son supérieur ?
Ensuite, ce sont ses pétages de plomb difficilement admissibles : aujourd'hui par exemple, lors d'une réunion publique à Colombes (Hauts-de-Seine) où elle est candidate sur une liste UMP, elle n'a pas hésité à parler de la gauche locale en ces termes : "cette gauche (...) qui s'en prend à moi parce que je suis noire". Que viennent faire de telles accusations dans une réunion publique ? Cette vicitmisation-là ("ils m'attaquent car je suis noire") est assez dégueulasse et elle cache certainement un tempérament instable, teinté peut-être du refus d'être remise en cause.
Ces deux interrogations font de Rama Yade un mystère pour moi. Inconstante : excessive puis silencieuse, droite et respectueuse puis insultante et victimiste.
Je pense que cette inconstance est la manifestation d'une fragilité qu'elle éprouve à se positionner politquement et psychologiquement dans ce gouvernement, où elle représente à la fois un symbole (de l'intégration réussie) et un alibi (d'une politique qu'elle ne cautionne pas toujours).
Si vous avez un avis, ça se passe en dessous, ou ailleurs.
19:35 Publié dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Rama Yade, Sarkozy, politique, gouvernement, droits de l'homme
dimanche, 20 janvier 2008
BHL, de gauche ?
Ce qui suit n'est pas un décryptage total ni minutieux de Bernard-Henri Lévy, de son idéologie, de ses écrits, de son narcissisme, ni même de son image. Non, je n'en ai ni le talent, ni les connaissances, et des gens compétents l'ont déjà fait (vous pouvez par exemple lire cette tribune de Serge Halimi dans Le Monde diplo). De plus, ce n'est pas aujourd'hui que je vais me permettre de juger dans sa globalité un écrivain que je n'ai presque pas lu. Ce billet n'est pas non plus une réaction à la lecture de Ce grand cadavre à la renverse, puisque je ne l'ai pas encore lu. Non, je réagis simplement à une de ses tribunes, publié le 17 Janvier dans Le Point, intitulée Le Blairisme, plus que jamais.
Ce qui me dérange chez BHL, c'est qu'il se proclame, sur tous les plateaux télé, homme "de gauche". Évidemment, tout citoyen à le droit de dire qu'il est de gauche si ça lui fait plaisir, je n'irai pas vérifier si c'est bien le cas. Mais la différence entre BHL et le citoyen lambda, c'est que le premier est écouté, lu, massivement, et qu'il est perçu par l'opinion publique comme une sorte de porte-voix de la gauche française. Ainsi, il a une influence, son message est entendu, et tout ce qu'il dit est, et doit être, conforme à un message de gauche. Or, rien qu'en lisant sa courte tribune du Point, j'ai des doutes sur son enracinement politique/idéologique à gauche.
Que dit-il dans cette tribune ?
"Il faut, en d'autres termes, qu'elle [la gauche française] fasse enfin clairement, à visage et à mots découverts, cette conversion à l'économie de marché, au libéralisme, à l'Europe, à la mondialisation, aux droits de l'homme, qu'elle n'a opérée, pour l'instant, qu'en catimini, presque en fraude, se condamnant ainsi à l'hypocrisie et à la schizophrénie.
La conversion ou la mort.
La clarté ou, de défaite en défaite, la chronique d'une disparition programmée.
Sous ce nom ou sous un autre, le blairisme est, plus que jamais, la seule issue possible pour une gauche qui aura tiré toutes les leçons, toutes, de l'égarement totalitaire."
Voilà qui serait bien parlé si l'auteur de ces lignes était un anti-socialiste aveugle. Or, ce n'est pas le cas: l'auteur de ces lignes est BHL, homme de gauche et soutien officiel du PS.
Je suis en désaccord avec ce que nous dit BHL sur de nombreux points :
1/ La gauche et la mondialisation
"Il faut que la gauche fasse cette conversion à l'économie de marché, à la mondialisation", nous dit BHL: d'accord. Mais il est important de rappeler que les socialistes ont fait cette conversion. Les socialistes d'aujourd'hui ne refusent pas le marché, ils tentent simplement de garder une influence sur celui-ci dans certains domaines (santé, éducation,...) et d'en limiter les dérives. Et ils ne considèrent pas la mondialisation comme une tragédie pour la France. Au contraire, les socialistes sont parfaitement conscients des nouveaux enjeux nés avec la mondialisation, et ont largement adapté leurs idées à cette réalité.
2/ La gauche et le libéralisme
-"Il faut se convertir au libéralisme": ce discours n'a pas grand chose à voir avec un discours de gauche. Le libéralisme est un système où les intérêts individuels dominent sur l'intérêt collectif. C'est le jeu du chacun pour soi, où les solidarités reculent dangereusement, où le lien social se casse (on en voit chaque jour les manifestations, dans nos rues, nos écoles, nos banlieues... je ne dis pas pour autant que le libéralisme est la cause de tous nos maux), où les précarités explosent, où la société perd une partie de ses repères au nom de la seule réussite économique. Donc pas vraiment une idée de gauche.
3/ La gauche et l'Europe
-"Il faut se convertir à l'Europe": allons, les socialistes sont parfaitement européens, et le sont évidemment plus que la droite. Simplement, la gauche ne veut pas que l'Europe se limite à une zone de libre-échange sauvage où interviennent dumpings social et fiscal. Elle veut une Europe politique, une Europe qui fait converger des pays différents vers des standards européens (sur la législation, le Code du Travail, la fiscalité...) sans pour autant vouloir un mixage forcé des cultures, des identités, de chaque pays de l'Union.
4/ La gauche et les droits de l'homme
-"Il faut se convertir aux droits de l'homme": on croit rêver. N'est-ce pas la gauche, et les progressistes, qui ont inventé les droits de l'homme? N'est-ce pas la droite qui a le plus lourd héritage en matière de non-respect des droits de l'homme? Oui, la gauche est aussi responsable. Mais on ne peut pas dire que la gauche française ne s'est pas convertie aux droits de l'homme. BHL fait là un fabuleux renversement de l'histoire de la gauche, à mon sens.
5/ La gauche et le blairisme
-"Le blairisme est la seule issue possible pour la gauche": bon, je ne savais pas que BHL était omniscient. Comment sait-il que le blairisme est la seule, l'unique, issue pour la gauche? Il y a de nombreux contre-exemples en Europe et dans le monde (notamment en Amérique du Sud) qui nous disent que le socialisme a encore toute son actualité, et sa pleine capacité à répondre aux enjeux actuels. Je ne dis pas là que le blairisme est à jeter, je suis loin de connaître suffisamment ce qu'a fait Blair en Grande-Bretagne. Mais je sais qu'il n'y a pas que du bon, loin de là. L'heure n'est pas venue pour la gauche française de faire du blairisme son idéal politique.
6/ La gauche et le totalitarisme
-"une gauche qui aura tiré toutes les leçons, toutes, de l'égarement totalitaire": le totalitarisme n'est pas seulement un égarement, c'est un totalitarisme, donc quelque chose à combattre avec fermeté et sans la moindre compassion. BHL veut nous dire que la gauche actuelle n'a pas tiré toutes les leçons du totalitarisme, stalinien probablement. Ah bon? Que reste-t-il de totalitaire dans les idées actuelles de la gauche? Je ne sais pas, et BHL ne juge pas utile de nous le dire. C'est dommage. Si BHL cherche à nous dire que la gauche socialiste (ou même communiste) contient en elle les dérives totalitaires, et que c'est pour cela qu'elle doit évoluer (vers le blairisme), c'est osé. C'est faire de tristes événements (qui ne représentent en rien la gauche, ses fondements, ses valeurs : le stalinisme par exemple) la preuve de la tendance naturelle de la gauche vers le despotisme. C'est absurde, simpliste, caricatural.
Voilà le flot de remarques et de critiques que m'inspirent ces quelques lignes de BHL.
BHL n'a pas peur des mots dès lors qu'il les cache dans des juxtapositions. Ainsi, il n'hésite pas, au milieu d'une énumération, à dire que la gauche française actuelle n'est pas convertie à l'Europe, à la mondialisation, aux droits de l'homme, et qu'elle tarde à tirer les leçons du totalitarisme. Rien que ça!
Tant d'aberrations et de contre-vérités ne peuvent, à mes yeux, pas venir d'un homme de gauche.
21:55 Publié dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : BHL, politique, gauche, libéralisme, mondialisation, droits de l'homme, totalitarisme
dimanche, 25 novembre 2007
Sarko et les libéraux n'aiment pas les impôts
Voilà le message de la droite, et notamment du Président Nicolas : il faut baisser les impôts, car c'est à cause de nos impôts élevés que la France va mal, que le chômage baisse si peu, que l'investissement est si faible, que la croissance a tant de mal à atteindre les 2% par an. Inutile de vous dire que je rigole quand j'écoute ça, et je peux vous donner quelques arguments.
-Premier argument qui met à mal les idées libérales en matière de fiscalité : les pays nordiques.
Par les temps qui courent, on aime à venter les mérites des économies des pays nordiques. Il faut néanmoins rappeler, comme le fait Liem Hoang-Ngoc dans Vive l'impôt, que les prélèvements obligatoires y sont supérieurs à ceux de la France, et les performances économiques meilleures. En chiffres, le total des prélèvements obligatoires en pourcentage du PIB est de 43% en France, contre 53% en Suède, 48% au Danemark, 46% en Finlande, et beaucoup moins pour l'Allemagne et surtout la Grande-Bretagne. Or, pour 2006, la croissance au Danemark était de 3,5%, celle de la Finlande de 5,0% et celle de la Suède de 4,3%, bien loin devant la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne (2,6%) (chiffres OCDE).
-Deuxième argument : les IDE.
La France est le 4eme pays du monde recevant le plus d'Investissements Directs Etrangers, derrière les Anglais, les Américains, et les Japonais. Et ces IDE reçus augmentent de 15% chaque année depuis plus de 10 ans, quelques soient nos politiques fiscales. Les investisseurs, malgré notre dévorante fiscalité, n'hésitent donc pas à investir dans nos entreprises. Sont-ils fous ? Non, ils connaissent simplement les avantages de la France, notamment en matière de qualité de main d'oeuvre et d'infrastructures.
-Troisième argument : une fiscalité trop faible est néfaste pour l'économie.
Notre Président a quasiment supprimé les droits de succession : ceci a un effet très désagréable, cela contribue à la reproduction sociale. Or, l'économiste Thomas Piketty l'a montré, la déconcentration des patrimoines permet d'avoir des entreprises moins familiales, et plus managériales : et on voit dans les faits que les entreprises managériales (donc pas dirigées par le fils à papa) ont de bien meilleurs résultats que les entreprises familiales, de l'ordre de +20 à +40% selon l'économiste Thomas Philippon, dans Le capitalisme d'héritiers, que je vous conseille. Il est évident que dans l'esprit des libéraux, et de facto de l'ami Nicolas, cette baisse des droits de succession va de paire avec une baisse de l'impôt sur le revenu pour les revenus les plus élevés. En témoigne dans la politique sarkozyenne le tout nouveau bouclier fiscal à 50%.
-Quatrième argument : le bouclier fiscal ne fait pas revenir les expatriés.
Sarkozy espérait que Johnny et les quelques 650 fortunes qui partent chaque année à l'étranger pour payer moins d'impôts reviendraient en France après son élection. Et bien non! C'est même Le Figaro qui nous le dit! Excepté Johnny, aucun de nos riches expatriés ne compte revenir en France. Je rappelle au passage que c'était l'objectif principal du bouclier fiscal, qui a tout de même coûté la bagatelle de 15 milliards d'euros (soit 1/3 du déficit public de notre beau pays!), et a supprimé dans les faits l'ISF (non pas l'Impôt Sur la Fortune, mais l'Impôt de Solidarité sur la Fortune, c'est différent).
Seulement, ces quelques arguments ne sont pas suffisants aux yeux de nos amis libéraux, qu'ils s'appellent Sarkozy, Fillon, ou Parisot. Du coup, ils campent depuis plusieurs dizaines d'années sur leurs positions, et notamment en France.
Exemple : l'impôt sur la Bourse et les bénéfices boursiers.
-En France, dans les années 1995, un dénommé François Fillon supprimait l'imposition sur les bénéfices tirés de placements boursiers vieux de plus de 8 ans, contre une imposition de 11% auparavant si je me souviens bien.
-L'histoire se répète : pas plus tard qu'il y a deux semaines (le 16 Novembre), le même François Fillon, par l'intermédiaire du projet de loi des finances 2008, mettait fin à l'impôt de Bourse. On le comprend, car cet impôt, vous allez le voir, était terrible pour les grands boursicoteurs! Regardez ça :
- transaction comprise entre 7 830 et 152 449 euros : 0.3% du montant de la transaction.
- transaction supérieure ou égale à 152 449 euros: 0.15% du montant de la transaction, plafonné à 610 euros.
610 euros d'impôt maximum pour des transactions de plus d'un million de francs ! Cet impôt était vorace ! Merci messieurs les députés d'avoir mis fin à ce pillage des profits financiers de la part de l'Etat Français, communiste pour le coup!
Cet entêtement sans fin pour une baisse de la fiscalité en France relève du dogmatisme économique. En effet, qu'espèrent Sarkozy et sa bande libérale en baissant les impôts ?
Oui les caisses de l'Etat sont de plus en plus vides, c'est logique!
Oui il va donc falloir que les Français se serrent la ceinture et disent adieu à leur modèle social.
Mais non la France ne gagnera pas vraiment en compétitivité internationale!
Non ce n'est pas en faisant du dumping fiscal ou social qu'on progressera et qu'on retrouvera une balance extérieure positive, surtout quand on sait que la majorité de nos importations/exportations se font en Europe, là où intervient le plus gravement la concurrence des modèles sociaux.
Non on ne grappillera pas de parts de marchés à la Chine (dont les salaires sont 40x plus faibles) sur les secteurs industriels simplement en baissant notre fiscalité.
NON. Notre seul avantage, c'est justement notre modèle social et nos services publics! A savoir notre capacité à éduquer et former les jeunes, notre capacité à assurer d'excellents soins aux travailleurs, notre capacité à former des élites innovantes, notre capacité à investir dans la recherche, notre capacité à offrir d'excellentes infrastructures et services aux entreprises, notre capacité aussi à toujours rester au top de la connaissance.
Mais ce n'est là que mon humble avis.
01:05 Publié dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : politique, fiscalité, Sarkozy, Parisot, Fillon, impôts
lundi, 05 novembre 2007
Elysee.fr en retard
Allez, aujourd'hui, direction le site officiel de l'Elysée
Pourquoi ?
Parce que ce site je l'aime bien moi, il est joli (bleu et blanc, c'est joli non? bon, y restait plus de rouge sur la palette du webmaster, tans pis ... ca aurait été joli un site bleu-blanc-rouge ... enfin passons).
Parce que sur ce site, on s'y sent bien... des jolis menus, des jolies images, et surtout pas trop de texte (le texte c'est chiant et puis ca sert à rien sur le site officiel du Président vu que le Président il écrit pas, il dit tout à la télé). En plus, sur ce site, on ne voit pas la présence des autres, les internautes, et oui, on ne peut pas balancer de commentaires, de réactions... rien!
Parce que la web-tv du Président, elle est géniale, y a pleins de vidéos, y a même Gilbert Montagné.
Parce qu'on peut "Ecrire au Président", et ça c'est bien quand on a un problème, on écrit au Président, et entre deux conseils des ministres, il nous répond, en personne, et résout notre problème. Pratique. Bon par contre, faut être concis, c'est 4000 caractères maximum!
Parce qu'il y a une rubrique "Photos", avec les dernières photos du Président. Et là, en ce moment, les dernières photos, elles montrent l'arrivée de notre Président et des 7 personnes (journalistes et hôtesses de l'air) qu'il a sauvé hier. Pas moins de 4 photos rien que pour montrer la descente de l'avion hier soir! Ils sont rapides, hein.
Et puis enfin, parce qu'il y a une rubrique "Le Président', et là on a toute la biographie de Nicolas le Président.
Mais bizarrement, cette page, contrairement à toutes les autres, n'est pas à jour, regardez:

"Marié"...
Notre Président est toujours marié, et c'est vrai, puisque c'est le site officiel de l'Elysée qui le dit!
13:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, divorce, elysee.fr
vendredi, 02 novembre 2007
Immigration, enfin un sursaut à gauche!
Ca y est! La gauche se réveille!
Non, elle ne s'est pas encore vraiment rénovée, ni le PS, ni les communistes, et encore moins les révolutionnaires.
Non, elle ne s'est pas encore unifiée et elle en est loin.
Non, le PS ne fera pas pression sur Sarkozy pour que les Français aient droit à un référendum sur le Traité simplifié, et c'est bien dommage.
Mais quelque chose a changé dans le discours à gauche, quelques voix se sont levées (j'en ai repérée 2 ces derniers jours) et un nouvel optimisme s'est emparé de moi!
Quand ça ? Ce soir, vers 23h, mais ça a commencé il y a 2 jours!
Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Pas grand chose au niveau planétaire, mais quelque chose d'assez grand pour moi! Manuel Valls, puis Jacques Attali, se sont exprimés, avec des mots et des idées de gauche, sur le sujet de l'immigration! Et ils ont dit autre chose que le désormais traditionnel "oui, Sarkozy a raison, il faut vraiment contrôler l'immigration", qu'on entend depuis quelques mois à gauche.
- Tout commence il y a deux jours, sur le plateau du Grand Journal (sur Canal+, tous les soirs de la semaine vers 19H30 pour les non-initiés).
Manuel Valls est invité, vous savez ce jeune socialiste qui adore Sarkozy et veut rentrer au gouvernement. Et il nous a dis en substance : "Non, l'immigration, ce n'est pas ce fardeau dont on nous parle tous les jours, qui nous pille nos allocs et nous vole nos scooters. Non, l'immigration, ce sont des personnes qui osent croire que la France a quelque chose à leur offrir, un travail, une vie décente... Voilà pourquoi nous devons considérer ces immigrés comme une chance pour la France et pour son avenir, et voilà pourquoi nous devons tout faire pour les aider et les intégrer."
Applaudissements du public, des applaudissements qui me donnent espoir.
Moi, je trouve que ces quelques mots sont forts, car ils vont à contre-sens de tout ce qu'on entend depuis plusieurs mois, voire même depuis plusieurs années, au sujet de l'immigration. Je trouve que ces quelques mots définissent ce qui doit être la position politique de la gauche dans son ensemble. Et pour finir, je trouve ça beaucoup plus puissant que les "oui, il faut contrôler l'immigration" de certains socialistes. Je trouve ça même plus puissant encore que la critique (nécessaire bien sûr) des tests ADN du trio Mariani-Hortefeux-Sarkozy.
- Et, ce soir vers 22h, splendide surprise, qui arrive au bon moment je trouve : Jacques Attali nous poste un billet sur son blog.
Qu'est-ce qu'il dit celui-là, cet ancien conseiller intime de Mitterrand, aujourd'hui vendu à Sarkozy, et à la botte de l'ultra-libéralisme ? Eh bien, il m'a dit tout ce que j'avais besoin d'entendre. Il a écrit ce soir que "les pays d’Europe où la croissance est la plus forte sont ceux qui, comme l’Irlande, le Portugal, le Royaume-Uni, l'Espagne et la Suède savent recevoir des étrangers et faire revenir leurs étudiants partis se former ailleurs". Les gagnants sont les pays qui "savent recevoir des étrangers"! C'est-à-dire les pays qui acceptent l'immigration, qui la considèrent comme une chance, et qui font donc tout pour aider ces étrangers, pour les intégrer.
Et il donne même des chiffres ! "Les 600.000 Européens de l'Est venus depuis moins de dix ans au Royaume-Uni ont contribué à 5 % du PIB anglais et les Pakistanais y ont créé l’essentiel des entreprises nouvelles. En Espagne, le quadruplement en six ans du nombre des étrangers est à l'origine de la moitié de la croissance. Au Portugal, plus de 300.000 Ukrainiens, venus d’abord illégalement et remarquablement intégrés, sont un formidable facteur de développement." Là je jubile !
Ca fait combien de temps que j'ai pas entendu un socialiste me dire que l'immigration, c'est vraiment, réellement, concrétement, bien pour un pays et pour son économie ? Trop longtemps. Comme ça fait trop longtemps que j'écoute les vieux refrains réactionnaires qui me parlent des profiteurs du système social, de l'islamisation de la France, de la crise des banlieue et de la soi-disant "haine de la France" de la part des jeunes d'origine étrangère.
Et puis, pour finir en beauté, Attali, qui je le rappelle est un vendu, un corrompu, bref un pourri, nous dit ceci : "La France, elle, semble partie à grande vitesse en sens inverse : Elle ne réussit pas à intégrer ceux des étrangers qui sont sur son territoire, et ferme encore la porte à tous les autres, privant non seulement nos laboratoires et nos entreprises de talents considérables.""Il lui faudra bientôt changer de cap ouvertement . Le plus tôt serait le mieux."
Ce sont vraiment là des propos de sarkozystes? Je ne crois pas. Moi, je vois là les propos d'un homme de gauche, un homme qui nous rappelle la positition qui doit être celle de la gauche vis-à-vis des immigrés.
Que ce rappel viennent de deux socialistes qu'on dit "de droite", "sarkozystes", ou encore "ultra-libéraux", je trouve ça vraiment fort, et en fait, ça me fait plaisir!
Mon seul regret dans cette affaire, c'est de ne pas avoir entendu les mêmes propos de la part de Ségo, de Hollande, et des autres qui entendent mener le PS et la gauche vers les victoires prochaines.
01:20 Publié dans Opinion, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, immigration, sarkozy, valls, attali
mardi, 30 octobre 2007
"Travailler plus pour gagner plus", ça vaut aussi pour Nicolas
C'est l'info du jour : notre Président Sarkozy n'est pas assez payé, et on va donc lui accorder une augmentation de son salaire... de 140%.
Difficile à assumer, à justifier, cette hausse mirobolante du salaire d'un des français les plus privilégiés? Eh bien non. Les défenseurs de cette mesure ont même trouvé plusieurs arguments de choc.
-le Président gagne deux fois moins que le Premier ministre, c'est injuste.
On le comprend Nicolas, gagner moins que son porte-parole, que son écuyer, que cet emploi fictif de Fillon, alors que lui il travaille 24H/24 7J/7 pour notre pomme, il s'abîme même les dents à aller chercher la croissance tant espérée... ça n'est pas juste, surtout dans une méritocratie où celui qui travaille doit être récompensé, au détriment de celui qui se roule les pouces, de celui qui se lève tard, de celui qui se fait passer pour un malade, de celui qui conduit des trains alors que conduire des trains, c'est simple et rigolo! Si si! ... Alors Sarkozy le travailleur, qui a le goût de l'effort comme il dit, doit être payé comme il le mérite. Et "trois francs six sous" comme dit Aphatie, c'est pas suffisant, c'est même ridicule. Non ? Rappelons au détour que trois francs six sous dans la langue du journaliste de RTL et du Grand Journal, ca veut dire 7000 euros net par mois, et ca veut aussi dire"101.488 euros bruts par an". Merci à Sébastien Fontenelle, de Vive le Feu, de rappeler que c'est déjà pas mal dans un pays qui est en faillite! Si Si!
-le Président Français est moins payé que ses homologues étrangers
Eh oui Angela Merkel est mieux payée que Nicolas, et en plus elle est plus grande : inacceptable! Même les Irlandais sont plus généreux avec leur Président que les Français! C'est une honte pour la France, ce grand, riche et beau pays. Ce qu'on oublie de demander aux irlandais et aux allemands, c'est si ils ne demandent pas à leurs dirigeants politiques d'être plus économes dans leurs dépenses... car chez nous c'est pas trop ça: hier, l'ami Chirac se faisait plaisir avec des beaux voyages à 20 000 euros la nuit. Aujourd'hui Sarkozy fait rénover Versailles, Cécilia fait creuser une piscine à Brégançon... Donc bon, on a du mal, nous Français, a faire confiance à nos Présidents en matière d'honnêteté et de rigueur budgétaire. C'est simple, si quelqu'un d'en haut se sert dans le sac, on a pas envie, nous, la France d'en-bas, de trop l'alimenter ce sac!
Ces arguments sont imbattables : tout le monde s'accorde donc à dire que "oui, il faut augmenter le Président, de 140% au moins! Et ceux qui s'y opposent, ils sont démago!"
D'accord, alors je suis démago!
Ce nouveau salaire (20 000 euros par mois), c'est ce que demande Sarko (en récompense aux grands services qu'il nous rend tout les jours depuis six mois), je trouve ça assez scandaleux...
20:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, politique, salaire







