dimanche, 13 janvier 2008

L'UMP contre le pouvoir d'achat des Français

Que les fidèles de l'UMP s'abstiennent: la suite de ce billet pourrait mettre fin à tous leurs espoirs en terme de relance du pouvoir d'achat par l'actuelle majorité.

Au terme d'une enquête approfondie et méthodique, il apparaît que l'UMP se fout royalement de l'augmentation du pouvoir d'achat des Français. (c'est dur à avaler, je sais, mais c'est la triste réalité)

 

La preuve en image

 

1/ Clé USB 256mo vendue par l'UMP : 48€                   68df9b2423c9ba9554ca7b665a42dbd3.jpg

 

 

 

 

 

Clé USB 256mo vendue par LDLC.com : 6,90€ 

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-> L'UMP vend ses clés USB 7x plus cher que la concurrence (LDLC)!

 

 

2/ La souris filaire vendue par l'UMP : 18€                     34a03ab8a5fb59a885527de70116772f.jpg

 

 

 

 

 

La souris filaire vendue par RueduCommerce : 4,45€ 5df51118a66ba11ca10c8854ef30db3b.jpg

 

 

 

 

-> L'UMP vend ses souris filaires 4x plus cher que la concurrence (RueduCommerce)!

 
 
3/ Le briquet vendu par l'UMP : 2,50€       
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Le briquet vendu par le PS : 2,00€ 
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-> L'UMP vend ses briquets 25% plus cher que la concurrence (le Parti Socialiste)!

 

On peut tirer deux leçons de cette étude:

- L'UMP est contre l'augmentation du pouvoir d'achat 

Qu'on ne vienne pas nous dire que l'UMP se bat pour préserver le pouvoir d'achat des Français! L'UMP ne s'intéresse qu'à l'optimisation de ses profits et participe pleinement à la tendance inflationniste.

- L'UMP est un parti vieillissant

En effet, sa gamme de produits ne répond pas aux attentes des clients potentiels. Exemple : la souris filaire n'intéresse plus personne depuis plusieurs années! De même pour les clés USB 256mo: nous sommes à l'ère des USB 4Go!

 

Au vu de ces affligeants résultats, il apparaît comme urgent que l'UMP entame un processus de rénovation et qu'elle prenne conscience du monde dans lequel elle vit, un monde globalisé, un monde de concurrence mondialisée, un monde avec de nouveaux besoins... 

 

Pour finir ce billet qui fait froid dans le dos, un peu de gaïeté avec ce stylo lumineux qui vous jouera la Marseillaise.

 

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Prix UMP : 7€

Mais bon, après tout, la Marseillaise, ça n'a pas de prix. 

dimanche, 02 décembre 2007

Marche ou crève

Notre Président s'est exprimé jeudi dernier sur le pouvoir d'achat. Interview en direct de l'Elysée par le très pragmatique duo PPDA-Chabot : comme le dit Jean-Michel Apathie de RTL, la forme y était, le fond beaucoup moins.

Mais avant de vous donner mes impressions sur les principales propositions de Nicolas, quelques chiffres que je tiens principalement d'un article de l'économiste Daniel Cohen pour Le Monde:

-depuis 3 ans, le pouvoir d'achat des Français augmentent de 1,9% par an en moyenne selon l'INSEE.

-l'inflation ne serait que de 1,5% en 2007 selon l'INSEE.

-les dépenses contraintes (la nourriture, le logement, les transports, etc) représentent entre 40 et 50% des dépenses totales des Français.

-les Français dépensent 1/4 de leurs revenus (et la moitié pour les plus défavorisés) pour se loger et le coût global du logement augmente de 7% par an en moyenne.

-le prix des transports augmentent chaque année proportionnellement à l'augmentation du prix des énergies (le prix du gaz a par exemple augmenté de 56% en 3 ans, le prix du pétrole de 100% environ). 

-le prix de la nourriture augmente fortement (les chiffres de l'INSEE sont peu représentatifs puisqu'ils ne prennent pas en compte les produits nouveaux, plus chers, qui remplacent des produits anciens.)

Alors comment expliquer la faible inflation, et la hausse de notre pouvoir d'achat, contrairement à ce qu'on ressent dans les magasins ?

Principalement parce que le calcul de l'inflation de l'INSEE via l'IPC (Indice des Prix à la Consommation) est très imparfait, et qu'il se fait à partir d'un panier-type peu représentatif.

Ce calcul accorde finalement trop d'importance à la baisse du prix des biens high-tech (-50% en 3 ans) par rapport à la forte hausse des prix des matières premières par exemple, comme le blé dont on parle beaucoup en ce moment.

De fait, l'inflation statistique est tirée vers le bas alors que l'inflation est bien visible dans les magasins. Et on nous dit que le pouvoir d'achat des Français augmente de 1,9% par an, alors que les Français ressentent fortement le syndrome de la vie chère.

De l'avis de tous, et notamment de notre Président, le pouvoir d'achat des Français est bien un problème. Nicolas a donc fait quelques propositions, j'en retiens les principales :

-la monétisation des RTT : l'employeur pourra donc racheter ses RTT à un salarié. Le salarié gagnera donc plus, en travaillant plus. Mais qu'en est-il de ceux qui font des heures sup' (10 millions de salariés si je me souviens bien) ou de ceux qui ne peuvent pas poser leurs RTT (médecins, infirmiers, policiers, etc) ? A ce sujet et sur un ton sarcastique, lire le billet de Aymard. De plus, je me demande bien où est la limite de cette disposition ? Dans quelques mois, pourquoi Nicolas ne nous proposerait-il pas, au nom du pouvoir d'achat, de permettre aux employeurs de racheter les congés payés de ses salariés ? Le salarié serait par exemple payé 2x plus en travaillant au lieu d'être en vacances. 

-le travail le dimanche : mais attention, Nicolas met des bémols, il faudra que ce travail se fasse sur la base du "volontariat", et soit "payé le double". Merci Nicolas. Mais il est peut-être utile de rappeler que ces deux conditions sont déjà présentes dans la législation en vigueur^^. De plus, cette disposition vise principalement les magasins, qui pourraient ouvrir le dimanche. or, il a été montré qu'un magasin n'augmente pas son chiffre d'affaire hebdomadaire en ouvrant le dimanche. Ce n'est pas parce qu'un magasin ouvre un jour de plus que les gens ont un meuble de plus à acheter!

-l'indexation des loyers sur les prix : si on avait appliqué cette disposition pour cette année par exemple, les loyers n'auraient augmenté que de 1,9%, contre 2,5% en réalité. Cependant, il va falloir se remuer au Palais Bourbon, car si la loi ne passe pas avant la fin de l'année (ce qui sera bien sûr le cas), les loyers ne seront indexés sur les prix qu'à partir du 1er Janvier 2009! Donc rien pendant un an!

-l'aide publique de l'Etat pour les nouveaux locataires et le recul des garanties demandées aux nouveaux locataires (on passerait de 3 mois à 1 mois de caution) : étrange, cette proposition ne figurait pas dans le programme de Nicolas. Par contre, elle figurait dans celui de Ségolène Royal. Sûrement un dysfonctionnement élyséen.

Ces deux derniers points sont largement critiqués par certains économistes, notamment Econoclaste.

Pourquoi ?

Car on observe que le contrôle des prix des loyers par l'Etat entraîne presque mécaniquement une pénurie en logement.

Pourquoi ?

Car le promoteur, ou le propriétaire, n'a pas intérêt à construire, ou à mettre son logement en location, lorsque l'Etat lui impose des conditions, notamment sur le prix ou sur la durée des cautions. Du coup, on observe un manque de constructions de logements ou de mises en location de ceux-ci, ce qui ne fait qu'empirer la crise du logement. 

Bref, les propositions du Président Nicolas ne sont que des mesurettes. Elles ne toucheront que peu de Français, auront un impact très limité sur leur pouvoir d'achat, et amplifieront certainement la crise actuelle du logement. Pour voir une autre analyse des mêmes propositions, allez faire un tour chez Infocrate.

"Travailler plus pour gagner plus", ça rime, c'est joli... mais ça ne marche pas vraiment surtout dans un pays où près de 10 millions de salariés ont déjà recours aux heures sup'.

Quant à ceux qui n'ont pas envie de travailler plus (ils ont le droit non ?) mais qui ont, légitimement, l'impression que leur pouvoir d'achat baisse, ils n'ont qu'à aller se faire voir.  

Marche ou crève.