mardi, 09 septembre 2008

A la rentrée, la droite devient (presque) ouverte et sociale

Billet mi ironique, mi sérieux sur l'étonnante rentrée politique de quelques uns de nos ministres. L'occasion pour eux de se donner une nouvelle image en comptant sur l'amnésie et l'aveuglement des foules : une tactique politique payante?

Etonnant spectacle que nous propose depuis quelques jours la fameuse droite française, celle de Sarkozy et de son clan élitiste, celle du karcher et des expulsions massives, celle des cadeaux fiscaux et de la rente, cette droite de la realtpolitik et du cynisme triomphant...

Cette droite-là, plutôt méprisable à de nombreux égards, s'offre en cette rentrée un new look, un nouveau visage, une nouvelle attitude : dorénavant, c'est la fête, tout le monde est gentil, on s'écoute, on s'amuse, on se fait des cadeaux... En effet, hormis le grand grincheux Xavier Darcos qui ne lâche rien sur la réforme de l'école et Rachida Dati qui ne veut pas nous dire qui est le père (personnellement, je ne veux pas le savoir, j'attends juste d'elle qu'elle nous fasse le bilan de ses navrantes réformes), tous les autres ministres semblent gentils, ouverts, généreux et philanthropes en ce retour des vacances.

aa1a876a-fb83-11dc-b6d8-a746204e8b3b.jpgEn cette rentrée, Nadine Morano s'éclate en musique, sur le dance-floor, entourée de dizaines de « jeunes populaires » en délire. (Ces jeunes UMP semblent plus attirer par le corps à corps avec la secrétaire d'Etat à la famille que par le difficile questionnement sur l'intérêt et l'intelligence de leur militantisme sarkozien.) Apparemment, Nadine s'amuse aussi. Ambiance cool donc. On notera cependant le piètre déhanché du secrétaire général adjoint de l'UMP, Christian Estrosi (oui, celui qui avait tenté de rétablir la peine de mort en 1991 et qui aime désormais louer des avions privés aux frais du contribuable).

Martin_Hirsch.jpgBonne ambiance aussi du côté de Martin Hirsch, le digne héritier de l'Abbé Pierre, désormais Haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté. Martin a réussi à imposer son idée de RSA (celui-là même qui figurait dans le pacte présidentiel de Royal). Alors, depuis quelques jours, c'est la fête partout en France autour de Martin, le sauveur des pauvres gens. De l'avis de tous (ou presque), le RSA c'est bien, c'est social, c'est en faveur des pauvres (en vérité, ce n'est ni bien, ni social, ni en faveur des pauvres : les quelques euros de plus du RSA ne feront pas sortir les gens de la précarité, et cela dégradera le marché du travail en subvientonnant les emplois à temps partiel mal payés). Mais certains casseurs d'ambiance, dont je suis, ne participent pas à cette fête nationale depuis qu'ils ont compris que le financement du RSA (la fameuse taxe de 1,1% sur les revenus du capital) serait intégré dans le calcul du bouclier fiscal, si bien que les plus riches en seront exemptés. La belle solidarité du RSA correspond en réalité à faire payer la classe moyenne pour aider les quatre millions de français les plus affaiblis. Beau symbole, qui fait doucement rire en choeurs Marianne, la République, et le fantasmé « Liberté, Egalité, Fraternité ».

h-20-1076308.jpgAutre gentillesse, venue cette fois de la part d'Hervé Morin. Notre ministre de la Défense, qui avait trahi Bayrou pour servir la France au printemps 2007, vient maintenant au secours des libertés en s'indignant du fichier Edvige. Notons qu'Hervé accuse un léger retard de plusieurs mois sur les associations, les syndicats, la gauche, le centre, et les premiers pétionnaires du début d'année dont je fais parti. Hervé ne trouve pas normal ni même utile que l'Etat collecte autant d'informations (opinions politiques, religieuses, activités professionnelles et personnelles, entourage, etc.) sur toute personne de plus de 13 ans jouant un rôle politique, économique, syndical, associatif, religieux « significatif ». Voyant la liste des contestataires s'allonger, Nicolas Sarkozy a lui aussi faire preuve d'ouverture et de sympathie en cette rentrée en demandant à notre stricte ministre de l'Intérieur Michelle Alliot-Marie d'arranger tout ça. Etonnante façon de travailler : si ce fichier est si indigne et illégal, s'il viole nombre de conventions, pourquoi l'avoir inventé avec tous ces excès liberticides ? Peut-être parce que Nicolas et d'autres espéraient que nul ne s'en rende compte.

roselyne_bachelot_reference.jpgEnfin, Roselyne Bachelot, notre ministre de la santé, nous fait aussi plaisir : elle se lance à la chasse aux médecins crapuleux ayant confondu « Hypocrate » et « hypocrite ». Les médecins qui refusent des patients couverts par la CMU (les plus pauvres, sur lesquels on ne peut pas faire de dépassement d'honoraires), ou qui creusent trop vite le trou de la Sécu et le pouvoir d'achat des patients, bref les vilains médecins libéraux qui profitent du généreux système, se verront menaçés de sanctions. La CNAM pourra même empêcher les dépassements d'honoraires et baisser les tarifs des médecins si le trou de la Sécu devenait trop profond (une profondeur qui se mesure en milliards de déficit pour la Sécu, et en millions de bénéfices supplémentaires dans les poches d'altruistes médecins libéraux). Roselyne se range donc gentiment du côté des patients et de la Sécu de De Gaulle.

En cette rentrée, la droite gouvernementale est très symphatique : elle fait du social, elle écoute les citoyens, elle les soutient, elle les protège, elle danse même avec eux. Suffisant pour dégonfler le désamour et les déceptions des Français? Espérons que non, et que la lucidité populaire triomphera vite de ces caresses populistes.

dimanche, 01 juin 2008

Poutine à Paris

Vladimir Poutine, pour sa première visite à l'étranger en tant que président du Conseil des ministres russe, a choisi la France et Paris. Il y a notamment rencontré Nicolas Sarkozy, François Fillon, son ami Jacques Chirac, ou encore l'académicien Maurice Druon.


Sur la forme
L'accueil parisien -et notamment élyséen- a été chaleureux, Nicolas Sarkozy allant même jusqu'à inviter le Premier ministre russe à un dîner à l'Elysée. Il est bien loin le temps des promesses de campagne où Nicolas ne voulait pas serrer "la pogne de Poutine".

Vladimir a aussi rendu visite à son "ami" Jacques Chirac, "homme très agréable" doté de "connaissances encyclopédiques". En 2006, Jacques remettait à Vladimir la Légion d'Honneur. Quelques mois plus tard, c'est Vladimir qui décore Jacques d'une haute distinction russe, le Prix d'Etat, pour "l'importance de son action en faveur de la coopération franco-russe". Et Jacques de répondre, ravi : "Ces dix années ont été incontestablement de grandes années pour la Russie. Je tiens à rendre hommage à ton action".

N'y a-t-il pas là, dans les éloges de Chirac, dans la courtoisie de Sarkozy, une terrible hypocrisie ? des silences bienveillants ? Rien sur l'élection triomphale de Medvedev. Rien sur la Tchétchénie. Rien sur Anna Politkovskaïa. Rien sur les opposants au régime. Rien sur la liberté d'expression en Russie. Juste de "grandes années pour la Russie".


Sur le fond
Le Monde a longuement interrogé l'ancien chef du Kremlin (l'interview intégrale est ici). Poutine y dit des choses intéressantes bien qu'il faille les prendre avec distance compte tenu d'où elles sortent.
 
Sur l'Iran, il s'oppose à la prolifération de l'arme nucléaire quel que soit le pays, et veut réglementer le nucléaire civil pour le rendre plus sûr. Au sujet de l'entrée probable de pays d'Europe de l'Est dans l'OTAN, il exprime sa crainte de voir s'élargir cette organisation née avec la Guerre Froide, élargissement qui pourrait menacer le multilatéralisme et renouveler une logique de blocs. En clair, les boucliers anti-missiles en Europe de l'Est, il n'en veut pas. De façon plus globale, le Premier minsitre russe dénonce la tentation impérialiste américaine, et notamment en Irak : "Il ne peut y avoir de monopole dans les affaires internationales. Il ne peut y avoir de structure monolithe dans le monde, ni d'empire ou de maître unique."
Vladimir Poutine tente aussi de mettre au clair son rôle d'"humble serviteur" aux côtés du Président Medvedev : "il décide, j'exécute" dit-il en substance.
 
 
Vladimir Poutine se donne une image toute neuve d'homme bien intentionné, dévoué, raisonnable, démocrate, pacifiste. L'opération séduction est lancée. Si Vladimir cherche à remonter dans l'estime des Européens, il lui faudra beaucoup d'énergie car il part de très bas.

Si ce petit jeu est avant tout diplomatique, il servira certainement les intérêts politico-économiques communs aux deux pays, mais n'effacera ni les forfaits du passé, ni les divergences du futur.
 
(Si la géopolitique Etats-Unis-Europe-Russie vous intéresse, le Monde Diplomatique d'Avril 2008 est instructif, cet article notamment) 

mercredi, 02 avril 2008

Triomphe de l'image et mort des idées

Ci-dessous un billet sur la déception, la lassitude que m’inspirent nos élites, politiques et intellectuelles, des élites qui donnent à l’image une prééminence qu’elle ne mérite pas, et qui laissent tomber les idées nobles pour mieux affirmer les dogmes et faire oublier leur manque de convictions.

Le triomphe de l’image

Quoi de plus flagrant depuis quelques mois que le triomphe de l’image ? Nicolas Sarkozy, premier homme de France, est une collection d’images : l’image d’un jet setter (Fouquet’s et yacht), l’image d’un winner matérialiste (signes extérieurs de richesse comme preuves de réussite), l’image d’un bosseur (hyperactivité assumée), l’image d’un homme moderne (jogging les matins et look soigné les soirs),  l’image d’un homme comme les autres (qui ne contrôle pas toujours ses nerfs ni ses sentiments amoureux), bref une collection d’images souvent contradictoires et purement fictives.

L’une des dernières images de Nicolas Sarkozy est celle de sa nouvelle femme, véritable perle de beauté et de classe selon tous les commentateurs britanniques. Cette image n’est qu’une publicité, bien mise en avant : du marketing au service du politique et/ou de l’égo présidentiel. Carla Bruni, les rolex, l’entourage de milliardaires créent du rêve, de l’inaccessible, donc du désir, autour de Nicolas Sarkozy. Ce qu’espère Nicolas Sarkozy, c’est que les Français l’aiment, l’idolâtrent, lui vouent un culte. Cette volonté présidentielle ne se réalise pas pour l’instant : la France, de tradition catholique, a un problème avec l’argent, avec l’ostentation, avec les excès, et est donc très froide face au comportement actuel de Nicolas Sarkozy.

Le tragique de ce triomphe de l’image dans la politique réside dans sa généralisation : comme Nicolas Sarkozy, de plus en plus de personnalités politiques endossent des rôles d’acteurs (comédiens), adoptent des postures, créent des images autour de leur personne : c’est le cas notamment de Ségolène Royal, qui a fait campagne en insistant lourdement sur sa condition de femme, de mère de famille, sur son apparence aussi. C’est aussi le cas de François Bayrou, qui a joué de son image « France traditionnelle » en posant sur son fameux tracteur rouge et sur son image d’homme simple, honnête, posé.

Depuis les élections de 2007 au moins, le principal enjeu politique pour les candidats est devenu le choix stratégique, le contrôle et la vente de leur image : pour se faire élire, il faut se faire aimer des Français. Les idées, les programmes sont devenus secondaires. Ce qu’il faut avant tout, c’est créer une proximité, une adéquation, une amitié (fictives) avec les électeurs. Nicolas Sarkozy a gagné pour de nombreuses raisons, mais la principale me semble être qu’il a su se créer un personnage aimé de la majorité des Français.

 
La mort des idées

Ce marketing politique qui consiste à se vendre en tant que personne pour accéder au pouvoir montre actuellement toutes ses limites dès lors qu’il faut d’agir, lorsque le pouvoir est conquis. On le voit clairement aujourd’hui : Nicolas Sarkozy ne sait pas où il va, il gesticule, agite des concepts creux (« laïcité positive » par exemple), des idées rarement réfléchies (fin de la pub sur le service audiovisuel public)… De même sur sa politique économique, Nicolas Sarkozy oscille au gré de l’actualité et des sondages entre libéralisme (sur les services publics notamment) et protectionnisme économique (récemment, sur le sort de Mittal par exemple). Bref, Nicolas Sarkozy n’a pas de convictions profondes, n’a pas une « certaine idée de la France ». A propos de ce vide d’idées, certains disent que c’est la preuve que Nicolas Sarkozy est un homme pragmatique et non dogmatique. Cela montre surtout qu’il est l’archétype même de la démagogie, de la « pop politique » pour paraphraser Paul Krugman (pop economy).

Là encore, Nicolas Sarkozy n’a pas l’exclusivité dans la démagogie, dans le vide d’idées et dans la promotion de faux rêves, de faux espoirs. Ségolène Royal avait un projet peu cohérent : elle n’a pas fait un choix clair entre social-démocratie et socialisme historique (plus à gauche). Elle a surfé sur des propositions parfois démagogiques, a fait (et fait toujours) des boulettes monumentales qui montrent son manque de compétence dans de nombreux domaines (l’économie avant tout). Elle a vendu un profil (celle d'une femme simple mais compétente, prête), elle a aussi formulé un espoir (« un ordre juste »), sans en donner des clés explicites et suffisamment convaincantes. De même, François Bayrou a proposé un projet basé sur un espoir (un nouveau souffle démocratique, avec de nouvelles institutions, plus de citoyenneté et d’ouverture politique…) mais avec trop peu de choix clairs, en matière d’orientations économique et sociale notamment.

 


Dans ce système où le gagnant a été celui qui était le plus convaincant (grâce à son aisance orale, grâce à sa rhétorique, et non grâce à ses arguments, bien souvent infondés en réalité), tout compte sauf la vérité. Il faut parler aux Français avec simplicité, quitte à faire des sophismes terribles, quitte à dire des âneries colossales… « Plus c’est gros mieux ça passe » disait Chirac.    

Le tournant (personnification du politique ; débats d’idées au second plan) qu’a pris la politique française, sous l’impulsion de Sarkozy depuis 2002 à mon avis (mais qui remonte peut-être au Général de Gaulle), est une terrible nouvelle pour la démocratie française car elle nous condamne, nous citoyens-électeurs, à  être déçus et trahis. En effet, est élu celui qui promet le plus, qui manie le mieux la rhétorique et qui se façonne au mieux une image positive : bref, le meilleur imposteur. Face à cette situation et alors que nos élites intellectuelles sont en décomposition (voir tous les pseudo-intellectuels qui racontent quotidiennement des bobards sur les ondes ou dans certains journaux), la solution viendra des citoyens.

Le nouveau souffle viendra d’en bas ou ne viendra pas. 

mardi, 19 février 2008

Le mystère Rama Yade

Je l'aime bien, Rama Yade, pour plusieurs raisons.

Tout d'abord, je suis convaincu qu'elle est animée de bons sentiments et qu'elle est libre (je veux dire : idéologiquement libérée d'un quelconque mode de pensée, victimiste par exemple, et de tout dogmatisme).

Je suis convaincu aussi de son envie de bien faire, d'être un exemple, d'incarner un espoir pour tous ceux qui n'en ont plus.

Je pense aussi qu'elle peut apporter beaucoup au débat politique et culturel en France (avec beaucoup, beaucoup d'autres évidemment), et à la nécessaire rétrospection de l'histoire française, et notamment l'histoire que la France partage avec l'Afrique.

Je l'aime aussi pour son esprit, sa jeunesse, sa liberté de ton : je suis heureux de l'entendre critiquer avec force la diplomatie du portefeuille, qui reçoit Khadafi. Je suis heureux aussi quand elle va voir personnellement les squatteurs d'Aubervilliers menacés d'évacuation.

 
Evidemment, il y a aussi des choses chez elle qui me déplaisent.
 
Quand elle utilise les termes "sans projet, sans idée, sans vision" pour qualifier la gauche au congrès d'investiture de Nicolas Sarkozy début 2007 devant des milliers de militants UMP, ça m'attriste, car elle sait aussi bien que moi que ces mots-là sont infondés, simplistes, et purement démagogues. Evidemment, c'est efficace, la foule sarkozyste s'enflamme, les militants tantôt acclament Rama, tantôt huent la gauche. Mais ce n'est pas ça faire de la politique.


De même, lorsqu'elle qualifie de "charognards" les journalistes français, tels des chasseurs de tête, Rama est évidemment dans l'excès, excès de victimisation, excès de défense de son maître. Cet excès-là, qui est plus le fruit d'une sarkophilie (pleine et assumée) que de malhonnêteté, est dangereux, car il touche à un des fondements de la république, la presse. Accuser la presse de se comporter comme un chasseur de tête quand c'est évidemment faux, ce n'est pas sain quand c'est improvisé, et c'est détestable quand c'est calculé (espérons que ça ne soit pas le cas avec Rama).

Enfin, sa sarkophilie pleine et assumée (le fait qu'elle voue une véritable admiration pour Nicolas Sarkozy qu'elle trouve plein de charisme) me dérange. Déjà car je ne la comprends pas, mais ça, ça n'est pas très grave. Ensuite parce que ce n'est pas souhaitable dans le cadre professionnel, surtout quand on est à un tel niveau de responsabilité. Où est la liberté de ton et d'action de Rama si elle est sous l'influence morale de son supérieur ?

Deux questions au sujet de Rama 
 
Il y a deux choses que j'ai du mal à comprendre chez Rama.
 
Tout d'abord, c'est son inconstance, ses zigzags perpétuels, entre silence et rebellion, entre docilité et colère (légitime). 
Un jour elle critique la politique étrangère du porte-feuille de Sarkozy (qui signe des contrats avec Khadafi, Hu Jintao et les autres), et le lendemain elle tempère fortement ses propos et fait l'éloge de la politique d'ouverture aux pays en voie de pseudo-démocratisation.
 

Ensuite, ce sont ses pétages de plomb difficilement admissibles : aujourd'hui par exemple, lors d'une réunion publique  à Colombes (Hauts-de-Seine) où elle est candidate sur une liste UMP, elle n'a pas hésité à parler de la gauche locale en ces termes : "cette gauche (...) qui s'en prend à moi parce que je suis noire". Que viennent faire de telles accusations dans une réunion publique ? Cette vicitmisation-là ("ils m'attaquent car je suis noire") est assez dégueulasse et elle cache certainement un tempérament instable, teinté peut-être du refus d'être remise en cause.

Ces deux interrogations font de Rama Yade un mystère pour moi. Inconstante : excessive puis silencieuse, droite et respectueuse puis insultante et victimiste.

Je pense que cette inconstance est la manifestation d'une fragilité qu'elle éprouve à se positionner politquement et psychologiquement dans ce gouvernement, où elle représente à la fois un symbole (de l'intégration réussie) et un alibi (d'une politique qu'elle ne cautionne pas toujours).

Si vous avez un avis, ça se passe en dessous, ou ailleurs.

dimanche, 17 février 2008

Sarkocentrisme

C'est une triste réalité : presque toute l'actualité tourne autour d'un seul homme, Sarkozy. Ce sarkocentrisme ambiant est le résultat de plusieurs éléments (j'ai pu en oublier) :

1 - Nicolas Sarkozy espère que cette stratégie sera payante. En attirant toute l'attention médiatique sur lui, il porte personnellement toute les réformes menées actuellement et espère qu'elles seront mieux vu parce que sarkoziennes. En ce sens, la stratégie réussit car les réformes sont dans l'ensemble bien acceptées par les Français, comme en témoigne la bonne popularité de l'horloger Fillon ;

2 - Nicolas Sarkozy est parfaitement égocentrique et adore qu'on l'observe, qu'on le suive, qu'on le traque. Il fait d'ailleurs tout pour qu'on en sache le plus possible sur son intimité, fait publiquement des allusions à sa vie amoureuse, affrète des avions pour les journalistes lors de ses voyages personnels, etc. Ce penchant là est très mauvais en terme de popularité pour Sarkozy, et le mariage n'a rien arrangé ;

3 - Les Français sont gloutons, ils veulent être dans l'intimité de ce Président, ils aiment le côté people du politique, ça les intéresse, ça les fait rêver, et ils le montrent en achetant la presse politique pipolisée. Les Français font donc tourner cette machine médiatique, et s'en offusquent pourtant en critiquant la surexposition de Sarkozy (les Français sont pleins de contradiction) ;

4 - Les médias y trouvent leur compte : leurs ventes et audiences augmentent, leur travail de journalisme politique recule ce qui leur donne moins de travail et de critiques, ils surfent tranquillement sur la vague du people, comme le montre les exemples récents des bonnes ventes du Point et de l'Express.

Ce sarkocentrisme est observable chaque jour. Il est le fruit de la volonté (consciente et inconsciente) de presque tout le monde, pas seulement de Sarkozy. Quelques exemples :

-Carla Bruni-Sarkozy, pour sa première interview de 1ère dame de France (exclu réservée à l'Express, compte tenu de la grande complicité entre Carla et le directeur de la rédaction Christophe Barbier), fait une sale et ridicule analogie entre la presse française actuelle (qui ferait la chasse à Sarkozy, tels des "charognards" selon les propres mots de Rama Yade) et la presse vichyste et antisémite de la seconde guerre mondiale. Elle s'excuse. Ca ne suffit pas. Le mal est fait. L'incomparable est comparé.

-L'Obs et Airy Routier provoquent un séisme médiatico-politico-déontologique avec le fameux SMS. Sarkozy porte plainte au pénal, une première, peu importe. L'info est-elle vraie ? Et est-elle vérifiable ? Fallait-il la publier ? Si c'est faux, quel gâchis pour l'Obs. Si c'est vrai, qu'en penser ? Sarkozy est-il fou ? Se marie-t-il simplement pour son image ? Est-il doué de sentiments ? Trop de questions dans cette affaire surmédiatisée pour peu de réponses.

-Feuilleton à Neuilly : le chouchou de Cécilia, David Martinon, se fait trahir par ses colistiers (dont le fabuleux Jean Sarkozy) sous prétexte de mauvais sondages. L'UMP investit alors un candidat qui n'est même pas adhérent à l'UMP ! Nicolas Sarkozy, maire pendant 19 ans de la ville la plus riche de France, a évidemment tenu un rôle de décideur. (à voir ce reportage de LaTéléLibre)

-La faute d'orthographe : grand séisme, Sarkozy aurait fait une faute d'orthographe dans une phrase d'un discours qui traitait justement de l'importance de l'orthographe pour les élèves. C'est fun, c'est à voir, mais ca n'est pas très intéressant, d'autant que le plus grave reste quand même sa non-maîtrise de la syntaxe. Enfin passons.

-La mémoire des déportés en CM2 : cette idée stupide appelle évidemment la condamnation et la résistance. D'autres l'ont fait clairement et brillamment (Birenbaum, Fontenelle, Versac, Radical Chic, Vincent Peillon, Simone Veil, Dominique Vidal, Infocrate, etc), donc je n'y reviens pas. Je veux simplement dire que je partage parfaitement l'avis de Daniel Schneidermann : cette annonce est un enfumage stratégique, comme l'était l'annonce de la suppression de la pub sur le service public. Deux annonces faites pour donner de la matière aux médias et aux Français, pour les occuper. Deux annonces qui permettent aussi de combler un vide d'idées.

Face à ce climat ambiant de sarkocentrisme, certains s'organisent, avec retard il est vrai (de nombreux vigilants-résistants sont au travail depuis des années). Ainsi a été lancé par des personnalités de mouvements divers "l'appel à la vigilance républicaine". Rien de menaçant, ni de révolutionnaire, juste un rappel : face à l'exercice du pouvoir de Sarkozy, la République veille.

Cette simple pétition républicaine a pourtant été accueillie par les plus ridicules et sales réactions de la part des sarko-défenseurs.

 

Yves Jego -Ainsi, le député UMP Yves Jégo déclare tranquillement le plus vilain mensonge :"On en revient aux méthodes staliniennes." Heureusement pour lui, le ridicule ne tue pas. La diffamation non plus.

 

 

-Pour Jean-Pierre Raffarin, qui réagit sur son blog, "c'est [...] grave." Bien lancé JP.

  

 

 

Roger Karoutchi -Le sénateur UMP des Hauts-de-Seine Roger Karoutchi estime quant à lui que cette jolie pétition témoigne d'un "fascisme rampant" et d'un "déni de démocratie". Fascisme rampant ? Déni de démocratie ? Ah bon. Je ne savais pas que le fascisme, c'était le fait de lancer un appel à la vigilance. Et je ne savais pas que la démocratie, c'était "après le vote, tais-toi pendant 5 ans". Enfin, Roger Karoutchi fait de la politique depuis 25 ans, donc il doit s'y connaître en matière de démocratie.

 

Pour finir, un petit billet caustique de Fontenelle où il est question de cet homme qui a été condamné à une amende de 800 euros (+ 1 € pour Sarkozy en personne) parce qu'il avait comparé notre Président à Pétain. Qu'en est-il par exemple d'Yves Jégo qui compare les signataires de l'appel à des "staliniens" ? La diffamation est pourtant du même genre.

jeudi, 10 janvier 2008

Anne Roumanoff 1, Nicolas Sarkozy 0

D'habitude, je ne suis pas super fan de l'humour d'Anne Roumanoff. Mais là, à Vivement Dimanche, elle s'est lâchée comme aucun humoriste ne l'a fait depuis 6 mois!

5min de cassage intégral de notre Président et de son nouveau joujou ostentatoire, Carla Bruni. Elle n'hésite pas à attaquer le physique, la virilité et le narcissisme de Nicolas. Du très lourd!
 

Je ne sais pas vous, mais moi, depuis son accession au trône de France, je n'avais jamais vu un(e) humoriste si connu(e) tacler avec autant de vigueur (et de justesse) notre monarque.

Donc BIG UP à Anne Roumanoff. 

mercredi, 09 janvier 2008

La menace qui pèse sur les bars à chicha, vue par le NYT

Depuis quelques semaines, je navigue souvent sur les sites étrangers pour y voir ce que pensent nos voisins de notre beau pays. Et je suis rarement déçu: les articles sont souvent bien renseignés, objectifs, et critiques... bref, du vrai journalisme.

En témoigne cet article du New York Times, où il est question de la nouvelle loi anti-tabac appliquée depuis le 2 Janvier en France.

Dans cet article, dont les lecteurs américains ne sont potentiellement pas très intéressés par les détails de cette mesurette franco-française, on nous dit beaucoup de choses pertinentes et intéressantes:

-on apprend que la cigarette est, aux USA, un symbole de la France,

-on apprend aussi que nicotine vient du nom du diplomate français du XVIeme siècle Jean Nicot, qui ramena un beau jour un remède aux maux de tête de Catherine de Médicis : le tabac,

-on nous dit en quoi consiste la loi,

-on nous donne les réactions de français, fumeurs et non fumeurs, satisfaits et mécontents,

-on a droit aux commentaires de nos ministres favorites (Roselyne Bachelot à la Santé, et MAM à l'Intérieur),

-on parle enfin des très mécontents, les "fierce pockets of resistance", au premier rang desquels les "800 water-pipe tea houses" que comptent notre beau pays.

Ces "water-pipe tea houses" , ce sont les bars à chicha... "extremely modest enterprises owned by ethnic Arabs" nous précise la journaliste (info intéressante, utile, et exacte!).

L'article explique alors pourquoi les propriétaires de bars à chicha sont mécontents: la consommation sur place de tabac est leur principale activité. Malgré l'évidente mise en péril de leur activité, le gouvernement n'a toujours pas prévu de dérogations pour ces professionnels, alors que c'était un engagement de Nicolas Sarkozy durant la campagne. Autant dire que cette loi va leur assurer une belle faillite.

La journaliste donne donc ensuite la parole au syndicat UPN (Union des Professionnels du Narguilé) qui s'insurge logiquement de cette loi destructrice pour eux.

La journaliste va même encore plus loin, elle n'hésite pas à rappeler certaines infos importantes:

-elle rappelle les propos du candidat Sarkozy: "interdire de fumer dans les lieux de vente de cigarettes, c'est plutôt étrange",

-elle rappelle aussi que Nicolas Sarkozy s'était engagé, selon l'UPN, auprès des propriétaires de bars à chicha à leur accorder des dérogations compte tenu de la nature de leur activité, 

-elle rappelle enfin que Nicolas Sarkozy est un amateur de cigares, ce qui sonne comme un petit tacle bien senti contre notre Président.

 

Tout ça pour vous dire que:

-le New York Times fait un bon travail journalistique sur des sujets qui touchent peu son lectorat, ce qui montre un certain attachement de leur part à leur mission première: informer et enquêter sur tout (en tout cas beaucoup de choses), partout (au moins en Europe).

-la loi anti-tabac comporte des défauts qu'il faut vite corriger: les professionnels du narguilé doivent pouvoir continuer leur activité via des dérogations. On peut aussi regretter que, contrairement à l'Espagne par exemple, les propriétaires d'établissements (bars, boîtes de nuit, ...) n'aient pas la possibilité de choisir: établissement fumeur ou établissement non fumeur.

-autre leçon de cette affaire: le gouvernement fait la sourde oreille, et Sarkozy s'en fout et ne respecte pas un de ces engagements de campagne.

samedi, 22 décembre 2007

Low stock of scorn

(Traduction du titre : Stock de mépris faible)

Quelques jours d'air frais pour cette fin d'année ne feront pas de mal.

Car là, je sature un peu, je suis fatigué.

Fatigué par les pathétiques (car mises en scène) histoires de couple de Nicolas.

Fatigué par le matraquage médiatique des récents non-événements (Bruni, Manaudou, Miss France...). 

Fatigué par les graves attaques à notre laïcité de Nicolas, en visite chez Benoit.

Fatigué par l'inutile entourage de Nicolas dans chacun de ses voyages (eux-aussi inutiles, notamment le dernier au Vatican). 

Fatigué par les voyoucrates qui profitent du système (je parle de l'affaire des HLM de 200m2, je parle de MAM qui fait embaucher toute sa famille dans son cabinet, je parle de Nicolas qui conserve illégalement son salaire de ministre de l'Intérieur depuis 6 mois).

Fatigué par les sales réflexions de Nicolas (devant Benoit, il dénonce avec obscénité l'attirance de la société pour le "matériel", alors qu'il arbore avec fierté tous les signes extérieurs de richesse, yachts, Rolex, top model...).

La liste est encore longue, mais le courage me manque.

Chateaubriand disait : "Il faut être économe de son mépris en raison du grand nombre des nécessiteux." Sage précepte.  Deux siècles plus tard, les nécessiteux sont toujours aussi nombreux et j'ai du mal à gérer mes stocks (pourtant vastes) de mépris. Seule solution, mépriser en silence**, pendant au moins quelques jours. C'est ce que je vais faire.

Joyeux Noël à ceux qui se sentent concernés. 

 

* "Il n'est réplique si piquante que le mépris silencieux" Montaigne

 

lundi, 17 décembre 2007

Toyotisme et produit sarkozyen

"Nicolas fait ceci", "Nicolas signe cela". "Nicolas vend ceci", "Nicolas déclare cela"...

Irritant flux tendu , flux d'informations brutes.

Et comme tout flux tendu, il ne s'arrête jamais.

Le duo complice qui nous gouverne tous (à savoir la belle alliance Sarkozy-lémédias) applique à l'information (politique) un des fondements du Toyotisme : les stocks coûtent chers (à stocker et à déstocker!) donc ne stockons plus. La production doit se retrouver dans les étalages en le moins de temps possible, donc en quelques secondes.

1/ Sarkozy, en bon automate compulsif, se charge de la production: il est le producteur. Il produit l'information comme le mécano produit le moteur des Toyotas. Comment ? En s'agitant, chaque jour un peu plus, sans jamais respecter le cahier des charges, les savoirs-faire, les règles, etc.

2/ Les médias s'occupent de la logistique: ils sont les vendeurs. Ils réceptionnent les marchandises fraîchement produites, l'enrobent dans des cartons pré-dessinés (ces cartons ne s'adaptent aucunement au produit, aucune différenciation dans le traitement des produits : tout ce qui arrive est choyé avec la même indulgence, ou inconscience), et expédient le tout aux consommateurs d'infos, les infophages, nous.

Flux tendu. Pas de sas d'attente avant l'expédition. Pas de stock. Donc pas d'inspection. Pas de contrôle de la qualité. Pas de jugement. Pas de comparaison.

Lémédias nous livrent chaque jour la production sarkozyenne (sarkozienne ?) brute.

Rares sont ceux qui s'aventurent dans les bureaux "Qualité" (le produit est-il viable ? efficace ? bien-fondé ?) et "Historique de la production" (le produit est-il bien nouveau ? inédit ? N'est-ce pas là un même produit que depuis 20 ans, dans un nouvel emballage ?).

Rares sont ceux qui, dans cette grande entreprise toyotiste aux engrenages bien huilés, prennent le temps de faire deux pas en arrière, pour tenter de juger avec un peu de recul ce qui défile sur les tapis roulants, ce qui garnit ensuite  les rayons des magasins à information (les journaux, JT, etc).

Du coup, on a chaque jour devant nous des étalages pleins d'informations, fraîches, inédites, et rien d'autre, pas de guide d'utilisation, pas de fiche technique. Pourtant...

Le produit sarkozyen est très facile à avaler (car simpliste et caricatural). 

Le produit sarkozyen est dangereux, pour ne pas dire toxique (il oppose les hommes, alimente les conflits, et adoubent les tyrans du monde). 

Le produit sarkozyen est addictif (lémédias se font d'excellents publicitaires quand il s'agit de créér un info-besoin, le matraquage médiatique en est la preuve).

 

Exemple type de ce modèle productif: 
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1/ Pendant plusieurs mois de campagne, Sarkozy produit des informations au sujet de sa vie intime avec Cécilia (le retour de Cécilia, Cécilia et Nicolas réunis, Cécilia belle sur le perron de l'Elysée...). Nicolas et Cécilia se séparent. Après quelques mois d'atroce douleur soutenue avec courage, Nicolas s'affiche de nouveau avec des femmes. Dernièrement Carla Bruni, à DisneyLand!

2/ Lémédias réceptionnent les informations et les mettent dans des jolis cartons (les Unes, les pages people...). Ils les expédient ensuite. L'offre du produit (le scoop pipolitique) suscite la demande grâce au matraquage publicitaire. Les buzz s'enchaînent. Les produits se vendent bien. Les infophages les avalent, dépendants qu'ils sont.

Et moi, je gerbe, devant tant d'obscénité (vulgarité, mégalomanie, narcissisme, manipulation, etc).

Produit, producteur et vendeur me dégoutent.

Le système quoi. 

mardi, 11 décembre 2007

Kadhafi comme en Lybie

Oui, le dictateur Mouammar Kadhafi doit se sentir presque comme chez lui, en Lybie, depuis son arrivée à Paris.

Il demande qu'une femme, et non Brice Hortefeux, l'accueille à sa descente d'avion : Michèle Alliot-Marie s'y colle, avec bonheur apparemment! (photo). 

Il demande qu'une tente lui soit installée dans les jardins de la capitale pour recevoir ses invités, c'est fait! Et la tente est même "chauffée", comme l'explique David Martinon. (Malheureusement, on n'a pas de photo de cette tente!)

Il demande que son "entourage" (400 personnes) le suive partout où il va: ce sont donc 100 voitures qui le suivront dans tous ses déplacements.

Il veut se rendre au Palais Bourbon : il ira bien (c'était ce matin!). 

Mais Kadhafi n'est pas complétement comme chez lui. Exemple : Il a demandé à s'exprimer à la tribune de l'Assemblée Nationale, probablement pour réaffirmer la légitimité des faibles à commettre des attentats terroristes. Eh bien non, il n'a pas eu le droit de parler devant nos chers députés.

D'ailleurs, s'il en avait eu l'autorisation, il n'aurait pu s'exprimer que devant quelques députés de droite. En effet, l'ensemble de la gauche (PS, PC, radicaux, Verts) ont boycotté la scéance de ce matin.

Le Vert Noel Mamère avait même l'intention de manifester ce matin devant l'Assemblée avec ses collègues.

Rama Yade déclarait aussi dans le Parisien que la France n'était pas "un paillasson", ni une simple "balance commerciale".

Peu de temps après, Bernard Kouchner, absent pour la durée de la visite de Kadhafi, déclarait soutenir Rama Yade dans ses critiques.

Bayrou trouve àa "indigne", Ségo "inacceptable"... 

Bref les réactions sont donc nombreuses, aussi bien sur le net (JM Apathie, radical chic, Versac, Sylvain Elies, Guy Birenbaum, Infocrate, Fontenelle, etc etc) que dans les hauts lieus de la République (de très nombreuses parlementaires de gauche, du centre, et même de l'UMP). 

J'aimerais juste un petit truc : un bon gros sondage sur l'avis des Français au sujet de cette visite. Allez CSA, IPSOS et autre OpinionWay, faites un effort!

Pour finir, voilà la vanne du jour, signée Nicolas Sarkozy.  C'était il y a moins d'un mois!

 

 

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