dimanche, 15 février 2009
S'opposer à la communication de Sarkozy
J'ai très peu d'intérêt pour la communication politique, et pas beaucoup pour la stratégie politique. Mais faisons-en un peu, au service des idées.
Chaque annonce présidentielle nous le confirme, Nicolas Sarkozy incarne à merveille la victoire de la communication sur la politique, du sophisme sur le débat d'idées, du prêt-à-penser sur la compréhension du réel. Mensonges, manipulations, caricatures sont ses outils de communicant privilégiés pour convaincre depuis plusieurs années et, comme à son habitude, il en a usé et abusé lors de sa grande interview télévisée consacrée à la crise. Si les exemples vous manquent, en voici quelques uns : la nomination du Président de France Télévision, qui ne doit pas être approuvée par les 3/5ème des députés comme annoncé mais qui peut seulement être bloquée par les 3/5ème (ce qui exclut un barrage de la gauche) ; la baisse de la TVA qui, contrairement à ce qui a été dit, a permis une réelle et rapide relance de la consommation au Royaume-Uni ; l'incroyable mauvaise foie sur l'affaire du Préfet muté ; la quasi-injure envers Le NouvelObs, un an après l'affaire du sms, pour ne pas répondre à une question ; etc. Nicolas Sarkozy s'inscrit ainsi parfaitement dans l'héritage chiraquien (SuperMenteur) de déni de la réalité et de la vérité.
Mais contrairement à Chirac, Sarkozy a entraîné toute la classe politique, tous les grands partis, sur le terrain de la communication, de la bataille rhétorique plutôt que de la confrontation d'idées et de projets, et il a vaincu. En effet, que nous proposent le PS, le MoDem, le NPA, les trois seules forces politiques capables de s'opposer publiquement au gouvernement ? Beaucoup de réponses toutes faites, de réflexes politiciens, d'effets d'annonce, et peu de contre-projets profonds, construits, capables de montrer qu'une alternative est prête et qu'on pourra lui faire confiance en 2012. Car c'est ce qui est en jeu.
Olivier Besancenot martelle son discours anti-capitaliste déconnecté du réel en espérant rassembler les déçus de tout bord (vive le projet!) et si les médias aiment ce radicalisme, il n'apporte pas beaucoup au débat ; les socialistes sans direction bien établie, tiraillé entre le NPA et le MoDem, s'opposent sans rien incarner sinon des perdants ; Ségolène Royal, constante dans son incohérence, écrit des livres d'insulte (la Fra-ter-ni-té tant chantée n'entre plus dans son plan de com' visiblement) et balance des petites flèches contre Sarkozy ; le MoDem ne profite guère de l'échec des socialistes à incarner les premiers opposants, et ne propose à peu près rien sinon des listes décevantes, médiatiques plus que renouvelées, aux Européennes.
L'opposition institutionnelle, classique, échoue donc -contrairement aux syndicats et à l'opposition sur le net, dans les blogs- probablement parce qu'elle manque de visibilité (1/3 du temps de parole pour le gouvernement, 1/3 pour l'UMP, 1/3 seulement pour tout ce qui reste) et de message fort et clair. Cependant, le contre-plan de relance du PS, certainement imparfait, est un des premiers projets de fond, avec des contre-propositions claires et applicables, proposés par les socialistes depuis 2007 et qui a eu une certaine résonance médiatique.
Il faudrait certainement beaucoup d'initiatives de ce genre, traitant des points précis (fiscalité, emploi, logement, éducation, etc.), pour former à terme une alternative politique visible et cohérente, un programme et des idées capables de convaincre en 2012. Car la seule opposition stérile, l'anti-sarkozysme brut, qui vise à dire aux déçus du sarkozysme ce qu'ils veulent entendre (à ce jeu, Hamon tient un discours souvent caricatural proche de Besancenot) ne leur donnera probablement pas de raisons suffisantes de voter l'alternance : la communication peut être utile -elle a même fait gagner Sarkozy- mais le PS ne doit pas s'en contenter car ce parti a l'avantage d'avoir des idées, beaucoup de gens compétents, et du temps devant lui : tout ce que n'a pas l'UMP ?
19:17 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, communication, sarkozy, ps, npa, modem, ump
dimanche, 17 février 2008
Sarkocentrisme
C'est une triste réalité : presque toute l'actualité tourne autour d'un seul homme, Sarkozy. Ce sarkocentrisme ambiant est le résultat de plusieurs éléments (j'ai pu en oublier) :
1 - Nicolas Sarkozy espère que cette stratégie sera payante. En attirant toute l'attention médiatique sur lui, il porte personnellement toute les réformes menées actuellement et espère qu'elles seront mieux vu parce que sarkoziennes. En ce sens, la stratégie réussit car les réformes sont dans l'ensemble bien acceptées par les Français, comme en témoigne la bonne popularité de l'horloger Fillon ;
2 - Nicolas Sarkozy est parfaitement égocentrique et adore qu'on l'observe, qu'on le suive, qu'on le traque. Il fait d'ailleurs tout pour qu'on en sache le plus possible sur son intimité, fait publiquement des allusions à sa vie amoureuse, affrète des avions pour les journalistes lors de ses voyages personnels, etc. Ce penchant là est très mauvais en terme de popularité pour Sarkozy, et le mariage n'a rien arrangé ;
3 - Les Français sont gloutons, ils veulent être dans l'intimité de ce Président, ils aiment le côté people du politique, ça les intéresse, ça les fait rêver, et ils le montrent en achetant la presse politique pipolisée. Les Français font donc tourner cette machine médiatique, et s'en offusquent pourtant en critiquant la surexposition de Sarkozy (les Français sont pleins de contradiction) ;
4 - Les médias y trouvent leur compte : leurs ventes et audiences augmentent, leur travail de journalisme politique recule ce qui leur donne moins de travail et de critiques, ils surfent tranquillement sur la vague du people, comme le montre les exemples récents des bonnes ventes du Point et de l'Express.
Ce sarkocentrisme est observable chaque jour. Il est le fruit de la volonté (consciente et inconsciente) de presque tout le monde, pas seulement de Sarkozy. Quelques exemples :
-Carla Bruni-Sarkozy, pour sa première interview de 1ère dame de France (exclu réservée à l'Express, compte tenu de la grande complicité entre Carla et le directeur de la rédaction Christophe Barbier), fait une sale et ridicule analogie entre la presse française actuelle (qui ferait la chasse à Sarkozy, tels des "charognards" selon les propres mots de Rama Yade) et la presse vichyste et antisémite de la seconde guerre mondiale. Elle s'excuse. Ca ne suffit pas. Le mal est fait. L'incomparable est comparé.
-L'Obs et Airy Routier provoquent un séisme médiatico-politico-déontologique avec le fameux SMS. Sarkozy porte plainte au pénal, une première, peu importe. L'info est-elle vraie ? Et est-elle vérifiable ? Fallait-il la publier ? Si c'est faux, quel gâchis pour l'Obs. Si c'est vrai, qu'en penser ? Sarkozy est-il fou ? Se marie-t-il simplement pour son image ? Est-il doué de sentiments ? Trop de questions dans cette affaire surmédiatisée pour peu de réponses.
-Feuilleton à Neuilly : le chouchou de Cécilia, David Martinon, se fait trahir par ses colistiers (dont le fabuleux Jean Sarkozy) sous prétexte de mauvais sondages. L'UMP investit alors un candidat qui n'est même pas adhérent à l'UMP ! Nicolas Sarkozy, maire pendant 19 ans de la ville la plus riche de France, a évidemment tenu un rôle de décideur. (à voir ce reportage de LaTéléLibre)
-La faute d'orthographe : grand séisme, Sarkozy aurait fait une faute d'orthographe dans une phrase d'un discours qui traitait justement de l'importance de l'orthographe pour les élèves. C'est fun, c'est à voir, mais ca n'est pas très intéressant, d'autant que le plus grave reste quand même sa non-maîtrise de la syntaxe. Enfin passons.
-La mémoire des déportés en CM2 : cette idée stupide appelle évidemment la condamnation et la résistance. D'autres l'ont fait clairement et brillamment (Birenbaum, Fontenelle, Versac, Radical Chic, Vincent Peillon, Simone Veil, Dominique Vidal, Infocrate, etc), donc je n'y reviens pas. Je veux simplement dire que je partage parfaitement l'avis de Daniel Schneidermann : cette annonce est un enfumage stratégique, comme l'était l'annonce de la suppression de la pub sur le service public. Deux annonces faites pour donner de la matière aux médias et aux Français, pour les occuper. Deux annonces qui permettent aussi de combler un vide d'idées.
Face à ce climat ambiant de sarkocentrisme, certains s'organisent, avec retard il est vrai (de nombreux vigilants-résistants sont au travail depuis des années). Ainsi a été lancé par des personnalités de mouvements divers "l'appel à la vigilance républicaine". Rien de menaçant, ni de révolutionnaire, juste un rappel : face à l'exercice du pouvoir de Sarkozy, la République veille.
Cette simple pétition républicaine a pourtant été accueillie par les plus ridicules et sales réactions de la part des sarko-défenseurs.
-Ainsi, le député UMP Yves Jégo déclare tranquillement le plus vilain mensonge :"On en revient aux méthodes staliniennes." Heureusement pour lui, le ridicule ne tue pas. La diffamation non plus.
-Pour Jean-Pierre Raffarin, qui réagit sur son blog, "c'est [...] grave." Bien lancé JP.
-Le sénateur UMP des Hauts-de-Seine Roger Karoutchi estime quant à lui que cette jolie pétition témoigne d'un "fascisme rampant" et d'un "déni de démocratie". Fascisme rampant ? Déni de démocratie ? Ah bon. Je ne savais pas que le fascisme, c'était le fait de lancer un appel à la vigilance. Et je ne savais pas que la démocratie, c'était "après le vote, tais-toi pendant 5 ans". Enfin, Roger Karoutchi fait de la politique depuis 25 ans, donc il doit s'y connaître en matière de démocratie.
Pour finir, un petit billet caustique de Fontenelle où il est question de cet homme qui a été condamné à une amende de 800 euros (+ 1 € pour Sarkozy en personne) parce qu'il avait comparé notre Président à Pétain. Qu'en est-il par exemple d'Yves Jégo qui compare les signataires de l'appel à des "staliniens" ? La diffamation est pourtant du même genre.
19:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, sarkocentrisme, Carla, Jégo, Karoutchi, Raffarin, UMP
dimanche, 13 janvier 2008
L'UMP contre le pouvoir d'achat des Français
Que les fidèles de l'UMP s'abstiennent: la suite de ce billet pourrait mettre fin à tous leurs espoirs en terme de relance du pouvoir d'achat par l'actuelle majorité.
Au terme d'une enquête approfondie et méthodique, il apparaît que l'UMP se fout royalement de l'augmentation du pouvoir d'achat des Français. (c'est dur à avaler, je sais, mais c'est la triste réalité)
La preuve en image
1/ Clé USB 256mo vendue par l'UMP : 48€ 
Clé USB 256mo vendue par LDLC.com : 6,90€

-> L'UMP vend ses clés USB 7x plus cher que la concurrence (LDLC)!
2/ La souris filaire vendue par l'UMP : 18€ 
La souris filaire vendue par RueduCommerce : 4,45€ 
-> L'UMP vend ses souris filaires 4x plus cher que la concurrence (RueduCommerce)!


-> L'UMP vend ses briquets 25% plus cher que la concurrence (le Parti Socialiste)!
On peut tirer deux leçons de cette étude:
- L'UMP est contre l'augmentation du pouvoir d'achat
Qu'on ne vienne pas nous dire que l'UMP se bat pour préserver le pouvoir d'achat des Français! L'UMP ne s'intéresse qu'à l'optimisation de ses profits et participe pleinement à la tendance inflationniste.
- L'UMP est un parti vieillissant
En effet, sa gamme de produits ne répond pas aux attentes des clients potentiels. Exemple : la souris filaire n'intéresse plus personne depuis plusieurs années! De même pour les clés USB 256mo: nous sommes à l'ère des USB 4Go!
Au vu de ces affligeants résultats, il apparaît comme urgent que l'UMP entame un processus de rénovation et qu'elle prenne conscience du monde dans lequel elle vit, un monde globalisé, un monde de concurrence mondialisée, un monde avec de nouveaux besoins...
Pour finir ce billet qui fait froid dans le dos, un peu de gaïeté avec ce stylo lumineux qui vous jouera la Marseillaise.

Prix UMP : 7€
Mais bon, après tout, la Marseillaise, ça n'a pas de prix.
14:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : UMP, inflation, pouvoir d'achat, vie chère, Marseillaise









