vendredi, 15 août 2008
New-York, ses quartiers, ses communautés
Au total, nous sommes restés 4 jours à New-York. 4 jours, c'est suffisant pour bien découvrir Manhattan, mais pas pour connaître New-York dans sa complexité.
Nous avons vu la Statue de la Liberté, par deux fois, depuis la mer : elle est grande, mythique. Il faut la voir bien qu'on se l'imagine facilement dans ce panorama, l'un des plus connus du monde.
Nous avons vu l'Empire State Building : il est impressionnant d'en bas lorsqu'on lève la tête pour en voir le sommet. Il l'est encore plus lorsqu'on est en haut, au 86 étage, à l'air libre, avec une vue à 360° sur Manhattan et les environs. Là-haut, on ressent vraiment la verticalité de Manhattan, on comprend qu'on est à New-York et pas ailleurs. On voit au Nord une petite forêt au milieu des immeubles, Central Park ; on devine, sur les routes, des centaines de taxis jaunes et on imagine du mouvement sur les trottoirs ; on remarque à travers la brume le pont de Brooklyn, pourtant si immense ; et on comprend la grandeur et la complexité de cette ville en regardant le décor dans son ensemble, avec ses différences de hauteur, de couleur, d'architecture, d'époque.
Nous avons vu Central Park : véritable jardin dans la ville, ce parc est très grand au point qu'on ne s'y sent pas dans la ville. Peu de nuisances et de pollutions. Seuls pour nous rappeller l'environnement urbain, les immeubles que l'on voit parfois à travers les feuillages ou dans le ciel. Central Park ressemble vraiment au poumon de Manhattan tant il est grand, vert et prisé des sportifs.
Nous avons vu le quartier des affaires et Ground Zero : Wall St et le New-York Stock Exchange sont des lieux symboles de la puissance financière. Hormis ce caractère, ils n'ont rien d'exceptionnel : on ne ressent pas grand chose en les voyant de l'extérieur. Il faut juste les voir pour toute l'influence qu'ils ont sur le monde. A quelques blocs, le niveau du sol perd sa linéarité pour laisser place au trou qu'on appelle "Ground Zéro" : plutôt "Ground moins 30 feet" en vérité. La zone est encore en travaux, rien n'a encore vraiment émergé de cet espace vide où s'acharnent grues et pelleteuses. Le projet d'un mémorial et de deux nouveaux tours de verre n'est pas prêt de voir le jour. Mais Ground Zero est chargé d'histoire et d'émotion que viennent toucher, ressentir, les nombreux touristes. Sur place, devant ce trou béant, on peine à imaginer comment les choses se sont déroulées dans ces rues-là le 11 Septembre au matin, où les gens ont couru pour se protéger, avec quelle force la poussière a brisé les vitres du quartier. On imagine juste du noir, des cris, des cadavres. On voit dans une petite rue un mémorial consacré aux pompiers qui sont morts ce jour-là. Et puis, juste devant le trou, de l'autre côté de la rue, une caserne de pompiers encore en activité. Sur le mur, on apprend que trois hommes de cette caserne sont morts ce matin-là.
Nous avons traversé les quartiers de l'île de Manhattan : on en compte une dizaine environ, dont Harlem, les Upper East and West Sides, Soho, Chelsea, Greenwich Village, Chinatown, Lower-Manhattan, etc. Ces quartiers sont souvent très différents de l'un à l'autre, avec à chacun leur propre architecture, leur époque, leurs couleurs dominantes, leur atmosphère, leur rythme, leur activité. Mais si ces quartiers sont différents, ils n'en sont pas pour autant fermés ou cloisonnés. Ainsi, le quartier des affaires ne compte pas que des financiers blancs et chrétiens : on y voit des noirs, des latinos, des asiatiques... Chinatown n'est pas non plus réservés qu'aux Chinois, qu'on croise d'ailleurs partout dans la ville, sauf peut-être dans l'Upper Manhattan.
Chacun de ces quartiers est une ville dans la ville. Cependant, traverser Manhattan, c'est voir des changements de densité et non de véritables frontières : Manhattan est un mélange humain où coexistent des gens de différentes origines, conditions, niveaux sociaux, souvent réunis par un âge assez jeune : rares sont les seniors à Manhattan. De plus, on voit peu de familles à New-York et finalement assez peu d'enfants. Ville de célibataires carriéristes, dit-on.
Si Manhattan est un melting-pot où toutes les communautés sont représentées, les autres secteurs de New-York semblent un peu plus segmentés : en effet, on croise peu, voire pas, de blancs dans le Queens, largement fréquenté par les latinos et les Asiatiques. De même au Nord de Manhattan à Harlem, la population est en grande majorité noire. Si l'on devait schématiser, on pourrait dire que le gros de Manhattan (son Sud et son middle) est très pluriel, diversifié, ouvert, tandis que les parties Nord et Est de New-York, avec Harlem, le Bronx, et le Queens semblent monopolisées par quelques communautés seulement.
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mardi, 12 août 2008
New York
Nous sommes rentrés en France depuis dimanche après-midi, mais je n'ai encore rien écrit sur New-York, notre ultime escale aux Etats-Unis. J'en parle donc maintenant.
New-York : premiers contacts
Mardi dernier, vers midi, nous arrivons à New-York en voiture, toujours le même Chevrolet Uplander. Nous allons directement à l'hôtel, le Panamerican (occupé en majorité par des touristes d'Amérique du Sud), situé dans le Queens (un quartier populaire et multicolore situé à l'Est de Manhattan), où nous déposons nos bagages. Nous repartons tout de suite après, sans même voir les chambres, pour rendre la voiture à l'agence Hertz de LaGuardia.
L'après-midi nous étant libre, nous décidons d'aller voir la Statue de la Liberté en prenant le ferry gratuit qui relie, chaque demie-heure, le Sud de Manhattan et Staten Island. Pour aller à l'embarcadaire, nous prenons d'abord un bus puis le métro. La voie du métro est en hauteur, au dessus de la route, et repose sur de gros carrés de bois, de ciment et de feraille. Dès qu'un métro passe, ce sont tous les quais et tous les pilônes qui bougent avec lui. On croit que tout va s'effondrer, mais finalement, tout redevient vite immobile. Ce métro est vieillot, moche, dangereux, bondé, insalubre, indigne de cette ville. Nous sommes apparemment les seuls Européens de la rame. Peut-être même les seuls blancs. Le métro traverse des quartiers de l'Est de New-York, des quartiers pauvres, abondamment peuplés par les Asiatiques de la ville. Nous, nous continuons sur cette ligne jusqu'à Manhattan : rares sont ceux qui comme nous vont au centre de la ville. Bien souvent, les usagers de ce quartier n'utilisent le métro que pour parcourir quelques blocs. Ils n'ont manifestement rien à faire à Manhattan : pas le même milieu ; pas le même monde.
Nous arrivons à Manhattan avec cette première leçon : New-York, ce n'est pas seulement Manhattan, les paillettes, les musées, la finance, les successfull-men, les belles voitures. C'est aussi l'Afrique, l'Asie, l'Europe, la pauvreté, l'ethnicisme des quartiers, la séparation géographique des conditions, bref, un petit paradis des inégalités.
Nous prenons ensuite le ferry, depuis Battery Park, tout au Sud de Manhattan, pas loin de Ground Zero. Le ferry gratuit est prisé des touristes qui cherchent à voir la Statue de la Liberté pour pas cher. Une Statue offerte par la France au peuple américain, en 1886, pour le centenaire de la déclaration d'indépendance des Etats-Unis. Sur le bateau, lorsque nous approchons de Liberty Island, un papy américain installé à-côté de nous -et qui nous avait entendu parler en français- nous lance un "Merci la France". De rien. D'ici, on voit la vue traditionnelle de la statue et du Sud de Manhattan, où se tenaient, il n'y a encore pas si longtemps, les deux grandes tours du World Trade Center (420m de haut). Cette vue de Lower Manhattan ne nous étonne pas, elle ne nous fait pas rêver. Elle est pourtant mythique, splendide, chargée de symboles, mais nous l'avons vu des centaines de fois déjà, et nous la connaissons si bien qu'elle ne nous affecte même pas. On se croirait dans son jardin.


Le soir, nous rentrons à l'hôtel dans le Queens. Une heure de métro environ (un métro sous-terrain climatisé un peu plus agréable que le précédent) suivie de dix minutes à pieds dans lle Queens, un quartier populaire habité par les Latinos et les Asiatiques.
Découverte de Manhattan
Le lendemain, juste à la sortie du métro au Rockfellar Center, nous tombons sur la cathédrale St-Patrick au croisement de la 50ème rue et de la 5eme avenue. Nous marchons ensuite vers la 7eme avenue à l'ouest, passons par le quartier des diamentaires (bien souvent des juifs à chapeau noir et tresses grisonnantes) et tombons finalement sur Time Square. Là, un noir francophone nous vend des tickets pour un bus qui nous fera découvrir le centre de la ville, Manhattan, pendant deux jours, utilisable à volonté.


Nous commençons par la 7eme Avenue, Time Square, Broadway. Ce lieu mythique est une collection de magasins et de publicités, aposées contre les façades de tous les immeubles de la zone (quelques blocs). On y voit de tout : des pubs pour des voitures, des téléphones portables, des films (Batman et Kung Fu Panda y sont bien représentés), des jeux vidéos (GTA IV notamment), des boissons ou des fast-food, des marques de fringue, etc. Quand on regarde au sol, on ne voit que des taxis, des bus, et des touristes, par milliers, sur les trottoirs. Une foule qui grouille.
La première fois, on s'y sent perdu, pris dans un système bouillant, grouillant, multicolore, où tout bouge, y compris les murs des immeubles. On se demande ce que peuvent bien faire là tous ces gens.

On avance, on passe devant le Maddison Square Garden, puis au pied de l'Empire State Building, le plus haut batîment de Manhattan, avec 310m et près de 90 étages. On se dirige vers le Sud, on passe par Soho et ses belles boutiques, Little Italy et ses zones pavées, Lower Manhattan et son quartier des affaires (Wall Street and co); on remonte ensuite à l'Est avec Chinatown, le Brooklyn Bridge, le Middle-East Side, le siège de l'ONU, et on revient à proximité de Broadway. Là, après avoir mangé, nous partons à pieds jusqu'à Central Park, à 3 blocs au Nord. On marche un peu à pieds au milieu de ce lieu si célèbre et si grand, où passent, sur les quelques routes qui traversent le parc, quelques voitures et beaucoup de cyclistes et de joggers. Plus loin, on arrive à l'endroit où, en 1980, a été assassiné John Lennon alors qu'il revenait d'un studio d'enregistrement et qu'il rentrait chez lui, dans un immeuble qui ne se trouvait plus qu'à 50 mètre.

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jeudi, 07 août 2008
Côte Est - Cape Cod and the American Dreams and Nightmares
Cape Cod, c'est un mélange entre l'élitisme de la Côte d'Azur (St-Trop and co), le cadre naturel d'Arcachon (un large bassin presque refermé) et le naturel de la Bretagne (des côtes sauvages, vertes, abruptes parfois). Ce coin, situé à 150km au sud de Boston, est particulièrement prisé des grosses fortunes américaines -et de notre Président, il s'y est rendu l'été dernier- et on les comprend bien.
Le premier jour, nous suivons la côte à bord de notre Uplander de location. Nous faisons quelques escales dans des petites stations balnéaires, sympas mais sans grand intérêt. Nous continuons alors jusqu'à l'autre côté de la baie. Nous descendons près d'une plage tournée vers l'est (l'Atlantique), un bon spot de surfeurs (photo). Arrive alors la pluie, venue de la mer et qui nous oblige à nous replier, dans la voiture, puis vers le sud de la pointe.
Nous voulons ensuite voir la maison des Kennedy, située sur la côte Sud de Cape Cod, à Hyannis. Nous la chercherons pendant près d'une heure, à travers les rues et les plages de cette petite station balnéaire très chic qui comptent des maisons somptueuses (de vrais palais parfois) pour des prix qu'on préfère ne pas connaître. Finalement, nous trouvons cette maison malgré les mauvaises indications des enfants du coin. La voici :

Le lendemain, notre petit motel se révèle être bien plus que ça : la femme de l'accueil, cette fois bien réveillée, nous a préparé un super buffet avec des muffins home-made et nous invite à prendre le petit-déjeuner dans le jardin de derrière, très bien entretenu. Nous parlons ensuite à la femme, la gérante en fait, de notre périple aux Etats-Unis, de ce que nous avons vu et de ce que nous allons voir. Elle nous conseille alors de faire une halte à Newport, ce que nous ferons quelques heures plus tard.
Newport est un port de taille moyenne qui a la particularité d'être baigné de deux côtés différents. D'un côté, un port traditionnel avec ses maisons et ses rues traditionnelles ; de l'autre, une station balnéaire branchée, type Côte d'Azur, avec une belle plage en arrondie et des maisons somptueuses sur les hauteurs. Ici furent construites il y a quelques décennies des villas splendides, de vrais chateaux, par ceux qui avaient fait fortune dans la région dans les secteurs de l'énergie et de la finance. Chaque nouveau-riche se faisait construire une villa plus exceptionnelle que celle de son voisin, ce qui aboutît au final à des palais de ce type :
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mercredi, 06 août 2008
Côte Est - Boston
Après la découverte de Washington DC, de ses monuments chargés de symboles et d'histoire et de ses quartiers plus vivants, nous visitons, le lendemain matin, le cimetière d'Arlington où reposent JFK, sa femme Jackie et leurs deux enfants. 170 hectares où sont parfaitement alignées des dizaines de milliers de petites pierres blanches (240 000 selon mes infos). Le lieu est solennel, propice au recueillement, sincère, et aussi un peu à la nostalgie de ce qu'était le monde en 1960.
L'après-midi, nous nous rendons au Musée de l'air et de l'espace. On y verra beaucoup d'avions, d'époques différentes (dont le fameux Spirit of St Louis de Lindberg), des navettes et des stations spatiales (notamment celles utilisées pour les missions Appolo), des missiles et avions de chasse... Les passionnés d'aviation sont comblés. Moi, je suis surtout très fatigué par les heures passées tard le soir à essayer de solutionner quelques problèmes informatiques. Ma solution de secours ; utiliser Linux, c'est ce que je fais en ce moment.
Vers 15h, nous devons partir du centre de Washington pour retourner à notre hôtel, près d'Arlington, récupérer nos valises. Ensuite, un bus nous emmènera à l'aéroport de Dulles (50 minutes de trajet pour seulement 3 dollars) où l'on s'envolera pour Boston sur un Boeing de JetBlue, un vol de nuit rapide et plaisant.
Boston-centre, l'Amérique que j'aime
Arrivés à Boston vers 22h, nous allons directement à notre hôtel, un Holiday Inn déjà réservé, grâce aux navettes qui nous attendent aux différents terminaux de l'aéroport et qui font la liaison entre l'aéroport et les hôtels de la région.
Les Anti-Irak war défilent à Boston
envoyé par leptitbenji
Le lendemain, nous nous rendons au centre de la ville en métro. Pour notre premier contact réel avec cette ville, nous tombons juste devant une manifestation anti-guerre en Irak. Ils ne sont qu'une centaine mais font pas mal de bruit et attirent l'attention des badauds qui passent sur le trottoit d'en face. Ils captent aussi les regards alertes de quelques quinze policiers, pas très inquiets mais en léger retrait. On peut aussi voir un homme avec sa pancarte à la main, selon laquelle les Etats-Unis seraient responsables du 11 Septembre, théorie assez répandue ici. Un autre américain secoue quant à lui un drapeau rouge, alors que des petites mamies joliement habillées discutent derrière une grande affiche ridiculisant Bush pour sa bêtise. Un peu plus loin, nous passons devant une église où l'on entend un bel air de gospel chanté par quelques choristes, blancs et noirs, jeunes et anciens, réunis par leur apparente joie et l'envie de la communiquer aux passants, que l'on voit bouger en rythme sans qu'ils s'en aperçoivent eux-mêmes. La religion n'est pas mon truc, je ne crois en rien que pourrait vénérer une quelconque église, mais je dois avouer que ces églises noires où l'on entend les choeurs de gospel m'ont toujours attirées car leur musique leur donne un air d'ouverture, d'universalité, de paix qui me plait.
Bref, dès nos premiers pas dans ces rues anciennes, j'aime cette ville et je lui trouve une intelligence gauchiste et une saveur pacifiste qui ravivent mes convictions et mes passions de citoyen français.
D'un point de vue purement matériel, Boston est une belle ville, avec des quartiers vivants, de beaux batiments, et une ouverture sur l'océan qui donne à l'air urbain la petite odeur si agréable du bord de mer.
Harvard et la perpétuation de l'Ordre
Le lendemain matin, nous allons à l'université d'Harvard, pas très loin du coeur de la ville. C'est prestigieux, c'est connu du monde entier, mais ça n'est pas si exceptionnel que je me l'imaginais. Quelques beaux batîments de briques rouges, une église, des professeurs sûrement très dévoués, des élèves très riches (ou bien surdoués boursiers), mais rien qui ne m'attire vraiment là-dedans. Mon côté socialiste égalitaire n'aime pas ces élitismes, n'aime pas que des « fils de » se trouvent mieux lotis que des besogneux modestes, malgré les petites touches d'égalité des chances et d'affirmative action. Je n'aime pas non plus l'ambiance de ce lieu, la théatralisation de tout de ce petit monde qui joue tout sur son image, sa renommée, son élitisme, et qui semble s'accrocher à une tradition british XVIIIeme qui veut que les élèves portent un beau costume, surestiment leurs professeurs, et se comportent comme de dociles robots respectueux de l'Ordre établi depuis deux siècles... Je n'aime pas l'immbilisme qui se dégage de ces murs, de ces statuts, de ces costumes, de cette Histoire d'Harvard la Magnifique.

L'après-midi suivante, nous louons une nouvelle voiture, le même modèle de SUV, et nous partons pour la côte et Cape Cod, le petit bout de paradis où se retrouvent chaque été les Américains qui ont du goût, de l'argent, des clubs de golf et des yachts. Je vous en parlerai bientôt.
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dimanche, 03 août 2008
Côte Est - Photos
Pas le temps de blogger ici, surtout dans des hotels à 180 dollars la nuit qui ne sont pas fichus de proposer du wifi dans les chambres. Pour ce prix-là, nous n'avons même pas eu deux lits dans la chambre mais un lit + un mini-sofa sur lequel j'ai du dormir. Fuck!
En ce moment, je dois donc blogger du resto.
Pour en savoir plus sur ce qui se passe, ici, toutes les photos sont là, mal classées : mon Picasa!
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vendredi, 01 août 2008
Côte Est - Suites
From a hotel room, in Washington DC.
Le programme est chargé ici, les nuits sont courtes et les réveils prématurés. Difficile dans ces conditions de blogger chaque jour quelques lignes, photos et vidéos. Tentons donc de refaire le retard accumulé entre Philadephia et cette première journée passée à Washington.
Mardi, nous partons en Chevrolet au Sud, depuis Philadephie, pour Lancaster et la communauté Amish. Dans ces belles campagnes très vertes et vallonées, les maisons, toutes belles, semblent posées sur un lit de pelouse parfaitement tondue. Les fermes Amish sont difficiles à dénicher mais nous croisons quelques roulottes amish sur la route : cheval à l'avant, famille amish tout de noir vétue à l'arrière. Plus tard, après une visite d'une ferme Amish-type près de Lancaster, nous verrons des Amish dans un supermarché : les Amish semblent s'accomoder de certaines règles. Cette impression sera confirmée lorsque l'on apprendra au détour d'une visite que certains Amish ont un téléphone portable. Seule extravagance, ils le rechargent sans utiliser l'éléctricité du réseau classique, mais plutôt avec des batteries de voiture.
Le soir, nous découvrons furtivement la ville de Lancaster. Ville comptant 50 000 âmes, d'apparence industrielle : les murs y sont de briques, les immeubles assez bas, mais les soirées y semblent sympathiques comme en témoigne le pub irlandais dans lequel nous avons apprécié l'accueil, l'ambiance, et la bouffe pas chère. Nous dormirons à la sortie est de la ville, dans un motel Super8 plutôt moyen longeant une grosse route, géré par un pakistanais ou mexicain à fort accent d'immigré.Tout près de l'hotel, nous découvrirons le lendamain matin un cimetière, sur le bord de la route.
Le mercredi, le programme est chargé : nous devons rallier Washington, à 130 km au Sud. Sur le chemin, nous voulons nous arrêter à Baltmore et Annapolis. Baltimore est une très belle villequi marrie bien le moderne et l'ancien, à l'image de ses hauts buildings de différents styles et époques. Cette ville possède aussi un très beau port et le "plus bel aquarium des Etats-Unis", que nous ne visiterons pas faute de temps.

Le temps nous est compté, nous partons rapidement pour Annapolis. Nous en verrons principalement le centre-ville, avec son petit port sans grand intérêt, et ses rues principales. Nous nous arrêtons manger dans un snack conseillé par le Routard pour sa bonne bouffe et son cadre décalé. En effet, la déco est assez détonante, et les murs sont constitués de centaines de photos de gens qui sont passés par là, dont beaucoup d'hommes politiques américains. Après une brève visite de la ville, nous partons pou Washington grâce à l'aide, indispensable, du GPS.

A l'entrée de Washington, le traffic est très dense. Il nous faudra presque une heure pour parcourir les 10 derniers kilomètres nous séparant de l'hôtel, La rumeur veut que cette ville, en plus de ses embouteillages, soit réputée pour son insécurité : un habitant noir sur deux serait emprisonné, ancien prisonnier ou en cavale, ce qui représente tout de même 27% de la population de la capitale. Cette statistique est difficile à croire, d'autant que nous n'avons pas senti d'insécurité en 24h de tourisme à travers différents quartiers.
Cette ville est vraiment intéressante pour ses monuments, ses institutions, ses musées... La Maison Blanche, le Congrès, les Mémorials, le Monument, et le Memorial de la guerre du Viet-nam sont vraiment des immanquables tant ils sont chargés de symbolique et d'histoire. Mais au-delà de cet aspect, WAshington est une ville chaude et chaleureuse, surtout au Nord, avec des quartiers peu parcourus par les touristes mais qui valent pourtant le détour. On y trouvera des rues bondées, beaucoup de restaurants (notamment français) et des pubs, des petits parcs et des zones pavillonaires très typiques des Etats-Unis.

Nous logeons du côté du fameux Arlington Cemetery où reposent plus de 100 000 soldats américains. Demain, nous irons voir de plus près cet immense cimetière de 170 hectares. Nous irons aussi voir en métro, tout près de notre hôtel, le Pentagone, le plus grand batiment du monde en terme de surface habitable, et où fourmillent chaque jour quelques 25000 employés. Pour en finir avec Washington, nous ne manquerons pas de visiter le célèbre Musée de l'Air et de l'Espace, très réputé et gratuit. Ensuite, sur le coup de 16h, il sera temps de quitter WAshinton pour aller à l'aéroport. Là, vers 20h, nous nous envolerons pour Boston, tout au Nord-Est, où nous marcherons sur les premiers pas des premiers américains, immigrés irlandais et anglais principalement.
Demain, nous continuerons la visite de la ville avec le cimtière d'Arlington, le Pentagone (plus grand batiment du monde en terme de surface habitable, 22000 employés!) et enfin l'immanquable Musée de l'air et de l'espace, réputé et gratuit.Sur le coup de 4:00 PM, il nous faudra partir, bagages à la main, pour l'aéroport. Là, nous prendrons un vol de nuit pour Boston, tout au Nord-Est, où nous découvrirons dès Samedi les traces des premiers Américains, les immigrés venus d'Europe et qui ont colonisé la côté Est avant de s'attaquer à l'Ouest.
PS : pour voir toutes nos photos au jour le jour, Picasa!
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lundi, 28 juillet 2008
Côte Est - Philadelphie
Lundi matin, trajet en 4x4, un Uplander loué chez Avis, jusqu'à Philadephie, au Sud de New-York. Arrivée à midi.
Philly est la ville fondatrice des Etats-Unis. S'y sont déroulés les plus grands évènements politiques de l'histoire du pays, avec la déclaration d'Indépendance en 1776 et l'établissement de la constitution.
La ville est aussi connue pour son importance dans le développement de la finance. Elle abrite une Bourse, les 1ere et 2eme banques de l'histoire des Etats-Unis, ainsi qu'un des douze sièges de la Fed.
Mais Philadephie est surtout une belle ville, à taille humaine, european-looking, avec des parcs, un centre historique et un secteur plus moderne, une avenue qu'ils appellent fièrement leur "Champs Elysée", et un quartier chinois (plutôt sale et puant).
Courte vidéo où l'on voit le nord de Philadephie avec ses gratte-ciel, ses "Champs-Elysée" et son Museum of Art.
Cette ville est un bon symbole de ce que sont les villes américaines, des villes polarisées, sectorisées, où chaque block a son architecture, sa culture, son standing.
Demain mardi, ce sera Lancaster, à 100 miles au Sud-Est, où vivent notamment les Amish.
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Côte Est - Arrivée à NY

Finalement, c'est un Airbus A330 qui nous a emmené de Genève à Newark Airport, en 9 heures de vol. 9h de vol en absolu, mais seulement 3h quand on prend en compte le décalage. Deux repas dans l'avion, plutôt bons. Hotesses qataris sympathiques. A côté de moi, une Française d'environ 25 ans qui semble vivre à New-York. et a l'habitude des vols transatlantiques. Je l'écoute parler avec un mec puis une copine, avec son accent parfait et ses expressions de jeune new-yorkaise branchée . Puis, elle raccroche. Elle enlève ses shoes, baisse son fauteuil, se met à l'aise. Elle n'hésite pas à dire aux gamins anglais derrière nous de se taire, elle veut dormir. Et elle dormira pendant une bonne moitié du trajet.
Atterissage sans frayeur.
Newark Airport : passer le contrôle des douanes. Choisir un des guichets qui sont là par centaines dans ce grand hall, et en prendre un.
Attendre dans la file, puis s'avancer.
Et là, des réponses à apporter à un guichetier black en tenue de flic :
"where are you from?" Geneva...
"But you're french.. Why did you fly from Geneva ?" Geneva is near from France.
"And how did you get to Geneva from France ?" By train.
What do you do in France ?" What do you mean ? what job ? "Yes." ok. Well, we work in administration and industry.
"How long ?"About twenty years.
"Ok. Next. Is that your son?" Yes. "And they are your parents.." Yes
"First time in the US?" Yes.
"Why ? Your parents already came here two years ago ?" Yes thats's true, but I didn't come with them the first time.
"Why?" Because I didn't want to. They were in the South West. I'm more interested in this place, the North East.
Interrogatoire terminé. Nous sommes désormais "Bienvenue aux Etats-Unis d'Amérique" comme l'indique de grandes inscriptions sur les murs du couloir suivant.
Plus loin, il nous faut trouver la navette qui nous emmènera à l'hotel, two miles away. On cherche des panneaux indiquant l'endroit. Rien. Puis on demande à un employé de l'aéroport qui passe par là, un black d'une quarantaire d'années en gilet jaune fluo.
Coup de chance, le mec parle Français, connaît apparement bien la France, et nous appellera à partir de ce moment-là les Parigos. Il nous emmène jusqu'à un guichet, puis un deuxième, y explique la situation à ses collègues américains, dont l'un deux ironise "They're French ? I don't help them". Finalement, on nous renseigne sur où aller. On remercie bien l'ami francophone, apparemen tsénégalais, et on embarque rapidement dans un airtrain, une sorte de tramway en hauteur.
Cinq minutes plus tard, on arrive à un petite station. Là, on descend. Sur le trottoir, des gros mini-vans, des "hotel shuttles". Sur chaque van est inscrit le nom d'un hôtel proche de l'aéroport. Tous les hôtels du coin sont représentés ici par leurs mini-van et son chauffeur, black ou latino only. Le van qu'on attend, celui de l'hotel Howard Johnson, n'arrivera que quelques minutes après. Un jeune black en chemise nous prend nos valises et nous fait monter à l'arrière du van. Ensuite, c'est 5 minutes de trajet sur routes et highways mal entretenus, de gros carrefours plutôt mal indiqués, une conduite très "relax, take it easy", avec en fond sonore, derrière le ron,flement du gros moteur du van, le "American Boy" d'Estelle feat Kanye West... Puis, on arrive l'hotel, un deux étoiles plutôt sympa. Il est 9 PM, 3h du mat' dans notre esprit français.

Notre chambre, la suite C. TV. Téléphone. Accès wifi gratuit. Lits king-size. Vue sur l'incessant va et vient du traffic aéroportuaire. Fond musical, l'aéroport, et la clim de l'hotel.
Nuit agréable.
Ce matin, c'est breakfeast at the hotel. Puis, go to the Newark Airport en navette gratuite. Là, on récupérera la voiture, un gros van 4x4, loué chez Avis, qui nous emmènera dans la journée à Philadephia, 200 kilomètres plus au Sud.
A long day begin.
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samedi, 26 juillet 2008
Côte Est - Prélude

Ce vol sera le point de départ d'un voyage autonome de deux semaines aux Etats-Unis, côte est, avec mes parents et trois amis rennais. L'intérêt principal de ce voyage tient en quelques mots : aller goûter la société américaine, la découvrir dans sa diversité et dans sa complexité, et en prendre le poul avant les prochaines échéances éléctorales... bref, mieux la connaître pour mieux la comprendre.
Car les Américains sont difficiles à comprendre et plein de paradoxes. Nation progressiste et libérale, elle est aussi celle de tous les archaïsmes et de tous les conservatismes. Empétrée dans la morale puritaine, elle est à l'avant-garde de nombreuses révolutions, technologiques, estéthiques, culturelles, philosophiques, et bientôt peut-être politiques. Bourrée de racisme et de rivalités ethniques, elle est sur le point d'élire un noir, fils d'immigré africain, à sa présidence.
Le tableau d'une nation ne sera jamais tout blanc ou tout noir, les Etats- Unis en sont l'exemple parfait. Ce voyage, de Boston à Washington, en passant par New-York, Philadephie et Baltimore, sera un bon moyen d'approfondir et de nuancer ce bref portrait de l'Amérique et de son peuple, un tableau parfois noir, parfois blanc, souvent gris. J'essaierais de vous parler le plus souvent possible de mes impressions et découvertes tout au long de ce voyage.
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M'accompagneront durant ces deux semaines quelques livres : Du côté de chez Swann, parce que Proust est certainement l'auteur français le plus apprécié outre-atlantique ; les Regards sur le monde actuel de Paul Valéry, car je suis certain que certains passages mettront le doigt sur ce que je ne saurai voir ; Sur la route, de Jack Kerouac, que je viens de lire mais qui me rappellera un peu le goût, l'odeur et l'esprit de l'Amérique que je cherche, celle des libertés, des grandes lignes droites et des destins qui se croisent ; enfin, j'emporte avec moi le Manuel du guerrier de la lumière, de Paulo Coelho, pour voir si ma déception avec L'Alchimiste n'était qu'un accident.PS littéraire : pour revoir mes bases d'anglais, rien de mieux qu'une lecture anglosaxone en VO. J'ai choisi Alice's Adventures in Wonderland, de Lewis Caroll. Plutôt facile à traduire, et terriblement dépaysant, ce livre est un voyage à lui tout seul.
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